Printemps 1..6, 33ème jour
Mes émotions, joyeuses ou nostalgiques, sont de plus en plus intenses. Je me sens comme une antenne sous la pluie, qui capte tous les souffles de vent du monde. Et de surcroît, quand je pense à toi, des myriades d'images s'emmêlent dans ma tête.
Ta beauté. Je ne parle évidemment pas de ton corps en pleine jeunesse ni de ton visage aux traits purs. Non, je ne parle pas de cette enveloppe charnelle qui n'est plus, mais de tout ce qu'elle laissait transparaître, par les fenêtres de ton sourire et de tes jolis yeux chocolat.
Les dons que t'ont faits tes marraines-fées, ta très fine sensibilité, le talent que tu mettais dans le moindre de tes actes. Ta spiritualité, ton humour, ta foi.
Ton père indifférent qui me fait crever de colère. La violence de tes camarades. Ton désarroi, ta révolte tout en délicatesse.
Le fuseau. Ah oui, c'est vrai, tu t'es piquée. Tu avais tes raisons, tout comme j'ai les miennes de ne pas le faire. Mais dans l'adversité, mes exutoires furent souvent la haine et la médisance. Aussi, aujourd'hui, je sais avec certitude que je suis bien moins clean que toi.
Quelque souillure que tu aies pu infliger à ton jeune corps, qui donc sur Terre est aussi clean que toi ?
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