Cela fait quelques jours que cet article me trotte dans la tête, mais que je ne sais trop comment le rédiger. En effet, pour être franche, je suis hors de moi, mais je ne voudrais surtout pas que ce qui suit ait un ton de polémique. Je tiens à ce que ce blog qui se veut citoyen reste libre, égalitaire et... fraternel bien sûr.
Sans vouloir le moins du monde m'exprimer sur le bien-fondé ou non de la journée de la solidarité, j'ai commencé, la première année, par m'étonner qu'elle ait été placée un beau week-end de fin de printemps plutôt que le 11 novembre par exemple, qui est le plus souvent une journée grise où il fait encore meilleur au travail qu'autour d'un barbecue. En plus, placer la journée de la solidarité le 11 novembre eût été une belle façon d'affirmer un certain sentiment européen.
Et puis sont venus les différents jours fériés où les magasins restent ouverts pour que leurs salariés puissent offrir leur journée de la solidarité. C'est ainsi que, jeudi dernier, c'est-à-dire le jour de l'Ascension, plusieurs commerces et hypermarchés de ma région ont été ouverts. Le hasard a voulu que je traverse une zone commerciale, et là, j'ai été effarée du nombre de voitures stationnées sur les parkings des magasins. Il y avait, c'était à en pleurer, bien davantage de monde que lors d'un jour ouvré normal.
En ce qui me concerne, je suis tellement opposée à l'ouverture dominicale des commerces que je m'abstiens de faire mes achats de Noël pendant les dimanches de décembre, comme s'il n'y avait aucun autre moment opportun pour les faire ! Et pourtant, si je fréquentais les commerces les dimanches avant Noël, je pourrais au moins soulager ma conscience en pensant que les employés des magasins sont payés double.
Pour la journée de la solidarité, ils ne sont pas payés du tout.
Alors, qui sont ces gens qui vont alourdir la charge de travail des employés de commerce précisément un jour où ils travaillent gratuitement, en surfréquentant les magasins ? A ceux qui bénéficient d'un jour férié mais vont rendre encore plus pénible la journée pour qui a moins de chance qu'eux, je dis : "Eh bien, bravo pour votre solidarité..." N'ont-ils pas pensé qu'un jour, peut-être, ce seront eux, ou leurs enfants, qui seront à la place des employés de commerce ? N'est-il pas venu à leur esprit qu'à nous livrer à de telles actions, nous risquons tous de perdre nos dimanches, de devoir placer nos enfants le week-end, d'avoir du repos quand ils ont classe, et de ne plus les voir grandir ?
De grâce, la prochaine fois que nous verrons un magasin ouvert un jour férié, soyons solidaires de ceux qui y travaillent et abstenons-nous de tout achat.
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