Je viens de redécouvrir ce bijou de Coluche. C'est une parodie des spots publicitaires des années 70-80... que les plus jeunes d'entre nous me pardonnent !
En ces temps de morosité économique, il est plus que jamais utile de démontrer toute l'absurdité de l'esprit de consommation. Merci, Coluche !
Ma réponse se trouve sur l'un des blogs de l'actrice Isabelle Caro, dans son article du 17 novembre 2008. (Voilà, vous avez les liens vers les deux blogs que je connais.)
Par suite d'un changement de design du blog, l'article n'apparaît que si on le met en surbrillance. C'est pourquoi je vous reproduis le texte ci-dessous :
"Coucou les amis, aujourd'hui j'ai décidé de lancer une bouteille à la mer !
Depuis que je suis à Paris , je vis dans un logement insalubre , il pleut dedans , les murs sont noircis par l'humidité, il y fait froid et je paie 500 Euros pour 15 petits mètres carrés épouvantables !
Je n'en peux vraiment plus alors si vous avez connaissance d'un petit truc sympa pour moi de 550 euros max 600 dans paris où très proche banlieue faites le moi savoir, mon rêve serait le 19ème arrondissement mon coup de cœur à Paname ! (...) Merci à tous pour votre aide."
Voilà ce que je tenais à souligner : dans le monde du spectacle et de la création artistique, il n'y a pas que des revenus à plusieurs centaines de milliers d'euros. Il y a aussi des gens qui gagnent tout autant que vous et moi, et qui ont besoin de toucher le produit de leur travail.
Avant de découvrir cet article d'Isabelle Caro, je pensais à d'autres personnes qui travaillent dans le spectacle et qui ont besoin de leur salaire : la secrétaire de la maison de tournage, le mécanicien du plateau, l'agent d'entretien, etc, etc... Ne les lésons pas !
Je profite de cet article pour saluer le combat d'Isabelle Caro contre l'incitation à l'anorexie.
Souvenez-vous d'il y a quelques dizaines d'années. Le travail était perçu comme un moyen d'épanouissement, à tel point que de nombreuses femmes au foyer ont cherché à s'insérer dans la vie professionnelle : pour être indépendantes, pour voir du monde.
Bien sûr, le lundi comportait l'inconvénient de se relever tôt après un week-end, mais nous étions contents de nous retrouver. Et d'ailleurs, le lundi, nous étions bien reposés parce que nous n'avions pas passeé le week-end à appréhender la semaine suivante.
Le jour où vous étiez en surcharge de travail, un collègue était toujours prêt à vous aider. Ce collègue n'avait pas peur que sa hiérarchie l'accuse de se tourner les pouces s'il pouvait trouver le temps de vous donner un coup de main. De façon générale, au travail, vous étiez vous, tout simplement, et personne ne cherchait à vous prêter de mauvaises intentions.
Mais, il y a quelques dizaines d'années, vous étiez jeune, sans expérience, et votre salaire était bien plus bas qu'aujourd'hui. Et pourtant, est-ce que vous consommiez ? Oui. Vous aimiez faire les magasins qui vous plaisaient et rentrer à la maison avec des paquets. Vous n'aviez pas l'impression, en faisant des achats, d'engraisser des gens qui maltraitent des salariés comme vous. Un achat était toujours éthique, on n'entendait pas parler de délocalisation et d'exploitation de la main d'oeuvre infantile dans le tiers-monde.
Pour nous redonner envie de consommer, mesdames et messieurs nos dirigeants, avant même de renflouer notre porte-monnaie, commencez par observer dans quelles conditions nous le remplissons. De grâce, rendez plus applicables les lois contre la violence au travail, et durcissez-les, faites cesser ce sentiment d'injustice et d'impunité.
On peut se poser une autre question : la consommation est-elle finalement si souhaitable, compte-tenu de son impact environnemental ? Voilà un autre débat...
Illustration : fr.p-i.be
Attention, j'ai apprécié ce site, mais les références juridiques non communautaires qu'il contient ne concernent que la Belgique.
On croit parfois qu'en achetant des produits plus chers, on protège mieux les droits des travailleurs qui les ont fabriqués.
Hélas, il n'en est rien. Ce n'est rien d'autre qu'un mensonge destiné à nous appauvrir, et donc à creuser davantages les inégalités matérielles qui plaisent tant à certains. Si vous disposez de quelques minutes pour prendre connaissance du texte reproduit ci-dessous, vous allez pouvoir en juger.
J'ai trouvé sur la toile ce long texte grâce aux organismes Peuples Solidaires et Ethique sur Etiquette, que vous pouvez découvrir en cliquant sur les logos ci-dessus.
Personnellement, j'hésite à signer des cyberpétitions qui pourraient amener des personnes indélicates à trop bien me connaître (je pense à des employeurs potentiels qui, paraît-il, sont friands de toutes les indiscrétions qu'ils peuvent trouver sur les candidats à un poste via les moteurs de recherche).
Par contre, nous savons tous désormais quelle marque de sous-vêtements ne mérite pas d'orner nos petits fondements...
"Depuis qu'il a créé sa Maison en 1950, Pierre Cardin, fondateur de sa marque éponyme, est considéré comme l'un des plus grands dans le monde de la mode. Sa griffe est l'une des plus réputées et des plus puissantes du monde. Avec plus de 2 milliards de dollars par an de chiffre d'affaires [1] et 200 000 personnes dans le monde qui travaillent autour de la marque, le succès commercial de l'entreprise est indéniable. Mais Pierre Cardin peut-il prétendre à la même réussite en matière de respect des droits des travailleurs ?
En 1960, l'homme d'affaires est le premier à appliquer un système de licence pour une griffe. Aujourd'hui, l'entreprise gère environ 900 licences réparties dans pas moins de 140 pays, qui lui rapportent des millions d'euros de royalties tous les ans. Mais la société Cardin est-elle en mesure de garantir que les produits fabriqués sous licence le sont dans des conditions décentes ? En août dernier, les travailleurs d'une petite usine indonésienne qui fabrique des sous-vêtements Cardin depuis plus de 10 ans ont fait état des graves abus dont ils faisaient l'objet de la part de leur direction. Alors qu'ils protestaient contre le licenciement abusif du président de leur syndicat, 447 d'entre eux ont été mis à la porte. Depuis, le conflit social n'a fait qu'empirer, et Pierre Cardin, interpellé à plusieurs reprises sur cette affaire, refuse toujours d'intervenir.
