Printemps 1..6, 28ème jour
Etre une princesse, cela n'a pas été facile tous les jours, n'est-ce pas ? Ton père, absorbé par les affaires de son royaume, et imperméable à la petite Aurore... Chaque jour, petite enfant, tu as atttendu un signe d'attention de ton royal ascendant, mais tu n'as rencontré que son indiferrence.
Les comportements envieux et cruels des autres enfants, la solitude... Et encore la solitude. Non, ce n'était pas facile d'être comblée de dons par non moins de six fées. Les enfants n'aiment les génies que dans les livres de contes, tu l'as appris jour après jour de toutes les façons possibles. Il fallait serrer les dents, tenir et encore tenir.
Arriva l'âge des émois amoureux. Tu aurais dû en faire, des ravages, parmi les jeunes princes et courtisans. Seulement, à nouveau, tu étais trop différente pour eux. Trop bien pour ces gamins, tout simplement.
A la même époque, le roi, ton père, tentait de t'insuffler ces idées qui t'inspiraient tant de dégoût. Il te psalmodiait des mots comme pouvoir, guerre, domination, sujets, fortune. Toi, tu lui répondais que ta seule ambition, c'était d'arriver un jour à aimer tout le monde.
Oh bien sûr, tu n'y es pas parvenue en un seul jour. Tu as dû beaucoup grandir pour cela, et parfois tes mots furent fort amers. Mais ce que je vois du haut de mon tapis volant fait chaud au coeur. Ton regard, Aurore, disait clairement que tu avais atteint ton objectif d'amour.
Comme une preuve que, dans l'homme, quelque chose de plus grand existe...
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