Amis lecteurs, depuis quelque temps, une drôle d'histoire me trotte dans la tête.
Il s'agit d'une vision un peu fantaisiste d'un conte populaire qui l'est également. En réalité, c'était mon préféré lorsque j'étais petite... la Belle au Bois dormant.
Ma première idée était de la rédiger entièrement avant de la mettre en ligne par épisode. Mais quelques problèmes techniques me mettent des bâtons dans les roues. Si je tape un texte sur un document à part et que je fais un copier-coller, mon ordi plante. Aussi, j'ai entrepris de le taper sur un brouillon de mail, puisque le copier-coller fonctionne d'Internet à Internet. Mais une fausse manip m'a fait perdre le début de mon texte, arggghh !
Alors, bravement, j'ai pris le cahier où j'avais déjà écrit à la main le plan de "ma" Belle au Bois dormant, et je fais le brouillon de façon manuscrite. Cela me permet, en outre, d'inventer les détails de l'histoire en me trouvant dans d'autres décors que devant mon ordi, ce qui me rend plutôt plus efficace.
Comme j'ai hâte de partager mon ressenti sur ce récit, je le mettrai en ligne au fur et à mesure de sa rédaction. Je sais que les bloggeurs ne sont pas des sauvages, et je suis confiante en votre indulgence si ma plume n'avance pas aussi vite que je le souhaiterais. J'espère que, avant mon départ en vacances, j'aurai le temps d'arriver à "ma" fin du conte, qui est radicalement différente de celle du conte classique.
Maintenant, un mot sur le prénom de l'héroïne. Dans la version de Perrault, l'instant où le prince réveille la princesse se situe vers le milieu de l'histoire. Le conte se poursuit avec les déboires des jeunes époux et de leurs enfants avec la mère du prince charmant. Aurore est le prénom de la fille du couple.
Dans d'autres versions ultérieures, Aurore est le prénom de l'héroïne elle-même. C'est cette option que j'ai choisie, parce que ce prénom me "parle" vraiment, point de jonction entre la nuit et la lumière.
Au sujet d'une possible signification du conte, voici ce que dit le site Wikipedia :
"Bruno Bettelheim, dans sa Psychanalyse des contes de fées, voit dans ce récit un processus initiatique, une manière de préparer les petites filles aux changements qui les attendent.
Malgré toute l'attention des parents et les dons prodigués par ses marraines, la petite fille est frappée dès le berceau, c'est-à-dire dès sa naissance, par la malédiction qui s'accomplira à son adolescence. Cette malédiction, marquée par le sang qui coule (une allusion à l'arrivée du cycle menstruel) a une origine ancestrale, symbolisée par la vieillesse de Carabosse. S'en suit un repli sur soi (un sommeil de cent ans) et une forêt de ronces qui ne se lèvera qu'à l'arrivée du prince charmant, le seul à trouver la voie, à lever les obstacles et sortir la princesse de son sommeil grâce au baiser de l'amour. Le prince n'est en fait qu'une figure accessoire, la trame du conte mettant en scène les diverses phases de la vie d'une femme : l'enfance, l'adolescence et la jeunesse représentée par la princesse, la mère représentant l'âge adulte, la fécondité et la grossesse, et la vieillesse incarnée par la Fée Carabosse."
Mon analyse personnelle diffère de celle de Bruno Bettelheim. Je vois plutôt dans les contes où il est question d'une princesse réssucitée par le baiser d'un prince une révolte contre l'injustice de la mort quand elle frappe un être jeune et sympathique. Ces contes sont nés à une époque où l'espérance de vie était bien courte, et où la faim comme la maladie emportaient des personnes en pleine jeunesse.
En effet, on parvient à se faire une raison lorsqu'une personne âgée meurt. On se dit qu'elle a bien vécu, qu'il vaut mieux mourir que devenir grabataire et dépendant, etc, etc. Quand c'est un personnage antipathique qui disparaît, on se dit que c'est normal, que tout se paie. Mais quand on est confronté à une mort illogique et injuste, c'est un deuil infiniment plus difficile à gérer.
Par ailleurs, en ce temps-là, l'espérance de paradis des croyants était terrestre et charnelle : Jésus qui vient avec une trompette réveiller les défunts, la résurrection de la chair, et le Jugement Dernier.
Je crois que ces contes (Blanche-Neige, la Belle au Bois dormant, etc) qui ont été écrits au temps où on ne faisait guère de vieux os, expriment le désarroi de la société de l'époque de voir mourir ses enfants encore jeunes, et son désir intense de voir arriver le jour de la résurrection et de la vie éternelle.
Illustration : Adrienne Segur
|