Printemps 1..6, 14ème jour
Il arrive que je trouve bien difficile d'afficher un sourire sur mon visage. Je suis pourtant habitué à garder la tête haute et à faire comme si le courage était ma seconde nature. Je le dois. Je suis un prince.
Oh, un tout petit prince, et peut-être pas si charmant qu'on le dit. Je n'ai rien d'un futur monarque, et d'ailleurs je hais le pouvoir. Je suis un prince d'Orient, ce qui me donne l'avantage de posséder un tapis volant. Mon tapis aussi est tout petit. Il me permet de voyager dans le monde entier et dans les époques présente et passées ; mais quand je me tiens dessus, je suis invisible et je ne peux pas parler aux gens que je vois.
Et que fait-on, quand on est un petit prince sans trône ? On occupe de nobles fonctions dans un palais. Pour ma part, je gère le trésor du château des sorcières, au fond de la vallée aux Dents de Dragon. Certes, les châtelaines sont fort antipathiques, mais je ne sais rien faire d'autre pour gagner ma vie, et mes appartements sont confortables.
Mes sorcières, contrairement à moi, raffollent du pouvoir, tout comme ces rois qui usent la Terre pour se forger des armes, et qui envoient les peuples se faire des guerres parfois sans merci.
Ô toi mon amour, tu n'as pas vu ce siècle se lever. Tu dors, tu dors bien trop profondément, même. Tu reposes en paix, comme on dit. Et moi, je me demande souvent ce que tu aurais pensé de cette époque troublée. Quels mots t'aurait-elle inspirés ?
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