Certains d'entre vous m'ont demandé de raconter encore des anecdotes communales. J'en ai plusieurs en mémoire. A charge pour vous, chers lecteurs, de vérifier si telle ou telle anecdote ne se rapporte pas à quelqu'un ou quelqu'une qui se présente à vos suffrages dimanche.
Il y a l'histoire de ce maire qui a imposé, durant plusieurs années, une réunion sollicitant une demi-douzaine d'agents communaux, juste le soir où se déroulait la fete de l'amicale du personnel communal. Tiens, précisément, il ne l'a pas fait fin 2007, comme quoi il devrait y avoir des élections plus souvent…
Il y a aussi tel premier magistrat, qui laisse tomber au dernier moment une réunion importante se rapportant à l'exécution d'une mission fondamentale de service public, pour se rendre au pot des enseignants… c'est vrai qu'il s'agit là d'un électorat à ne pas négliger. A charge pour son secrétariat de téléphoner à la vingtaine de personnes invitées à la réunion pour les prévenir que celle-ci est reportée, et d'envoyer de nouvelles invitations. On se demande pourquoi les fonctionnaires sont parfois démotivés...
Il y a encore celui-là, qui, absent pour la journée, oblige un adjoint à venir signer à sa place une trentaine de courriers. Manque de chance, il revient avant que les courriers soient remis au bureau de poste, et exige qu'ils soient tous réimprimés, parce que maintenant qu'il est là, il veut les signer en personne. Et après cela, on ose parler de développement durable…
Mais celle que je préfère, c'est le coup des dictionnaires. En ce début d'année scolaire, la commune de Trifouilly-les-Oies a offert à chaque élève de cours moyen 2 un dictionnaire. A vue de nez, d'après la taille des écoles de Trifouilly, je dirais qu'il y avait environ 150 à 200 élèves de CM2 destinataires d'un dictionnaire. Cela partait donc peut-etre d'un bon sentiment. Seulement voilà, les dictionnaires furent livrés au rez-de-chaussée de la mairie, et c'était à l'époque, récente il est vrai, où les services municipaux de Trifouilly ne disposaient pas encore d'un batiment moderne avec ascenseur. Hélas, le bureau du maire se trouvait au second étage, et le premier magistrat entendait bien dédicacer de sa main chaque dictionnaire. Certes, il y avait une petite salle de réunion au rez-de-chaussée où le maire aurait pu tranquillement signer les dictionnaires, mais il n'a pas voulu l'utiliser. Alors, il a fallu que quelques hommes forts du personnel communal lui montent tous les dictionnaires pour que le maire les signe, et qu'ils les redescendent ensuite. Une bonne partie de l'après-midi, le personnel communal effaré a assisté au ballet incessant des dizaines de cartons de dictionnaires qui montaient puis redescendaient les escaliers, alors qu'il aurait été tellement plus facile que le maire descende signer les dictionnaires au rez-de-chaussée, tout simplement. Quand on se dit de gauche, on devrait répugner à se faire servir de la sorte.
C'est tout pour l'instant. Si d'autres histoires me reviennent, je reprendrai mon clavier. En me rendant à des stages entre agents communaux, j'en entends tellement… |