"L'amour que nous ne ferons jamais ensemble est le plus beau, le plus violent, le plus pur, le plus émouvant."
Serge Gainsbourg
Clic sur l'image pour retrouver la chanson quand elle ne sera plus dans le lecteur musical d'accueil.
Et maintenant, place à un Papa exemplaire, l'enseignant bavarois qui accueillit chez lui l'ado dit « sauvage » Kaspar Hauser, de 1828 jusqu'en 1833, où il fut assassiné à l'âge de 22 ans. (pardon pour le changement de police).
En cliquant sur son nom, vous accèderez aux informations que Wikipedia a collectées sur le jeune Kaspar. J'ai constaté que ces renseignements sont récents. Quand j'étais au collège, vers 1980, une prof nous avait dit qu'on supposait que cet ado intelligent mais gravement traumatisé, et ne parlant pas l'allemand, était le fils de Louis XVI, ce qui s'est avéré inexact par la suite.
Ce qui est à peu près sûr, par contre, c'est que le jeune homme connaissait son assassin, et même qu'il était à cent lieues d'imaginer que celui-ci en voulait à sa vie : "Ses yeux ne reflétaient pas la peur, mais seulement une infinie stupeur, ou comme l'immense chagrin d'être haï autant."
Un de mes chanteurs préférés, Frederik Mey, lui a consacré une chanson (citation ci-dessus). J'ai bien trouvé les paroles de la version française, mais la vidéo que j'ai dénichée est en version originale.
Il semble qu'il y a trente ans, on situait la rencontre entre Kaspar et son père adoptif à une date plus lointaine que 1828, sinon, pourquoi l'avoir confondu avec un "Louis XVII" ? Frederik Mey lui-même, lorsqu'il a présenté sa chanson à l'Olympia en 1973, avait dit (dans son français impeccable) que le drame s'était déroulé il y a environ deux cents ans.
G A S P A R D
On disait qu'il venait d'Angers Qu'il ne savait pas dire un mot Sur la place du marché Il fut entouré de badauds Les uns chuchotaient : "Il n'est pas normal" Et d'autres criaient : "c'est un animal ! Alors ! qu'est-ce que vous attendez Pour chasser cet idiot, pour chasser cet idiot"
Ses cheveux lui tombaient en mèches Il se tenait recroquevillé C'est le diable qui l'empêche De marcher la tête levée Le curé lui tendit un pot de lait Qu'il lapa bruyamment et d'un seul trait Faudrait qu'on l'abreuve à la crèche C'est Satan incarné, c'est Satan incarné !
Mon père qui en ce temps là Etait maître d'école au village Alla vers lui tendant son bras Malgré les mots de l'entourage Mon père lui parla doucement L'étranger murmura en bégayant Un nom qui sonnait par endroits Comme le nom de Gaspard, comme le nom de Gaspard
Mon père le prit avec lui Et Gaspard hésita un peu Ma mère lava ses habits Elle lui coupa les cheveux Mon père alors lui apprit à parler A lire à écrire et à calculer Et mon père disait de lui : Quel garçon prodigieux, quel garçon prodigieux !
Près de l'école il y avait Un champ de quelques cinq hectares Que la commune nous baillait J'y travaillais avec Gaspard Comme nos récoltes furent bonnes Après les rudes journées en automne Les paysans nous maudissaient Quand on rentrait le soir, quand on rentrait le soir
Plus tard après Noël passé Nos sorties devinrent plus rares Et puis vint ce jour de janvier Etouffé d'un épais brouillard Gaspard ne rentra pas pour le repas Muet je guettais le bruit de son pas Mon père gronda excédé : Mais que fait donc Gaspard, mais que fait donc Gaspard ?
On l'a trouvé au petit matin Dans la neige rouge de sang Couché dans le petit chemin Qui va de la maison aux champs Ses yeux ne reflétaient pas la peur Mais seulement une infinie stupeur Ou comme l'immense chagrin D'être haï autant, d'être haï autant
Un commissaire de passage Enquêta fort hâtivement L'abbé fit le discours d'usage Qui nous consola bougrement Le champ, depuis, est resté en jachère Les gens, leurs chiens ne me font plus la guerre Quand je vais jusqu'au village Par le chemin des champs, par le chemin des champs.
Comme c'est étrange, Laylà !
Tu fais allusions aux mauvais pères, alors que cet article parle des bons. Mais on frise la télépathie, car sur un autre blog, j'ai posté un article sur les mauvais pères.
Je suis convaincue que notre ressenti est exactement le même au sujet de certains d'entres eux.
Gros bisous ma Laylà, et bon appétit
Le refrain de la chanson des Restos du Coeur dit :
"Je n'te promets pas le Grand Soir"
Dommage...
Cela dit, ce blog n'a pas pour objet de commenter la politique, l'économie et l'actualité : d'autres le font bien mieux que moi.
Disons simplement que lorsque tel évènement m'inspire une pensée autre que celles déjà énoncées par les médias, je prends mon clavier pour la partager. Idem pour les textes, les vidéos qui m'interpellent.