Chers lecteurs, à défaut de vous annoncer d'heureuses nouvelles locales des municipales 2008, je puis moins vous raconter la désopilante première séance du nouveau conseil municipal de la commune où je réside.
Comme vous le savez, je faisais partie d'une liste qui fut battue dès le premier tour. Samedi matin, mes camarades et moi-même avons assisté à la séance du conseil municipal d'investiture du nouveau maire et de ses adjoints, afin de soutenir moralement les personnes en tête de notre liste, qui se retrouvent donc conseillers municipaux de l'opposition.
Vous vous souvenez peut-être que notre maire est un homme effacé, timide, soumis, et que c'est sa femme qui, depuis maintenant 7 ans, tient les rênes des affaires communales. Nous les appellerons les époux Robert DUPONT, et nous appellerons l'épouse madame Raymonde DUPONT née MARTIN. Il me semble qu'il s'agit là de noms fictifs bien neutres. (Merci à l'artiste de BD Binet pour les idées de prénoms).
Pour les profanes, l'élection du maire se passe de la façon suivante. Tous les élus se réunissent, par exemple 25 de la liste majoritaire et 8 des listes battues. Le plus âgé d'entre eux préside le début de cette première séance, et organise le scrutin à bulletins secrets, qui désignera le maire, élu au sein de l'assemblée. En principe, il s'agit tout simplement de la personne qui s'est présentée en tête de la liste lors des élections.
Donc, samedi matin, chacun des 33 membres du conseil municipal a mis son bulletin dans l'urne. Puis, le dépouillement s'est fait à haute voix. A part quelques bulletins en faveur de la tête d'une des listes d'opposition, on entendait, invariablement, proclamer :
Robert DUPONT
Robert DUPONT
Robert DUPONT
Robert DUPONT
Robert DUPONT
Lorsque, soudain, on entendit :
Raymonde DUPONT
Hilarité… y compris dans les rangs de la majorité.
Irritée, Raymonde DUPONT répliqua :
« Je ne m'appelle pas DUPONT ! Je m'appelle MARTIN ! »
Nouveau fou-rire. Comme quelqu'un lui a fait observer que, tout de même, DUPONT était son nom marital, elle a conclu :
« Ce n'est pas drôle. »
Après coup, j'ai ressenti une vague de pitié pour notre maire Robert DUPONT. Quel amour il doit recevoir de sa tendre moitié, qui ne veut même pas de son nom ! |