Chers lecteurs, cela fait quelques jours que je me surprends régulièrement à penser à la tragique histoire d'euthanasie que les médias ont rappelée à notre bon souvenir la semaine dernière.
Pour résumer, une maman sexagénaire a mis fin aux jours de sa fille lourdement handicapée de 26 ans. En première instance, elle a été acquittée, ce qui me parait tout à fait normal. Seulement voilà, le Parquet a décidé ces jours-ci de faire appel de ce jugement, rendu par un jury populaire, rappelons-le. Le motif ? « Il faut que le droit soit respecté. »
Tous les parents se représentent aisément la situation, et se posent les questions suivantes : si mon enfant était lourdement handicapé(e), ou le devenait, qu'adviendrait-il de lui (d'elle) lorsque j'aurai quitté ce monde ? Sera-t-il (elle) traité(e) humainement ? Qui prendra soin de lui (d'elle) ? Y aura-t-il un minimum de chaleur dans les gestes des soignants qui s'occuperont de sa toilette, de son alimentation ? Est-ce que quelqu'un lui parlera gentiment ?
De toute évidence, si la motivation de cette mère avait été de se débarrasser d'un fardeau pour pouvoir vivre sa vie, elle l'aurait fait bien plus tôt. On imagine par contre aisément que, se sentant vieillir, et voyant des personnes de son entourage mourir déjà à son âge, elle était angoissée à l'idée de décéder en laissant une enfant handicapée à sa solitude. Il ne s'agit évidemment pas d'une froide criminelle, et son acquittement était prévisible.
Par contre, l'attitude du Parquet qui fait appel me parait particulièrement incompréhensible. Respecter le droit… Oui, mais à quel prix ? Et pour quel motif ? L'homme n'a pas inventé le droit pour en devenir l'esclave. C'est le droit qui doit servir l'homme, pas l'inverse. Le droit est une matière vivante qui doit évoluer en fonction des situations, cela s'appelle la jurisprudence.
De tout cœur, j'espère que la Cour d'Appel et, le cas échéant, la Cour de Cassation confirmeront l'acquittement de cette maman qui a déjà été suffisamment éprouvée.
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