Chers lecteurs, à défaut de vous annoncer d'heureuses nouvelles locales des municipales 2008, je puis moins vous raconter la désopilante première séance du nouveau conseil municipal de la commune où je réside.
Comme vous le savez, je faisais partie d'une liste qui fut battue dès le premier tour. Samedi matin, mes camarades et moi-même avons assisté à la séance du conseil municipal d'investiture du nouveau maire et de ses adjoints, afin de soutenir moralement les personnes en tête de notre liste, qui se retrouvent donc conseillers municipaux de l'opposition.
Vous vous souvenez peut-être que notre maire est un homme effacé, timide, soumis, et que c'est sa femme qui, depuis maintenant 7 ans, tient les rênes des affaires communales. Nous les appellerons les époux Robert DUPONT, et nous appellerons l'épouse madame Raymonde DUPONT née MARTIN. Il me semble qu'il s'agit là de noms fictifs bien neutres. (Merci à l'artiste de BD Binet pour les idées de prénoms).
Pour les profanes, l'élection du maire se passe de la façon suivante. Tous les élus se réunissent, par exemple 25 de la liste majoritaire et 8 des listes battues. Le plus âgé d'entre eux préside le début de cette première séance, et organise le scrutin à bulletins secrets, qui désignera le maire, élu au sein de l'assemblée. En principe, il s'agit tout simplement de la personne qui s'est présentée en tête de la liste lors des élections.
Donc, samedi matin, chacun des 33 membres du conseil municipal a mis son bulletin dans l'urne. Puis, le dépouillement s'est fait à haute voix. A part quelques bulletins en faveur de la tête d'une des listes d'opposition, on entendait, invariablement, proclamer :
Robert DUPONT
Robert DUPONT
Robert DUPONT
Robert DUPONT
Robert DUPONT
Lorsque, soudain, on entendit :
Raymonde DUPONT
Hilarité… y compris dans les rangs de la majorité.
Irritée, Raymonde DUPONT répliqua :
« Je ne m'appelle pas DUPONT ! Je m'appelle MARTIN ! »
Nouveau fou-rire. Comme quelqu'un lui a fait observer que, tout de même, DUPONT était son nom marital, elle a conclu :
« Ce n'est pas drôle. »
Après coup, j'ai ressenti une vague de pitié pour notre maire Robert DUPONT. Quel amour il doit recevoir de sa tendre moitié, qui ne veut même pas de son nom !
Je ne vous apprendrai rien en vous écrivant que de nombreux habitants de la Terre ne disposent pas de ce droit, qu'il a été chèrement acquis, etc.
Par contre, il est toujours bon de rappeler que ce sont les abstentions qui permettent des résultats catastrophiques. Lorsqu'une personne est désignée par les urnes avec un taux d'abstention de près de 50 %, cet élu n'est assurément pas représentatif de la population qu'il va administrer.
Ne permettons pas à de telles situations d'arriver demain...
Et, je sais bien que je me répete mais tant pis, observons bien les affiches des candidats (voir l'article précédent).
Mes chers lecteurs, je me permets de vous rappeler ce que je vous écrivais le 1er mars dernier, parce que c'est vraiment très important.
S'agissant des élections municipales, vous allez élire une liste dont la tête sera votre interlocuteur(trice) privilégié(e) pendant les six années à venir pour tous vos tracas locaux et quotidiens. Aussi, dans ce contexte, la couleur politique importe bien moins que la personnalité de celui ou celle qui se présente en tête de la liste.
Si je puis me permettre un petit tuyau pour ne pas commettre d'erreur que l'on pourrait regretter pendant six ans, observez les affiches des différents candidats en présence. Si l'affiche représente l'ensemble des membres de la liste, il y a de fortes chances pour que l'aspirant-maire soit une personne respectueuse de la démocratie. A contrario, si la personne qui brigue le mandat de maire apparaît seule sur l'affiche, évitez de lui accorder vos suffrages : selon toute vraisemblance, cet homme ou cette femme recherche le pouvoir avant tout ; voilà un piètre défenseur des intérêts de ses concitoyens !.
Certains d'entre vous m'ont demandé de raconter encore des anecdotes communales. J'en ai plusieurs en mémoire. A charge pour vous, chers lecteurs, de vérifier si telle ou telle anecdote ne se rapporte pas à quelqu'un ou quelqu'une qui se présente à vos suffrages dimanche.