Tout a commencé en juillet dernier, par un événement presque anodin, lorsque M.Abidin, le président du syndicat des travailleurs de la chaussure, du textile et de l'habillement de l'usine PT Megariamas Sentosa (SBGTS) a été invité à participer à une formation juridique de quatre jours organisée par la Fédération des syndicats indonésiens indépendants (le GSBI), à laquelle le syndicat est affilié. Bien que la loi indonésienne invite expressément les employeurs à "donner l'opportunité aux responsables syndicaux de participer à des activités syndicales pendant leurs heures de travail" [2], le directeur de l'usine de Megariamas a refusé d'autoriser Abidin à prendre part à cette formation. Et lorsque ce dernier, considérant qu'il était dans son bon droit, a décidé d'assister à cette formation malgré le refus de son patron, il a été purement et simplement licencié.
447 ouvriers abusivement licenciés
L'annonce du licenciement du président du syndicat de Megariamas a provoqué une grande émotion au sein de cette petite usine d'environ 900 salariés, dont les conditions sont particulièrement dures. Instantanément 450 d'entre eux se sont mis en grève, pour réclamer la réintégration immédiate du président de leur syndicat. Ils ont tenté de négocier auprès de leur direction, sans succès. Faute d'accord entre les parties, une seconde grève a été annoncée pour le 4 août suivant. Mais entre-temps, la direction a adressé des lettres d'avertissement à différents membres du SBGTS, au motif fallacieux que les objectifs de production n'auraient pas été atteints. Pour le syndicat, ces lettres n'avaient pour objectif que d'intimider les ouvriers et les dissuader de participer à la grève qui se préparait. Neuf des ouvriers concernés ont d'ailleurs refusé de signer ces lettres qu'ils jugeaient mensongères, et ont alors été, à leur tour, licenciés.
Les différentes réunions qui se sont tenues entre la direction de l'usine et les représentants des travailleurs n'ont pas permis d'aboutir à un accord, et le déclenchement de la seconde grève n'a pas fait fléchir la direction. Au contraire, dès le premier jour de grève, celle-ci a refusé de négocier davantage avec les travailleurs, allant même jusqu'à rejeter toute nouvelle proposition de rencontre et interdire aux grévistes l'accès aux locaux de l'usine.
Le syndicat a alors fait appel au Département du Travail qui est intervenu en faveur des grévistes pour demander que la direction accepte enfin de rencontrer les représentants des travailleurs et de négocier une solution à cette crise. Mais rien n'y a fait : non seulement la direction a maintenu l'interdiction de l'accès à l'usine, mais elle a également licencié 446 de ses employés ayant participé à cette grève, au prétexte qu'il n'y aurait pas eu d'"échec préalable des négociations" comme l'exige la loi en cas de grève...
Depuis, les ouvriers injustement licenciés n'ont cessé de manifester devant l'usine pour protester contre leur licenciement et demander la reconnaissance de leurs droits. Le Département du Travail a émis une recommandation en leur faveur, exigeant de l'usine qu'elle paie les salaires dus ainsi que les indemnités de licenciement que prévoit la loi, mais celle-ci s'y refuse toujours.
Le 25 novembre dernier, le conflit a atteint son paroxysme lorsque la police et les agents de sécurité de Megariamas sont intervenus pour disperser violemment une manifestation des 447 ouvriers, majoritairement des femmes, qui protestaient devant l'usine pour réclamer l'application de la recommandation du Département du Travail. Bilan de l'opération : 30 manifestants blessés et deux hospitalisés.
Pierre Cardin refuse d'intervenir
Face à la détresse de ces ouvriers, et à leur demande, Peuples Solidaires a contacté l'entreprise française Pierre Cardin qui fait fabriquer des sous-vêtements dans cette usine depuis plus de dix ans. Informée des graves abus dont sont victimes les centaines d'ouvrières et d'ouvriers qui fabriquent ses produits depuis des années, et de la sollicitation qui lui était adressée, la société n'a toutefois pas souhaité intervenir auprès de la direction de cette usine, dont elle considère que les activités ne regardent qu'elle."
C'est le titre du message contenu dans la vidéo ci-dessous. Merci à mon amie Isa qui me l'a fait découvrir !
Voici le texte du message :
« Réfléchissons un peu sur le travail du dimanche.
On nous jure aujourd'hui que cela ne concernera que les commerces, vous y croyez ?
Alors, avez-vous pensé que pour faire fonctionner ces gros commerces, il faut des transports, de la logistique, de l'informatique, de la sécurité, des banques, etc ? Bref, des métiers que vous, vous pratiquez actuellement en semaine.
La question est donc plus directe : souhaitez-vous, vous-mêmes, travailler le dimanche ?
Nous serons plus payés… ne soyons pas naïfs ! Bientôt, nos dirigeants nous feront valoir que le dimanche est un jour comme les autres, rémunéré au tarif semaine. Regardez ce qu'il est advenu du lundi de Pentecôte… à quand Noël ? Ah non, au fait, Noël on va le garder car trop de business en jeu pour ce jour-là.
Si je gagne 100, ce n'est pas parce que tout est ouvert le dimanche que je dépenserai 110, à moins que le but soit de me faire emprunter pour faire fonctionner les banques… Je ferai quoi, quand, à force d'avoir emprunté, je serai surendetté(e) ? Devrai-je tout leur redonner et aller coucher sous les ponts ?
Et d'ailleurs, quelle sera la prochaine étape quand tous, nous travaillerons le dimanche ? L'ouverture des commerces la nuit ? Certes, cette étape concernera nos enfants, pas nous. Mais est-ce cela que nous souhaitons pour eux ?
Le ministre dit : « Ce sera sur la base du volontariat. » Qui se voit donc aujourd'hui refuser à son patron de travailler alors que nous avons 3 millions de chômeurs ? Le chantage sera facile. (…)
Et vous, petits commerçants, que faites-vous donc à ne pas vous rebeller ? Vous agoniserez les premiers quand, le dimanche, les voitures actuellement garées dans vos rues commerçantes auront toutes migré sur les immenses parkings gratuits de vos « grands amis ».
Moi, je n'ai pas envie de travailler le dimanche, alors pourquoi demanderais-je aux autres de travailler pour me faciliter la vie ? Cela ne s'appelle-t-il pas de l'égoïsme ? Pourquoi imposerais-je au personnel des grandes surfaces de travailler pour que je puisse acheter le pauvre baril de lessive qui me manque ?
J'ai envie d'échanger, de vivre des moments avec ma famille, de rencontrer mes amis ailleurs que dans le hall de la grande surface voisine. J'ai envie de lire, d'apprendre, de faire des pauses, de faire du sport, de m'investir dans le bénévolat, de contempler, de rire, de voir mes enfants grandir.
Et pour tout cela, le dimanche est irremplaçable.
Diffusez ce message. Il n'est peut-être pas trop tard pour infléchir ces décisions ou pour éclairer nos concitoyens.
Au moins, vous pourrez dire à vos enfants, quand ils vous parleront « des dimanche s d'autrefois » que vous avez quand même essayé de faire quelque chose.
