On croit parfois qu'en achetant des produits plus chers, on protège mieux les droits des travailleurs qui les ont fabriqués.
Hélas, il n'en est rien. Ce n'est rien d'autre qu'un mensonge destiné à nous appauvrir, et donc à creuser davantages les inégalités matérielles qui plaisent tant à certains. Si vous disposez de quelques minutes pour prendre connaissance du texte reproduit ci-dessous, vous allez pouvoir en juger.
J'ai trouvé sur la toile ce long texte grâce aux organismes Peuples Solidaires et Ethique sur Etiquette, que vous pouvez découvrir en cliquant sur les logos ci-dessus.
Personnellement, j'hésite à signer des cyberpétitions qui pourraient amener des personnes indélicates à trop bien me connaître (je pense à des employeurs potentiels qui, paraît-il, sont friands de toutes les indiscrétions qu'ils peuvent trouver sur les candidats à un poste via les moteurs de recherche).
Par contre, nous savons tous désormais quelle marque de sous-vêtements ne mérite pas d'orner nos petits fondements...
"Depuis qu'il a créé sa Maison en 1950, Pierre Cardin, fondateur de sa marque éponyme, est considéré comme l'un des plus grands dans le monde de la mode. Sa griffe est l'une des plus réputées et des plus puissantes du monde. Avec plus de 2 milliards de dollars par an de chiffre d'affaires [1] et 200 000 personnes dans le monde qui travaillent autour de la marque, le succès commercial de l'entreprise est indéniable. Mais Pierre Cardin peut-il prétendre à la même réussite en matière de respect des droits des travailleurs ?
En 1960, l'homme d'affaires est le premier à appliquer un système de licence pour une griffe. Aujourd'hui, l'entreprise gère environ 900 licences réparties dans pas moins de 140 pays, qui lui rapportent des millions d'euros de royalties tous les ans. Mais la société Cardin est-elle en mesure de garantir que les produits fabriqués sous licence le sont dans des conditions décentes ? En août dernier, les travailleurs d'une petite usine indonésienne qui fabrique des sous-vêtements Cardin depuis plus de 10 ans ont fait état des graves abus dont ils faisaient l'objet de la part de leur direction. Alors qu'ils protestaient contre le licenciement abusif du président de leur syndicat, 447 d'entre eux ont été mis à la porte. Depuis, le conflit social n'a fait qu'empirer, et Pierre Cardin, interpellé à plusieurs reprises sur cette affaire, refuse toujours d'intervenir.
Tout a commencé en juillet dernier, par un événement presque anodin, lorsque M.Abidin, le président du syndicat des travailleurs de la chaussure, du textile et de l'habillement de l'usine PT Megariamas Sentosa (SBGTS) a été invité à participer à une formation juridique de quatre jours organisée par la Fédération des syndicats indonésiens indépendants (le GSBI), à laquelle le syndicat est affilié. Bien que la loi indonésienne invite expressément les employeurs à "donner l'opportunité aux responsables syndicaux de participer à des activités syndicales pendant leurs heures de travail" [2], le directeur de l'usine de Megariamas a refusé d'autoriser Abidin à prendre part à cette formation. Et lorsque ce dernier, considérant qu'il était dans son bon droit, a décidé d'assister à cette formation malgré le refus de son patron, il a été purement et simplement licencié.
447 ouvriers abusivement licenciés
L'annonce du licenciement du président du syndicat de Megariamas a provoqué une grande émotion au sein de cette petite usine d'environ 900 salariés, dont les conditions sont particulièrement dures. Instantanément 450 d'entre eux se sont mis en grève, pour réclamer la réintégration immédiate du président de leur syndicat. Ils ont tenté de négocier auprès de leur direction, sans succès. Faute d'accord entre les parties, une seconde grève a été annoncée pour le 4 août suivant. Mais entre-temps, la direction a adressé des lettres d'avertissement à différents membres du SBGTS, au motif fallacieux que les objectifs de production n'auraient pas été atteints. Pour le syndicat, ces lettres n'avaient pour objectif que d'intimider les ouvriers et les dissuader de participer à la grève qui se préparait. Neuf des ouvriers concernés ont d'ailleurs refusé de signer ces lettres qu'ils jugeaient mensongères, et ont alors été, à leur tour, licenciés.
Les différentes réunions qui se sont tenues entre la direction de l'usine et les représentants des travailleurs n'ont pas permis d'aboutir à un accord, et le déclenchement de la seconde grève n'a pas fait fléchir la direction. Au contraire, dès le premier jour de grève, celle-ci a refusé de négocier davantage avec les travailleurs, allant même jusqu'à rejeter toute nouvelle proposition de rencontre et interdire aux grévistes l'accès aux locaux de l'usine.
Le syndicat a alors fait appel au Département du Travail qui est intervenu en faveur des grévistes pour demander que la direction accepte enfin de rencontrer les représentants des travailleurs et de négocier une solution à cette crise. Mais rien n'y a fait : non seulement la direction a maintenu l'interdiction de l'accès à l'usine, mais elle a également licencié 446 de ses employés ayant participé à cette grève, au prétexte qu'il n'y aurait pas eu d'"échec préalable des négociations" comme l'exige la loi en cas de grève...
Depuis, les ouvriers injustement licenciés n'ont cessé de manifester devant l'usine pour protester contre leur licenciement et demander la reconnaissance de leurs droits. Le Département du Travail a émis une recommandation en leur faveur, exigeant de l'usine qu'elle paie les salaires dus ainsi que les indemnités de licenciement que prévoit la loi, mais celle-ci s'y refuse toujours.
Le 25 novembre dernier, le conflit a atteint son paroxysme lorsque la police et les agents de sécurité de Megariamas sont intervenus pour disperser violemment une manifestation des 447 ouvriers, majoritairement des femmes, qui protestaient devant l'usine pour réclamer l'application de la recommandation du Département du Travail. Bilan de l'opération : 30 manifestants blessés et deux hospitalisés.
Pierre Cardin refuse d'intervenir
Face à la détresse de ces ouvriers, et à leur demande, Peuples Solidaires a contacté l'entreprise française Pierre Cardin qui fait fabriquer des sous-vêtements dans cette usine depuis plus de dix ans. Informée des graves abus dont sont victimes les centaines d'ouvrières et d'ouvriers qui fabriquent ses produits depuis des années, et de la sollicitation qui lui était adressée, la société n'a toutefois pas souhaité intervenir auprès de la direction de cette usine, dont elle considère que les activités ne regardent qu'elle." |