Il y a l'histoire de ce maire qui a imposé, durant plusieurs années, une réunion sollicitant une demi-douzaine d'agents communaux, juste le soir où se déroulait la fete de l'amicale du personnel communal. Tiens, précisément, il ne l'a pas fait fin 2007, comme quoi il devrait y avoir des élections plus souvent…
Il y a aussi tel premier magistrat, qui laisse tomber au dernier moment une réunion importante se rapportant à l'exécution d'une mission fondamentale de service public, pour se rendre au pot des enseignants… c'est vrai qu'il s'agit là d'un électorat à ne pas négliger. A charge pour son secrétariat de téléphoner à la vingtaine de personnes invitées à la réunion pour les prévenir que celle-ci est reportée, et d'envoyer de nouvelles invitations. On se demande pourquoi les fonctionnaires sont parfois démotivés...
Il y a encore celui-là, qui, absent pour la journée, oblige un adjoint à venir signer à sa place une trentaine de courriers. Manque de chance, il revient avant que les courriers soient remis au bureau de poste, et exige qu'ils soient tous réimprimés, parce que maintenant qu'il est là, il veut les signer en personne. Et après cela, on ose parler de développement durable…
Mais celle que je préfère, c'est le coup des dictionnaires. En ce début d'année scolaire, la commune de Trifouilly-les-Oies a offert à chaque élève de cours moyen 2 un dictionnaire. A vue de nez, d'après la taille des écoles de Trifouilly, je dirais qu'il y avait environ 150 à 200 élèves de CM2 destinataires d'un dictionnaire. Cela partait donc peut-etre d'un bon sentiment. Seulement voilà, les dictionnaires furent livrés au rez-de-chaussée de la mairie, et c'était à l'époque, récente il est vrai, où les services municipaux de Trifouilly ne disposaient pas encore d'un batiment moderne avec ascenseur. Hélas, le bureau du maire se trouvait au second étage, et le premier magistrat entendait bien dédicacer de sa main chaque dictionnaire. Certes, il y avait une petite salle de réunion au rez-de-chaussée où le maire aurait pu tranquillement signer les dictionnaires, mais il n'a pas voulu l'utiliser. Alors, il a fallu que quelques hommes forts du personnel communal lui montent tous les dictionnaires pour que le maire les signe, et qu'ils les redescendent ensuite. Une bonne partie de l'après-midi, le personnel communal effaré a assisté au ballet incessant des dizaines de cartons de dictionnaires qui montaient puis redescendaient les escaliers, alors qu'il aurait été tellement plus facile que le maire descende signer les dictionnaires au rez-de-chaussée, tout simplement. Quand on se dit de gauche, on devrait répugner à se faire servir de la sorte.
C'est tout pour l'instant. Si d'autres histoires me reviennent, je reprendrai mon clavier. En me rendant à des stages entre agents communaux, j'en entends tellement…
Dans une ville pas très loin de chez moi, une polémique s'est récemment enflammée à propos des indemnités de fonction du maire sortant, qui se présente aux élections municipales 2008. Un membre de sa municipalité a fait savoir que ce maire, qui cumule 4 ou 5 mandats, touche chaque mois la somme d'environ 7000 euros (en brut, je suppose...).
En réponse, le maire a fait éditer des tracts (tant pis pour les forêts...) où il déclare que le chiffre de 7000 euros est fantaisiste. Alors, comment s'y retrouver, et qui croire ?
Si le sujet vous intéresse, vous n'avez guère d'autre choix que d'aller vous rendre compte par vous-mêmes, sachant que les documents budgétaires sont publics.
Par exemple, pour tel syndicat intercommunal, les indemnités de fonction figurent au compte n° 658 (si rien n'a changé dans la nomenclature depuis l'époque où j'ai consulté les comptes d'une telle collectivité, en 2006). En gros, les indemnités de l'exécutif équivalent au triple voire au quadruple de celles des membres du bureau (les adjoints pour une commune).
Ainsi, si une commune dispose d'un maire et de 10 adjoints, on peut considérer que chaque adjoint touchera, par an, un treizième de la somme inscrite au budget pour les indemnités de fonction, et que le maire en touchera trois treizièmes. Divisé par douze, le montant obtenu vous donnera une idée de l'indemnité de fonction mensuelle de votre candidat. Les charges sont principalement inscrites sur d'autres lignes budgétaires.
Bien entendu, le même calcul est à faire pour chacun des mandats cumulés par la même personne. A vos calculettes !
Certains résultats du premier tour des élections municipales ont été pour le moins surprenants. Cependant, en entendant des propos d'électeurs, on comprend mieux ce qui s'est passé.
Ainsi, HONTE A CEUX :
- qui sont allés visiter nos aînés ces derniers jours, en leur apportant "LE" bulletin de vote adéquat, et en leur disant ce qu'il fallait voter,
- qui ont fait des navettes pour transporter ces électeurs âgés jusqu'aux bureaux de vote,
- qui se sont rendus dans des immeubles locatifs et ont fait croire aux occupants qu'ils leur faisaient signer une pétition pour l'amélioration du chauffage, alors qu'en réalité les locataires apposaient leur signature sur une liste de soutien à un candidat aux municipales.