Il est temps de bouger, chers amis. Ne restez pas inactifs ! »
Amis lecteurs, en cette veille de dimanche de décembre où les magasins seront ouverts, je me permets de vous adresser une petite prière, modeste mais instante :
Allez faire de la luge avec vos enfants !
Jouez à des jeux de société à la maison !
Allez admirer la mer dans ses nuances hivernales !
Allez voir un bon film !
Allez visiter un marché de Noël !
Restez sous la couette !
Boudez les temples de la consommation !
Bien sûr, l'ouverture dominicale des magasins en décembre existe depuis des dizaines d'années et n'a rien à voir avec l'institution du travail le dimanche tout au long de l'année qu'on cherche à nous instaurer.
Cependant, alors que ce thème est particulièrement d'actualité ces dernières semaines, il me semble que bouder au maximum les magasins demain et le dimanche suivant constituerait un signal fort contre l‘épée de Damoclès qui est en train de se balancer au dessus de nos têtes.
En tant que fonctionnaire, je risque moins d'être touchée un jour par le travail dominical que mes amis du secteur privé, et particulièrement du secteur du commerce. Mais je redoute que mes proches soient un jour concernés par ce fléau
Si le travail dominical devenait la règle, que pourrait-il se passer ?
Nous ne verrions plus grandir nos enfants, nous ne pourrions plus les soutenir dans leur travail scolaire. Les frais de garde exploseraient, les frais de soutien scolaire également. L'éducation culturelle et éthique de nos enfants serait confiée à d'autres que nous.
Il n'y aurait plus que le travail de nuit qui bénéficierait d'un bonus de rémunération, puisque le dimanche deviendrait un jour ordinaire. Il n'y aurait donc aucun gain de pouvoir d'achat, et le même volume d'achats serait simplement réparti sur sept jours au lieu de six.
Des employeurs ou supérieurs hiérarchiques peu scrupuleux disposeraient d'un moyen de pression phénoménal, en particulier à l'encontre des salariés parents : le travail dominical deviendrait une sanction déguisée.
Le travail deviendrait encore plus pénible, et par conséquent les salariés auraient de toute façon encore moins envie de consommer : on fonce droit dans un mur sur le plan économique.
Je sais bien que de nombreuses personnes travaillent déjà le dimanche, et je les plains même si c'est leur choix. Je pense en particulier aux profession de la santé. Mais étendre leur situation à l'ensemble des salariés n'allègera pas leur fardeau (au contraire : il y aurait autant d'accidents du travail le dimanche que les autres jours…).
Aussi, si vous pouvez faire autrement, si vous n'êtes pas déjà pris toute la semaine par vos obligations, il serait judicieux de contribuer à faire de ces dimanches travaillés de décembre un bide commercial.
Autres discussions sur le travail dominical sur ce blog :
Voici un message et un tableau que j'ai reçus par mail :
« Objet : génial...Enfin une bonne idée
Préavis de grève national le lundi 16 Juin 2008.
Il n'y a qu'une façon de faire pression : la MOBILISATION de tous les automobilistes Français qu'y on vu leur "budget" gasoil - essence être multiplié par 2 ou 3 en 6 mois !
Comme �� chaque révolution, ce qui fait notre force c'est notre nombre.
Nous allons bloquer la France entière et prendre le gouvernement en otage !!
Qui : Tous les automobilistes FRANCAIS.
Quoi : Blocage des routes, autoroutes, chemin de fer...
Comment : Des centaines de voiture à l'arrêt sur toutes les routes de France devrait marcher aussi bien que des camions, des tracteurs ou des bateaux.
Pourquoi : Le gasoil à 1€.
Grace à internet, ce mail peut faire le tour de France en quelques minutes, alors au boulot les "Vache à lait", faite marcher le "Transférer ce mail"
Bonne chance à tous. »
1 $=
1 baril de pétrole en dollars =
Soit 1 baril de pétrole en euros
Prix du litre de gazole à la pompe
en 2000
1,20 €
60 $
72,00 €
=> 0,82 €
en 2008
0,64 €
110 $
70,40 €
=> 1,38 € au lieu de 0,80 €
Le bémol que j'apporte au message, c'est la date de l'action. L'expérience des cheminots nous a montré (cliquer les mots soulignés) que « LE » jour idéal pour bloquer le pays, c'est le mercredi. De plus, nous sommes bien plus nombreux à être disponibles le mercredi (enseignants et personnes travaillant à temps partiel) pour pouvoir participer à l'action.
Donc idéalement, je préfèrerais une action un mercredi ou un samedi, mais si toutefois il faut participer à une action coup de poing un lundi, ma foi allons-y !
Hier, lors d'un long trajet en voiture, je me suis retrouvée à Besançon, ville que je n'ai pas le plaisir de connaître, à la recherche d'une pompe à essence. Je suis d'abord tombée sur une station fermée, puis sur un supermarché d'une enseigne qui n'a pas respecté le lundi de Pentecôte… vous savez que j'ai le boycott facile. Seulement voilà, plus je tournais en rond à la recherche d'un supermarché avec station de carburants, plus ma jauge baissait, plus ma fatigue s'accentuait, et plus mon arrivée à la maison et le coucher de mon fils seraient tardifs.
Aussi, en désespoir de cause, j'ai dû faire une chose qui est complètement contraire à mon éthique : j'ai acheté du carburant à une grande enseigne très connue qui osait afficher fièrement une obscénité du style « Votre hyper vous accueille lundi 12 mai 2008. ». Honte à moi, mais quand on doit gérer un jeune enfant qui a classe le lendemain, on est parfois obligé de mettre sa morale au vestiaire.
Je me dois cependant de vous souligner le comble de l'hypocrisie. Sur le parking du grand magasin figuraient des publicités pour des produits de commerce….. équitable ! Ces (CENSURE) qui ont privé des centaines de salariés de leur lundi de Pentecôte ont le front de prétendre nous donner des leçons d'achat responsable.
Cher lecteur, si vous souhaitez comme moi consommer responsable, commencez (du moins comme je m'efforce de le faire) par boycotter les enseignes qui ont ouvert leurs magasins hier, ou durant d'autres jours fériés. Le volontariat en matière de travail les jours fériés n'est pas si spontané : les gens redoutent les retombées sur leur emploi s'ils refusent de s'y soumettre.
Peut-être ne connaissez-vous personne, parmi vos amis, qui soit victime de ce genre d'employeur. Mais la situation de l'emploi s'aggrave tellement que dans un avenir plus ou moins proche, le salarié de la grande distribution privé de son foyer un jour férié, cela pourrait être un de vos proches. Cela pourrait être un ami, un membre de votre famille. Et… cela pourrait être vous-même.
S'il vous plait, de grâce, sanctionnez de telles enseignes. Boycottez-les. Vous avez ce pouvoir.
