Cette semaine, une de mes amies a été horriblement déçue par son médecin. Certes, en ce moment l'actualité regorge de sujets préoccupants, mais ce qu'a constaté mon amie concerne notre santé, et à ce titre, cela m'inquiète suffisamment pour que je vous en parle. A vrai dire, j'ai même eu du mal à m'endormir hier soir, parce que je ressassais cette histoire malsaine.
Elle souffre de migraines plus ou moins chroniques, et peut-être d'origine nerveuse puisque mon amie est aussi ma collègue et que notre employeur est particulièrement odieux. Toujours est-il que lundi dernier, elle est allée voir son médecin, le docteur M-H, dans la commune d'E… (mes amis, vérifiez les initiales de vos praticiens…).
Après consultation, mon amie a demandé un arrêt de travail. Notez que le médecin ne l'a pas proposé spontanément. Le docteur a accordé la journée du lundi, mais comme mon amie se sentait vraiment mal, elle a insisté pour avoir encore trois jours, et elle a heureusement pu finir par les obtenir.
Que faut-il en conclure ?
- Le nombre de jours d'arrêt de travail que ce médecin estime nécessaires à votre rétablissement peut varier de 0 à 4 en fonction de votre aplomb et de votre insistance. Mon amie ne peut plus avoir conficance en sa sincérité quant à sa santé.
- Si vous pensez que votre mauvais état de santé est évident et que le médecin est censé proposer de lui-même un arrêt de travail, il faut malheureusement vous détromper : de nombreux praticiens sont prêts à vous sacrifier pour obtenir je ne sais trop quel avantage de la sécu ; il en va de même pour les examens, les renvois vers des spécialistes et la prescription de médicaments : plusieurs expériences ont été observées dans ce sens.
- Les personnes timides, qui ont peur de se faire rembarrer méchamment si elles avouent avoir besoin de repos (et certains médecins se le permettent, eh oui) n'ont qu'à aller crever sur leur lieu de travail.
Où sont les médecins fiables ? Je l'ignore. Peut-être à l'hôpital ? Je pense que la prochaine fois que je me sentirai mal, j'attendrai que cela soit suffisamment important pour justifier une consultation aux urgences (si la grève des urgentistes s'est achevée d'ici là, bien sûr) plutôt que d'aller engraisser un médecin de ville. Le docteur Sch. exerçant dans la commune de W m'a envoyée au boulot avec 10 de tension. Je crois que je vais finir par me tourner vers les médecines parallèles, certes non remboursées : il me semble que quand on fait le calcul du temps passé dans la salle d'attente et des franchises sur la consultation et les médicaments, ceux qui consultent des thérapeutes non médecins ne sont pas si perdants que ça. Ces thérapeutes qui n'ont pas eu la chance de faire 10 ans d'études ne me paraissent pas moins dignes de confiance que certains médecins qui font passer des intérêts personnels avant la santé du patient.
Ah oui, j'allais oublier une précision importante. Une tante de mon fils obtient facilement des arrêts de travail alors qu'elle est plutôt mieux portante que ma collègue et moi. J'ai fini par comprendre son astuce : quand elle va voir un médecin, elle se fait systématiquement accompagner. Et c'est logique. Imaginez qu'un médecin ne vous accorde pas de repos. Si vous deviez faire dans les heures ou les jours qui suivent votre consultation un malaise sur votre lieu de travail, il est clair que le praticien n'a pas spécialement envie que quelqu'un puisse témoigner qu'il était au courant que vous alliez mal. Donc la leçon à retenir, c'est qu'il ne faut jamais se rendre seul à une consultation chez un médecin de ville. Ceci jusqu'à ce qu'un gouvernement, dans un sursaut d'éthique, daigne mettre de l'ordre entre les vraies dépenses de santé et les dépenses injustifiées de la Sécu. |