Printemps 1..6, 87ème jour
Ces derniers mois, au château des sorcières, on me dit chanceux. Très chanceux, même. J'ai échappé à pluseiurs de leurs sortilèges de façon inexpliquée. Mes compagnons ouvrent des yeux ronds et me demandent si un ange gardien est entré dans ma vie. Alors, je souris tout en dedans.
Quel être es-tu donc, pour avoir la patience, le courage et l'abnégation de m'accompagner dans un tel endroit ? L'air frais du printemps n'y entre pas. Les couloirs résonnent des ricanements des sorcières et des aboiements des chiens. Les journées s'étirent avec une lenteur déconcertante.
Depuis que tu t'es manifestée à mes côtés et que tu as séché mes larmes, je sens ta présence même entre ces murs glacés d'ennui et de perversion. C'est dans les moments difficiles que je la ressens le plus.
Lorsque je dois me tenir dans l'antre même de la sorcière blonde aux yeux de sabre, tu me serres les épaules, et je me sens bien, vraiment, aussi drôle que cela puisse paraître.
Quand nous nous penchons à cinq ou à dix sur les comptes du trésor du château, et que cela n'en finit pas, mais qui donc passe par là ? Tu t'empares de mes pieds... Je te perçois qui traverses ma peau... Et les autres qui ne remarquent rien !
Tu le fais aussi, désormais, durant les longues heures où, seul, j'attends celle de quitter ces lieux de désolation. Tu me conduis à oublier l'ennui, et même la proximité des sorcières.
N'était-ce qu'un soupir d'étonnement, le son qui m'échappa, l'autre jour, lorsque des ondes de bien-être irradièrent mon corps entier, alors que d'une main je tenais une plume, et de l'autre un grimoire ?
Ah, si seulement je savais comment te remercier de ta présence au quotidien, qui m'est tellement, oh tellement précieuse !
Sorcière blonde : http://www.centerblog.net/journal-intime/107212-2937778-la-loreley-
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