| jeudi 14 juin 2007, a 17:36 |
| Fonction publique - Le coût politique du stress au travail |
Le maire de Petautschnock, candidat à la députation, a été battu dès le premier tour des législatives dimanche dernier. C'est d'autant plus rageant pour lui que son score ne fut pas si mauvais, avec près de 25 % des suffrages exprimés.
L'heureux vainqueur a remporté moins de 50,5 % des bulletins non nuls.
Selon les règles de scrutin en vigueur, est élu au premier tour le candidat qui a obtenu au moins la moitié des suffrages exprimés plus une voix.
Eh bien, dans cette circonscription, il s'en est fallu de moins de 150 voix pour qu'ait lieu un second tour. Cela correspond plus ou moins au nombre des employés de la mairie de Petautschnock qui résident sur place, de leur famille et de leurs amis.
Certes, c'était un vrai défi que de tenter de nager à contre-courant du tsunami bleu. Cependant, il est indubitable que le maire de Petautschnock serait actuellement en ballottage :
- s'il n'avait opté pour un système de gestion du personnel communal basé sur la déstabilisation psychologique,
- s'il n'avait avalisé les agissements de directeurs qui semblent plus soucieux de satisfaire leur besoin de pouvoir que de gérer les services dans un souci d'efficacité, s'il n'avait feint de croire à des accusations calomnieuses émises par ces dirigeants contre leurs subalternes,
- s'il n'était resté sourd aux sollicitations légitimes d'agents désireux de ne pas perdre le bénéfice des heures supplémentaires auxquelles on les a contraints, lesquelles sont écrêtées chaque 31 décembre,
- s'il ne passait pas devant des employés communaux en les ignorant, s'il tenait parole lorsqu'il promet verbalement à l'un ou à l'autre une meilleure gratification de son travail sans qu'aucun écrit ne suive ces nobles intentions,
- si la ville de Petautschnock n'obligeait pas les agents qui souhaitent un temps partiel leur dégageant leurs mercredis à accepter un 85 %, dans le but de les empêcher de bénéficier des dispositions statutaires avantageuses prévues pour encourager le temps partiel à 80 %.
Bien sûr, les pratiques de ce genre, qui constituent une nouvelle forme de violence au travail, ont un coût financier certain : personnes démotivées, perdant de surcroît un temps précieux à se couvrir et à se justifier, finances gérées par des salariés stressés, absences en raison de malaises psychosomatiques, et j'en passe. Seulement, contrairement au patron privé, l'élu qui dirige une collectivité s'en moque éperdument puisque c'est le contribuable qui paye.
Mais voilà, le maire de Petautschnock a appris à ses dépens que le stress au travail a aussi un coût politique. Se retrouver en ballottage défavorable à l'occasion du scrutin des législatives eût été une défaite bien moins cuisante qu'être battu dès le premier tour. Cependant, grâce au bouche à oreille, ce premier magistrat n'a même pas obtenu la majorité des suffrages exprimés dans sa propre commune. On peut dire qu'en faisant subir de douteuses économies sur des frais de personnel, il a vraiment tout gagné. |
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