Précédent article sur la journée de la solidarité :
Cette semaine, une de mes amies a été horriblement déçue par son médecin. Certes, en ce moment l'actualité regorge de sujets préoccupants, mais ce qu'a constaté mon amie concerne notre santé, et à ce titre, cela m'inquiète suffisamment pour que je vous en parle. A vrai dire, j'ai même eu du mal à m'endormir hier soir, parce que je ressassais cette histoire malsaine.
Elle souffre de migraines plus ou moins chroniques, et peut-être d'origine nerveuse puisque mon amie est aussi ma collègue et que notre employeur est particulièrement odieux. Toujours est-il que lundi dernier, elle est allée voir son médecin, le docteur M-H, dans la commune d'E… (mes amis, vérifiez les initiales de vos praticiens…).
Après consultation, mon amie a demandé un arrêt de travail. Notez que le médecin ne l'a pas proposé spontanément. Le docteur a accordé la journée du lundi, mais comme mon amie se sentait vraiment mal, elle a insisté pour avoir encore trois jours, et elle a heureusement pu finir par les obtenir.
Que faut-il en conclure ?
-Le nombre de jours d'arrêt de travail que ce médecin estime nécessaires à votre rétablissement peut varier de 0 à 4 en fonction de votre aplomb et de votre insistance. Mon amie ne peut plus avoir conficance en sa sincérité quant à sa santé.
-Si vous pensez que votre mauvais état de santé est évident et que le médecin est censé proposer de lui-même un arrêt de travail, il faut malheureusement vous détromper : de nombreux praticiens sont prêts à vous sacrifier pour obtenir je ne sais trop quel avantage de la sécu ; il en va de même pour les examens, les renvois vers des spécialistes et la prescription de médicaments : plusieurs expériences ont été observées dans ce sens.
-Les personnes timides, qui ont peur de se faire rembarrer méchamment si elles avouent avoir besoin de repos (et certains médecins se le permettent, eh oui) n'ont qu'à aller crever sur leur lieu de travail.
Où sont les médecins fiables ? Je l'ignore. Peut-être à l'hôpital ? Je pense que la prochaine fois que je me sentirai mal, j'attendrai que cela soit suffisamment important pour justifier une consultation aux urgences (si la grève des urgentistes s'est achevée d'ici là, bien sûr) plutôt que d'aller engraisser un médecin de ville. Le docteur Sch. exerçant dans la commune de W m'a envoyée au boulot avec 10 de tension. Je crois que je vais finir par me tourner vers les médecines parallèles, certes non remboursées : il me semble que quand on fait le calcul du temps passé dans la salle d'attente et des franchises sur la consultation et les médicaments, ceux qui consultent des thérapeutes non médecins ne sont pas si perdants que ça. Ces thérapeutes qui n'ont pas eu la chance de faire 10 ans d'études ne me paraissent pas moins dignes de confiance que certains médecins qui font passer des intérêts personnels avant la santé du patient.
Ah oui, j'allais oublier une précision importante. Une tante de mon fils obtient facilement des arrêts de travail alors qu'elle est plutôt mieux portante que ma collègue et moi. J'ai fini par comprendre son astuce : quand elle va voir un médecin, elle se fait systématiquement accompagner. Et c'est logique. Imaginez qu'un médecin ne vous accorde pas de repos. Si vous deviez faire dans les heures ou les jours qui suivent votre consultation un malaise sur votre lieu de travail, il est clair que le praticien n'a pas spécialement envie que quelqu'un puisse témoigner qu'il était au courant que vous alliez mal. Donc la leçon à retenir, c'est qu'il ne faut jamais se rendre seul à une consultation chez un médecin de ville. Ceci jusqu'à ce qu'un gouvernement, dans un sursaut d'éthique, daigne mettre de l'ordre entre les vraies dépenses de santé et les dépenses injustifiées de la Sécu.
Eh oui, vous allez me prendre pour une fainéante finie et c'est tant pis, mais il s'agit de ce que j'ai retenu en premier de l'intervention de M. Sarkozy d'hier.
Sur le fond, je trouve qu'il a raison en ce qui concerne les salariés qui accumulent les RTT et ne peuvent pas les prendre : il vaut mieux les monnayer et en profiter tout de suite plutôt que les capitaliser sur un compte-épargne-temps sans même savoir si on vivra assez longtemps pour en bénéficier un jour.
Mais tout de même, quand on y pense, quel constat d'échec ! En toute logique, à l'origine, si on avait une équipe de 10 personnes qui travaillaient 39 h, on obtenait, hebdomadairement, 390 h de travail. Avec les 35 h, on n'en avait plus que 350, et on serait à peu près retombé sur le compte exact en embauchant une onzième personne, qui aurait porté le total des heures de l'équipe à 385 h. Or, ce partage du travail ne s'est pas fait.
Je sais bien, ce n'est pas toujours si simple. Il y a des équipes de gens de même qualification toutes petites, qu'il aurait donc fallu compléter d'un demi-poste, et il y a des fonctions qui ne se prêtent pas bien au temps partiel. Cependant, j'ai l'impression amère que tout n'a pas été fait pour chercher – et trouver – les solutions adéquates. Peut-être faudrait-il admettre que même des postes de gestion et de direction peuvent être partagés, si tout le monde est sous le sceau du secret professionnel de la même façon.
Prenons un exemple : de nombreux enseignants travaillent à mi-temps. Si on admet l'idée qu'une classe peut être menée par deux personnes, à plus forte raison, c'est le cas pour une équipe de production, une entreprise, composée d'adultes qui ont bien moins d'attentes par rapport à leur leader que des enfants qui apprennent à lire. Peut-être faudrait-il arrêter de penser « le, la PDG de l'entreprise Bidule » et commencer à dire « les PDG ». Il est bien connu que les gens qui occupent de tels postes ne peuvent pas compter leurs heures, et que leur rémunération peut largement être partagée entre plusieurs personnes sans qu'ils se retrouvent au SAMU social.
Oui, je crois que nous n'avons pas exploré toutes les pistes qui permettraient le partage du travail. Que, dans l'immédiat, on permette à ceux qui ont des RTT en trop d'en profiter pécuniairement, cela paraît équitable. Mais remettre en question l'essence même des 35 h, permettez-moi de penser que c'est fort dommage. Je pense que la première démarche à faire, ce serait de vérifier les répartitions de postes de travail au peigne fin, et de prévoir de très lourdes sanctions financières pour les entreprises qui, techniquement, peuvent embaucher davantage mais ne le font pas, et je pense à des sanctions réellement dissuasives, qui ne laissent pas le choix. Des sanctions qui ne permettraient pas de faire de sordides calculs du genre « Est-ce qu'il vaut mieux embaucher davantage et sortir le personnel d'une situation de surcharge de travail ou payer l'amende ? ». Pour les entreprises où des problèmes se posent du fait de fonctions difficiles à partager entre plusieurs personnes, on devrait leur laisser un délai raisonnable, d'un an par exemple, pour trouver une solution, puis leur appliquer le même régime coercitif qu'aux autres.
