Eté 1..6, 4ème jour
Ô toi mon incroyable amour, je me demande de plus en plus souvent si tu as pris ma main et si tu m'entraînes dans ton Paradis.
Si je me pose cette question, c'est qu'à chaque instant, je ressens cette sensation insistante de marcher sur une voie de lumière et d'évoluer dans un monde de beauté.
Oui, aussi étrange que cela puisse paraître, autour de moi, tout est devenu beauté. J'en arrive à percevoir l'harmonie des lignes du plus terne des bâtiments, de la plus rouillée des cheminées d'usine : la notion de laideur s'est envolée de ma vision.
Cela m'amène à supposer que le Paradis est sur notre Terre, parmi nous, autour de nous, dans nous. Ainsi, vous, les défunts, vous verriez exactement les mêmes paysages que nous, mais avec les yeux de l'amour universel, ce regard de lumière qui de toute chose fait ressortir la magnificience, l'essence véritable.
Je crois bien que vous voyez les mêmes horizons que nous, entendez les mêmes chants d'oiseaux, les mêmes rires d'enfants, sentez les mêmes parfums, percevez tout à l'identique. Mais vos coeurs sont grand ouverts, et tout ce que vous ressentez, vous le ressentez à l'absolu.
Aussi, sans pouvoir parvenir à m'expliquer ce que j'ai pu faire de spécial pour mériter une telle chance, je suis tenté de conclure que tu es en train de me faire visiter ton monde à toi, merveille des merveilles !
Plus j'y pense, plus je suis convaincu que tu me fais voir les choses comme toi tu les vois, tout simplement.
Photo : Christof Weber, SIP - www.luxembourg.public.lu
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