Printemps 1..6, 23ème jour
Je continue à voler, depuis mon très lointain Orient, autour de ta jeunesse, mais tu ne me vois pas. J'aime tes mots. Pas évidente, d'ailleurs, ta lanque, mais je la comprends de mieux en mieux.
Je plane autour de toi des nuits entières ou presque, jusqu'à ce que la torpeur me ramène vers ma couche. Et quand je m'éveille, deux ou trois heures plus tard pour aborder ma journée de service au château des sorcières, je pense... en français.
Ah, le château des sorcières, parlons-en. Sais-tu que tu m'as tiré - bien involontairement ! - d'une fâcheuse situation ?
La gouroue des sorcières m'a fait appeler dans ses appartements. Son regard est tout le contraire du tien : clair et chargé de haine. Je sais en outre que j'ai le don de l'agacer particulièrement, allez donc savoir pourquoi.
Toujours est-il qu'elle m'a annoncé que, durant les années à venir, je serais à son service exclusif, son joujou, quoi. Elle m'a ensuite demandé si cela m'inquiétait.
Oh, mon amour, j'ai pensé à toi ! Très fort. Bien évidemment, j'aurais dû être inquiet. Mais voilà, à côté de ce que tu as traversé, ma mésaventure me paraissait dérisoire, et mon nouveau fardeau extraordinairement léger. Aussi, je lui ai répondu, sans trop réfléchir, que non, je ne craignais pas les années que je passerais à son service.
De ce fait, j'ai cessé de l'intéresser et elle m'a laissé repartir. Je te dois une fière chandelle.
Mais pourquoi dois-je tant boire pour trouver quelque repos ?
Image : leloom.free.fr
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