Ce matin, j’ai eu une fois de plus le grand déplaisir d’entendre parler, à la radio, des prétendues difficultés financières de la Sécurité Sociale. C’est toujours la même chanson, nous passons trop d’examens, trop de scanners notamment, nous prenons trop de médicaments, nous ne nous référons pas assez à un médecin traitant, etc, etc. Pourquoi les allégations de ce genre me mettent hors de moi à chaque fois ? Il se trouve que l’ex-beau-père de mon fils, que j’ai fréquenté durant deux années dont une en vie commune, est salarié de notre chère assurance-maladie publique. Quel était son salaire net à l’époque, c'est-à-dire il y a cinq ans ? 4.000,- euros environ, pour 13 mois. Pour l’année 2003, il a déclaré plus de 53.000,- euros au fisc. Combien de jours de congés et de RTT ? Une soixantaine, à ce qu’il me disait. Et encore, mon ex-compagnon n’était pas le grand patron de l’antenne où il travaillait, il avait deux supérieurs au-dessus de lui, et il me disait que les médecins-conseils gagnaient bien davantage. J’ignore par contre si cela est toujours d’actualité en 2007.
Bien sûr, il me disait que les salaires et les remboursements de soins figuraient sur deux comptes bien distincts, mais franchement, de qui se moque-t-on ? Il suffirait qu’une loi prévoie les ajustements de compte à compte, si je simplifie.
Je ne parle même pas des avantages en nature de tous ordres. Bref, de quoi nous motiver, nous, salariés ordinaires, à aller travailler pour des miettes et à cotiser pour la caisse d’assurance-maladie.
Le plus drôle, c’est que cette même personne a joué les saints scandalisés le jour où je lui ai dit qu’une de mes collègues, presque smicarde par rapport à lui, se fait porter pâle pour procéder à son nettoyage de printemps. Combien de mois faudrait-il pourtant que ma collègue soit en maladie diplomatique pour espérer toucher autant que lui de la part de la Sécu ?
En substance, il trouve normal de gagner presque quatre fois sa paye, sans doute estime-t-il qu’il vaut quatre fois plus que cette « petite » employée qui pourtant effectue le même temps de travail que lui, avec une pénibilité plus importante, et s’acquitte des mêmes charges de transport et de garde d’enfants.
Que des gens gagnent de très gros salaires, cela ne me dérange pas, au contraire ; après tout, je vis très bien avec ce que j’ai, et a contrario je suis toujours triste de constater que d’autres sont dans des situations difficiles. Par contre, qu’ils nous fassent la morale sur nos dépenses de santé, cela me hérisse le poil.
Et surtout, si vous ne gagnez pas 4.000,- € par mois, ne vous attristez pas. Mon fils et moi avons laissé ce monsieur à ses hautes sphères financières et à sa très grande moralité, et nous nous en portons très bien. L’argent peut certes acheter une grande maison, mais pas un foyer.
AB
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