De toute façon, des personnes qui souffrent d'être surchargées de travail n'auront guère envie de consommer. Les avantages qu'on donne au patronat sont donc des cadeaux empoisonnés : ils minent le moral des ménages, la consommation et donc les profits à long terme pour les employeurs. C'est un peu comme si on donnait trop de bonbons à des enfants pour leur faire plaisir dans l'immédiat, sans se soucier de leur santé plus tard. Et pourtant, on dit bien que qui aime bien châtie bien.
Par ailleurs, l'idée de travail dominical volontaire m'inquiète énormément. Qui pourra établir que le consentement est réel et spontané ? Comment compte-t-on éviter que des salariés soient « volontaires » pour travailler le dimanche… sous la menace voilée d'un licenciement ? Le travail dominical est extrêmement dangereux, pour les raisons suivantes :
-Il fournit un moyen de pression supplémentaire aux chefs d'entreprise, il pourrait même devenir une sanction déguisée (Untel va travailler le dimanche parce qu'à une réunion il/elle a dit quelque chose de plus intelligent que moi et que je m'en suis senti dévalorisé(e)… ; Unetelle va travailler le dimanche parce qu'elle est enceinte alors qu'elle sait que je n'aime pas avoir à pourvoir des remplacements lors des congés de maternité… ).
-Il compromet l'organisation de grandes fêtes de familles comme les communions ou les mariages par exemple (comment va-t-on s'y prendre pour trouver un WE où tout le monde est libre, hein ?).
-Il éloigne les parents de leurs enfants les jours où il n'y a pas classe. Il complique donc la communication familiale, l'aide aux devoirs, les loisirs en famille. Il compromet ainsi gravement la qualité de l'éducation, et accentue les inégalités sociales : les enfants des foyers où un seul salaire suffit (donc les enfants d'un parent à hauts revenus) seront les seuls à pouvoir bénéficier d'une éducation et d'une aide au travail scolaire qui leur permettent de réussir leurs études plus tard… vous voyez le tableau.
-Et comme si tout cela ne suffisait pas, il augmente considérablement les frais de garde d'enfant (eh oui, si en plus le/la nounou doit percevoir double-rémunération…).
Franchement, le travail dominical mérite encore bien davantage une réprobation de masse et une descente dans la rue que les réformes de régimes de retraite. Qu'on se le dise.
Eeeeeeh… ! Voilà qui est intéressant… L'actualité vient de révéler aux travailleurs ferroviaires une façon plus efficace de faire grève, en exerçant des pressions comparables à celles d'une grève classique, mais en divisant par trois les pertes de salaire.
En effet, jusqu'à très récemment, le discours de nos dirigeants, c'était du genre "la réforme est prête", "nous irons jusqu'au bout", bref des réponses dans un esprit "bras de fer", pas forcément très dignes d'adultes responsables d'ailleurs. Et voilà que tout à coup, on se met à négocier. Que s'est-il donc passé ?
C'est au journal télévisé de mercredi soir que j'ai eu la réponse : la grogne de certains commerçants qui se sont plaints de ce que les gens, privés de moyens de locomotion, ont effectué moins d'achats, et les ont donc moins engraissés. Ils ont particulièrement déploré le manque à gagner du mercredi, jour habituel où les familles font des achats de vêtements et de jouets. Il semble que ces commerçants représentent aux yeux de nos dirigeants un poids autrement plus important que le commun des citoyens.
Donc, Mesdames et Messieurs les cheminots, vous pouvez faire pression sur nos décideurs sans trop pénaliser les autres salariés, ceux qui ont besoin des transports pour se rendre au travail et, cerise sur le gâteau, en limitant considérablement vos pertes de salaires.
FAITES GREVE LES MERCREDIS ET LES SAMEDIS !!
Vous gagnerez en salaire en divisant vos jours de grève par trois, et en popularité en limitant les nuisances subies par vos concitoyens. Vous exercerez par contre le même impact sur la consommation et l'économie, et inciterez le monde du commerce, donc le patronat, à obliger nos dirigeants à vous écouter. Vous pourrez ainsi, à moindres frais, faire entendre la voix de l'ensemble des travailleurs, qui ne pourront guère y rester insensibles.
D'accord, je ne suis pas en train de vous faire un scoop. Cela fait au moins deux jours que les médias en parlent.
Par ailleurs, cette même semaine, nous avons également entendu au journal télévisé que 17 % des salariés, soit environ un sur six, sont smicards.
Dites, VOUS NE CROYEZ PAS QU'IL Y A UN PROBLEME ??
Que faire ? (parce qu'il faut bien faire quelque chose) Descendre dans la rue ? Non, c'est un coup à se retrouver tazé ou repoussé au canon à eau, ou les deux pour faire plein d'étincelles, et nous n'aurions rien gagné. Au contraire, si nous nous lançons dans des grêves intempestives, nous diminuerons nos revenus, et augmenterons encore les disparités de richesses, pour le plus grand plaisir de certains détraqués.
Non, ceux qui se moquent de nous et nous humilient de la sorte, il faut les attaquer là où ils sont vulnérables : l'économie. Il faut que nous sortions de la spirale de surconsommation. Il faut que nous consommions uniquement pour combler nos besoins et nous faire plaisir, et en aucun cas pour suivre des modes (modes qui sont lancées, je pense, dans le seul but de nous inciter à l'achat et de nous appauvrir) ou rechercher le paraître et l'esthétique.
Ne nous rhabillons plus à chaque saison. Recyclons. Détournons. Customisons. Créons. Affichons notre refus de nous appauvrir pour enrichir une minorité. Ce sera bon pour le développement durable, bon pour notre porte-monnaie et bon pour notre moral.
De cette façon, non seulement nous n'engraisserons plus ceux qui détiennent le pouvoir, les capitaux et les moyens de production, mais en plus nous ne souffrirons plus lorsque certains feront étalage de richesse, puisque nos propres besoins d'argent seront considérablement réduits. Nous pourrons alors, comme un enfant injustement corrigé, leur crier à la figure : "Même pas mal !"
CONTEXTE et EVOLUTION DE NOTRE ACTION (avril 2007)
En Octobre 2005, l’ONG belge Netwerk Vlaanderen révélait dans un communiqué de presse les liens financiers entre cinq groupes financiers internationaux (Dexia, Fortis, ING, KBC, AXA) et des entreprises productrices de mines antipersonnel et de bombes à sous-munitions (BASM). Si suite à cette campagne les quatre premiers groupes ont fait évoluer leur politique d’investissement de manière significative, les engagements du groupe AXA restent à ce jour les moins satisfaisants.
Depuis que nous avons entrepris de dénoncer les investissements d’AXA en juin 2006, la position d’AXA n’a pas évolué, que ce soit aux termes de nos divers échanges ou de l’action militante. C’est pourquoi à l’occasion du 8ème anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité d’Ottawa interdisant les mines antipersonnel, Amnesty International France et Handicap International ont résilié leurs contrats d'assurance avec AXA, le jeudi 1er mars 2007, pour protester contre ses investissement dans la fabrication de mines antipersonnel et de bombes à sous-munitions. Quelques jours auparavant, le 23 février, à l’appel du gouvernement norvégien et des ONG, 46 Etats, dont la France, ont signé lors de la conférence d’Oslo une déclaration commune les engageants à aboutir en 2008 à la signature d’un «traité d’interdiction des armes à sous-munitions, qui provoquent des souffrances inacceptables sur les civils», une situation douloureusement illustrée par la récente guerre au Liban. Amnesty International était présente lors de la conférence d’Oslo en tant que membre de la «Coalition contre les sous-munitions».
Récapitulatifs de nos ECHANGES et DIALOGUE avec AXA
Précision : Les investissements pour compte propre correspondent aux investissements qu’AXA effectue avec son propre argent ; les investissements pour compte de tiers correspondent à des produits financiers qu’AXA propose à ses clients : portefeuilles d’actions, sicav…
En mars 2006, la Commission Entreprises a rencontré les directions de la Communication et du Développement Durable d’AXA afin de leur exposer nos préoccupations et demandes d’évolution quant à leur politique d’investissement.
Sur les mines antipersonnel Lors de cette rencontre, AXA nous a informés de leur décision de ne plus investir dans les mines antipersonnel pour compte propre, décision qui a été rendue publique le 03 mai 2006 . Si Amnesty International salue cette évolution, elle ne saurait être pleinement satisfaisante dès lors qu’elle ne prend pas en compte les investissements pour compte de tiers.
Nous demandons donc à AXA de se dégager de l’ensemble des ses positions dans des entreprises faisant commerce de mines antipersonnel et d’exclure toute sorte d’investissement de ce type, de manière permanente.
Sur les armes à sous-munitions A ce jour, AXA ne projette pas de changement dans sa politique d’investissement au sujet des armes à sous-munitions, avançant comme argument que ce système d’armement n’est pas illégal, bien qu’une "réflexion" soit en cours. Nous demandons à AXA d’exclure de ses investissements tout système d’armement qui viole le droit International humanitaire, de se dégager de l’ensemble de ses positions dans des entreprises faisant commerce d’armes à sous-munitions et d’exclure toute sorte d’investissement de ce type, de manière permanente.
POSITION d'AMNESTY INTERNATIONAL France La Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel d’Ottawa, signée en 1997 par 151 Etats dont la France, interdit la fabrication et le commerce de mines antipersonnel. Certaines sous-munitions, dispersées par voie aérienne ou terrestre sur de larges surfaces n’explosent pas à l’impact, et constituent une menace comparable à celle des mines antipersonnel pour les populations civiles. Pouvant être déclenchées au moindre contact ou manipulation, elles entraînent des conséquences physiques, psychiques, sociales et économiques désastreuses pour les victimes, leurs familles et leur communauté. En n’opérant aucune distinction entre populations civiles et cibles militaires, l’utilisation de ces armes viole les principes de discrimination et de proportionnalité du droit International humanitaire. Le projet de Traité international sur le commerce des armes conventionnelles, que soutient Amnesty International dans le cadre de la 8campagne internationale "Control Arms" , permettrait d’interdire le commerce de telles armes violant de façon flagrante les principes du droit humanitaire universellement reconnus- ce qui aurait pour conséquence d’interdire toute exportation de BASM par les entreprises productrices. En février 2006, la Belgique est devenue le premier pays au monde à interdire les BASM et débute une dynamique qui pourrait mener à l’élimination des sous-munitions par la communauté internationale.
Lettre d’Henri de Castries, PDG du groupe AXA, en réponse au courrier de Geneviève Sevrin, Présidente d’Amnesty International France.
Si Amnesty International France se réjouit du dialogue existant, le maintien de la politique d’investissement d’AXA dans des entreprises productrices ou distributrices d’armes à sous-munitions reste inacceptable. AXA justifie sa position en argumentant que ces investissements seront maintenus tant qu’une convention internationale interdisant ce type d’armement n’entrera pas en vigueur. Pourtant leur utilisation viole les principes de discrimination et de proportionnalité du droit international humanitaire. Aussi notre action continue. »
Comme je suis indubitablement d’une personnalité naïve, j’avoue qu’en découvrant ce qui précède, je suis tombée des nues. Certes, je savais déjà qu’il est impossible de trouver un téléphone mobile propre, c’est-à-dire dont le fabriquant n’a aucun lien avec l’armement, et j’ai même envisagé de me passer de cette commodité (idée que j’ai abandonnée parce que je me promène souvent dans des sites retirés en compagnie de mon fils).
En outre, si vous visitez des sites qui parlent du tazer, genre de pistolet qui envoie une décharge électrique qui n’est pas létale ou du moins pas tout de suite, vous apprendrez qu’une grande banque française a des intérêts financiers dans ce joujou diabolique, joujou dont plusieurs victimes étaient des personnes qui ne présentaient aucune menace immédiate justifiant son usage.
Tout cela nous place devant un véritable problème d’information du consommateur. Nous avons déjà partiellement la possibilité d’effectuer des achats responsables, si nous en avons les moyens, au moyen des labels d’agriculture biologique, des étiquettes indiquant si un appareil est gourmand ou non en énergie, de l’information sur le commerce équitable, etc. Il nous est également loisible de repérer les magasins qui sont ouverts les jours fériés et d’éviter de participer à leur chiffre d’affaires.
Par contre, lorsque j’ai tenté, pour le compte de feu mon scrupuleux ex-employeur, de demander à des fournisseurs de produire un certificat attestant que tel article n’avait nullement été produit par la main d’œuvre infantile, cela s’est avéré impossible, faute de traçabilité des différents composants, et c’est déjà dommage. Et devoir effectuer moult recherches sur Internet pour vérifier qu’un bien de consommation ou un produit financier n’a aucun rapport avec l’armement, je trouve cela déplorable.
Mesdames et Messieurs, qui nous gouvernez depuis quelques jours et pour les années à venir, aidez-nous, s’il vous plait, à consommer en toute connaissance de cause, et faites voter pour une obligation d’information de l’acheteur et/ou d’étiquetage des produits. Permettez-nous de consommer responsable, de consommer citoyen. A propos des mines antipersonnel, n’est-il pas autrement plus important de ne pas participer indirectement à l’amputation des jambes d’un enfant que de connaître la consommation en énergie d’un appareil ménager ? Passe encore qu’on produise des moyens de dissuasion pour protéger nos démocraties du premier petit dictateur venu, mais dans notre grande majorité, je pense, nous ne souhaitons pas participer au financement d’armes qui brisent les vies (et les chairs) des civils. De grâce, ne faites pas de nous des belligérants à notre insu.
AB
Je suis absolument de l'avis d'AB que je salue au passage. Ces gens qui expriment leur mécontement à propos des horaires des magasins et qui s'épanchent parfois sur les médias trouveraient scandaleux qu'on les fasse travailler dans de telles conditions. Pour les salariés: si l'on banalisait les dimanches, plus de vie de famille, plus de vie associative, et tout cela pour quel bénéfice ? Pour les magasins: de toute manière le pouvoir d'achat des clients restant le même ou régressant, le chiffre d'affaires global n'augmentera pas, et ne pourra que se répartir sur un plus grand nombre de jours travaillés. Et les charges induites seront en augmentation.
AR
J'ai de plus en plus l'impression que le monde tourne à l'envers : les jours fériés sont travaillés alors que les jours "normaux" on fait le pont, il y a de la canicule au printemps, alors que les fruits et légumes pourrissent en été... Je pense pourtant que chacun devrait pouvoir être libre de ses choix : faire ou non ses achats le dimanche, travailler ou non les dimanches et jours fériés. Malheureusement, ce sont les patrons, guidés par leurs calculs mercantiles, qui décident d'ouvrir les magasins en-dehors des jours normaux. Et leurs employés se sentent sans doute souvent obligés de travailler ce jour-là, faute de quoi ils sont mal vus par leur employeur et risquent à long terme de perdre leur emploi selon des prétextes plus ou moins fallacieux... En tout cas, je reste totalement d'accord avec ma culture ancienne spécifique à l'Alsace-Lorraine : respect des dimanches et jours fériés. Il ne me viendrait pas à l'idée d'aller faire un achat, si petit soit-il, un de ces jours-là. (en effet, En Alsace et en Moselle, on ne travaille pas le vendredi-Saint et la Saint-Etienne lendemain de Noël, et ces jours-là les commerces même alimentaires sont traditionnellement fermés, droit local oblige). FMG
Il me semble souvent que l'un des plus grands ennemis de notre civilisation, c'est l'apparence. L'expérience a souvent prouvé que si vous êtes grand, mince, blanc, avec un beau visage et un corps respirant la jeunesse et la santé, vous aurez une vie bien moins compliquée que si vous mesurez 1 mètre 30 en hauteur et en largeur, le tout avec une origine ethnique différente du pays où vous vivez et des cicatrice d'acné ; c'est bien triste mais c'est ainsi. Le pire, c'est que ce surdimensionnement de l'importance accordée à ce qui se voit ne cesse de progresser comme une gangrène.
Et pourtant, que ne gagnerait-on pas si seulement l'apparence était bannie de notre système de valeurs ! Pour ne citer que quelques bienfaits, disons que :
- la première évidence qui tombe sous le sens, c'est que les rapports humains seraient plus authentiques et qu'il n'y aurait plus de délit de sale tronche ;
- nos économies deviennent considérables quand nous ne nous efforçons pas de suivre les modes, vestimentaires et autres, et si nous ne nous arrêtons pas à l'attrait des emballages de ce que nous consommons ;
- exit le marché de la minceur ; plus personne n'endommagerait sa santé avec des méthodes diverses et variées pour maigrir ;
- idem pour le bronzage à tout prix, les lampes à UV dans des offices non-médicaux, les liftings et tout ce qui peut nous abîmer sous prétexte de nous garder un aspect jeune ;
- la grande gagnante serait notre chère belle planête ; non seulement on produirait moins de déchets si on ne changeait aussi souvent de garde-robe pour suivre des modes, mais en plus l'industrie textile serait considérablement moins polluante si on arrêtait de porter des matières synthétiques à outrance sous prétexte qu'elles sont soit plus moulantes, soit plus transparentes, bref plus sexy que le brave vieux coton ; il y aurait également moins d'emballages polluants sur les biens de consommation.
Mais voilà, même ceux qui ont caressé ou caressent encore le rêve de présider notre nation ont du mal à nous montrer l'exemple. Que les candidats aux présidentielles n'aient pas eu envie de se présenter au public en bermuda, je peux parfaitement le comprendre. Cependant, je me trompe peut-être, mais certains m'ont donné l'impression d'avoir beaucoup investi dans de la communication et du marketing. Nous avons lu et entendu des phrases qui ressemblaient davantage à des slogans commerciaux qu'à des projets pour notre pays ; c'était à se demander si les candidats avaient payé des gens pour leur choisir tel slogan, tel décor, telle tenue, telle police de caractère sur les professions de foi, etc. Si c'est le cas, c'est fort dommage d'avoir investi de l'énergie et/ou de l'argent dans la forme plutôt que dans le fond.
En parlant de politique et donc de gestion de notre nation, plus d'un doit se demander ce que deviendraient des milliers de salariés si les marchés de l'apparence, de la mode, de la minceur, de la jeunesse, du sexe, de l'emballage, etc... s'effondraient. D'une façon tout à fait idéaliste, je serais tentée de répondre que si nous ne cherchions plus à en imposer à nos semblables, nos besoins seraient tellement réduits que nous pourrions sans problème envisager un partage du travail et des revenus. Nous dégagerions ainsi énormément de temps pour nos proches et pour notre épanouissement. Mais ce n'est pas encore demain la veille. Ce sera peut-être pour la génération suivante, je l'espère de tout coeur pour nos enfants.
Ce sont en effet de bonnes idées, qui permettraient de relancer la consommation, et donc d'embaucher du personnel supplémentaire, ce qui ne serait pas dommageable non plus ! En effet, s'il y a toutes les personnes qui "seulement" doivent peser le pour et le contre avant d'acheter le superflu qui leur plairaient mais qu'elles n'ont plus les moyens de se payer, il y a aussi tous ceux qui aimeraient bien travailler pour pouvoir faire face sereinement aux dépenses obligées de la vie quotidienne (logement et nourriture, avant tout) : ceux qui cherchent désespérément leur premier emploi, ceux qui voudraient retrouver un emploi, et ceux qui sont "trop vieux" et qu'on qualifie du doux euphémisme de "seniors" juste avant de les traiter de "vieux croûtons". Pour ceux-là, avoir un emploi permettrait d'accéder au paradis de la consommation. En devenant des consommateurs au vrai sens du terme, ils alimenteraient à leur tour l'économie génératrice d'emplois : créer des emplois relance l'économie. Donner du travail à un maximum de gens ne peut qu'être que bénéfique pour l'ensemble du pays et de la population. D'autrepart, il est malheureux que des aides alimentaires ou pécuniaires telles celles des Restos du Coeur, Banque Alimentaire, Secours Catholique ou Secours Populaire (pour ne citer qu'eux) aient encore à exister dans une civilisation où tout citoyen quel qu'il soit devrait pouvoir être un consommateur à part entière. Chacun devrait avoir les moyens de s'acheter, non seulement le nécessaire mais ce superflu qui génère la satisfaction. La relance de l'emploi relance la consommation et "booste" l'économie, ce qui ne peut qu'améliorer le moral des ménages. Je crois que si ceux qui nous gouvernent et ceux qui tiennent les rênes de l'économie aussi bien nationale que mondiale géraient correctement, nous arriverions à la satisfaction de l'ensemble de la population et aboutirions à la paix sociale. Les besoins de tous étant satisfaits, les conflits n'auraient plus de raisons d'être et chacun pourrait profiter sereinement de ses loisirs une fois son temps de travail achevé. FMG
Tous les soirs ou presque, je suis avec grand intérêt les déclarations de nos douze candidats à la présidence de notre République. Comme tout le monde, je trouve que certaines déclarations sont trop manichéennes, voire carrément binaires, et de ce fait un peu tristement prévisibles.
Mais par contre, je ne finis pas de m'étonner lorsque j'entends les candidats exposer leurs solutions pour lutter contre la chute libre de notre pouvoir d'achat. Par exemple, il faudrait faire des heures supplémentaires pour gagner davantage, et donc pouvoir consommer plus. Il faudrait même travailler jusqu'à un âge fort avancé. Quid des personnes privées d'emploi ? Ou alors, ajouter deux-cents euros à la plupart des salaires et traitements. Oui, mais si les prix augmentent en proportion, qu'y aurons-nous gagné ? Je passe sur les autres propositions, je ne suis pas économiste pour pouvoir toutes les disséquer.
Ce qui me surprend, c'est qu'aucun candidat n'aborde ce qui me semble le problème de fond de la morosité économique actuelle, à savoir la pénibilité du travail. Eh oui, la violence psychologique au travail n'existe pas que dans les ouvrages qui traitent (très bien) du sujet, il ne s'agit pas d'une guerre à l'autre bout du monde qui nous inspire de la compassion mais ne nous concerne pas vraiment. C'est une réalité que nous sommes de plus en plus nombreux à vivre au quotidien. Brimades. Déclassements. Regards contempteurs. Sous-rénumération. Discriminations flagrantes. Nous y sommes tellement habitués que nous finissons par ne même pus y faire attention, bref, par considérer que le harcèlement, si on l'appelle ainsi, est tout simplement le nouveau mode de management.
Seulement voilà, lorsque nous arpentons supermarchés ou marchés en tous genres, nous ne craquons plus aussi facilement devant tel CD, ou tel petit haut qui nous irait si bien même si on en possède déjà un de la même couleur. Lorsqu'un achat n'est pas absolument indispensable, nous nous demandons quelle quantité de plaisir il va nous apporter. Et si nous n'avons pas véritablement le coup de foudre devant l'objet placé en tête de gondole et censé nous tenter, bref si nous hésitons encore, nous regardons le prix... et nous faisons quoi, dans notre petite tête ? Nous convertissons le prix en minutes ou en heures passées sur notre lieu de travail, eh oui ! Et bien souvent, nous trouvons que le jeu n'en vaut pas la chandelle et nous renonçons à l'achat.
C'est une réalité, le consommateur craque de moins en moins souvent, parce que l'argent est devenu vraiment trop pénible à gagner.
Certes, comme je disais, je suis quasiment profane en économie. Cependant, j'ai l'audace de supposer que si la violence au travail était vraiment durement pénalisée, si les dossiers de harcèlement étaient moins difficiles à monter, si nos gros bonnets ne se servaient pas de la sous-rénumération comme outil pour dévaloriser le salarié (je ne crois pas que ceux qui gagnent des dizaines de milliers d'euros soient en mesure de les consommer ; s'ils ne répartissent pas plus équitablement les richesses, ce n'est pas parce que cela les priverait d'argent, mais parce qu'ils souhaitent maintenir leurs subalternes dans un état de dévalorisation et d'insécurité)... eh bien si l'argent était moins pénible à obtenir, nous le dépenserions sans état d'âme. N'avez-vous jamais remarqué que ceux qui ont la chance de ne pas avoir besoin de gagner leur vie consomment plus que les salariés ?
Aussi, j'aimerais bien que nos candidats proposent de moraliser le milieu de l'entreprise (et de l'administration aussi d'ailleurs, elle en a bien besoin) ; notre chère assurance-maladie en sortirait grandement gagnante si elle était soulagée de pourvoir aux remboursements de médicaments et d'arrêt de travail prescrits pour des maux psychosomatiques liés au stress au travail.
Et tant qu'à faire progresser la qualité de vie au travail, je serais ravie que les candidats proposent des mesures en vue de rendre le télétravail possible au maximum de salariés. Les salariés seraient enchantés de ne pas être privés de la présence de ceux qu'ils aiment (notamment leurs enfants) quand ils travaillent, et de ne plus devoir faire une coupe franche dans leur budget en travaillant à temps partiel pour se libérer le mercredi. Et que de déplacements épargnés, de pollution et de risques routiers évités !
Eh oui, si travail signifiait simplement activité et non pénibilité et séparation d'avec ses enfants, nous craquerions à nouveau pour des biens de consommation auxquels nous avons fini par renoncer, donc (oui, oui, je sais, là je fais un raccourci) les commerces tourneraient mieux, pourraient embaucher davantage, idem pour la production de biens, les salariés pourraient être mieux rénumérés, et donc consommer encore davantage... et voilà que nous entrerions dans un cercle vertueux.
Enfin, il serait bien que les candidats pensent à l'éventualité de donner au poste de travail le statut de bien meuble. Ainsi, délocaliser une entreprise reviendrait à commettre un cambriolage et cacher le butin à l'étranger, ce qui pourrait simplifier la pénalisation d'une telle action.
Merci d'avoir lu toutes ces idées jusqu'au bout. Hélas, je pense que si elles étaient bonnes, les candidats y auraient déjà pensé...
Le refrain de la chanson des Restos du Coeur dit :
"Je n'te promets pas le Grand Soir"
Dommage...
Cela dit, ce blog n'a pas pour objet de commenter la politique, l'économie et l'actualité : d'autres le font bien mieux que moi.
Disons simplement que lorsque tel évènement m'inspire une pensée autre que celles déjà énoncées par les médias, je prends mon clavier pour la partager. Idem pour les textes, les vidéos qui m'interpellent.
Ann'Ar ou plus simplement Annar
I L L U S T R A T I O N S
Fond : Pluie de Léonides de 1966
Oiseau : d'après une oeuvre de Ande Cook
M U S I Q U E : Mouron - "Les Etoiles filantes"