Vidéo : Tien An Men, Calogero.
Certes, la comparaison avec la tragédie de Tien An Men est exagérée, mais ce matin, je me suis réveillée bien tristement, avec cette chanson dans la tête.
Par ailleurs, dans la ville où je réside, ma liste a été battue au premier tour, mais fort heureusement, il me semble qu'aucune des pratiques décrites ci-dessus n'a été rapportée. Cette liste s'est constituée un peu tard, et les électeurs ne connaissaient pas assez les personnes, voilà tout.
Vous avez peut-être remarqué la création d'une nouvelle catégorie, intitulée "Municipales". Il ne s'agit pas de vous orienter vers tel ou tel candidat, mais simplement de regrouper des articles qui vous décrivent un peu le fonctionnement des mairies, vu de l'intérieur. Cela peut vous donner envie de contribuer à changer certaines situations, parce qu'après tout, ce sont vos impôts qui les financent.
Dans la commune où je réside, le maire est un homme soumis, et c'est sa femme qui dirige les affaires communales, avec une poigne de fer. C'est en grande partie pour tenter de venir en aide aux employés communaux de ma ville de résidence que je figure sur une liste pour les élections municipales.
Bien sûr, vous avez plus d'affinités pour tel parti que pour tel autre. Cependant, s'agissant des municipales, vous allez élire une liste dont la tête sera votre interlocuteur(trice) privilégié(e) pendant les six années à venir pour tous vos tracas locaux et quotidiens. Aussi, dans ce contexte, le parti importe bien moins que la personnalité de celui ou celle qui se présente en tête de la liste.
Si je puis me permettre un petit conseil amical, observez les affiches des différents candidats en présence. Si l'affiche représente l'ensemble des membres de la liste, il y a de fortes chances pour que l'aspirant-maire soit une personne respectueuse de la démocratie. A contrario, si la personne qui brigue le mandat de maire apparaît seule sur l'affiche, évitez de lui accorder vos suffrages : selon toute vraisemblance, cet homme ou cette femme recherche le pouvoir avant tout ; voilà un piètre défenseur des intérêts de ses concitoyens !.
Le travail dans l'administration territoriale (en l'occurrence, une mairie) peut réserver des surprises. Cette conversation a eu lieu entre un chef de service, et une subordonnée, dont une partie du travail consiste à recevoir le public, émettre les factures et effectuer des opérations comptables pour le Service des Eaux.
-Mouais. Je vous préviens que quand vous reviendrez de votre congé de maternité en janvier 2009, si vous ne restez pas en temps complet, vous ne garderez pas votre poste au Service des Eaux.
-Mais… je ne suis pas à temps complet.
-Ah bon ?? Et depuis quand ?
-Depuis 2004, où j'ai demandé un 70 %. Et depuis fin 2006, je suis à 85 %.
-Quoi ???? Je l'ignorais.
C'est vrai que le pauvre homme n'est chef de service que depuis début 2006. Comprenez-le, en deux ans, il n'a pas pu trouver le temps d'intégrer les temps de travail des 15 personnes de son service. En outre, comme il semble répugner à faire appel à une personne du centre départemental de gestion pour remplacer son agent, il a eu l'idée suivante : faire faire son travail, durant les six mois du congé de maternité, par le chef de service adjoint, un cadre A, ingénieur de son état. Il fallait y penser.
Comme vous le savez, je gagne tant bien que mal ma vie en travaillant dans une mairie. Je participe à la gestion administrative des services techniques. La discussion que j'ai dû subir hier avec mon chef de service, celui que j'appelle Tartempion, et l'adjointe au maire chargée des bâtiments communaux ne manque pas de saveur.
L'objet de la discussion, c'était le rapport fourni par un organisme extérieur sur les possibilités d'économies d'énergie dans les différents bâtiments, un pavé d'une dizaine de centimètres d'épaisseur. Ce rapport est dans la maison depuis plus d'un an, et peut-être même deux ans, et je m'y réfère chaque fois que je dois demander une subvention dans le cadre de travaux préconisés par l'épais document.
Jusqu'ici, tout allait bien. Et voilà que la mairie a prévu de remplacer deux portes dans une école, alors que le rapport conseille d'en remplacer une seule. Pourquoi ? Je n'ai pas approfondi la question, il est vrai. Sans doute n'ont-elles pas la même exposition, nord ou sud, ou ne sont-elles pas soumises aux vents et aux précipitations de la même façon. Bref, moi, la douce imbécile, j'ai signalé qu'une seule porte sera prise en compte dans le cadre de la subvention potentielle.
Et vlan ! Réaction de l'adjointe. Elle me convoque, si j'ose dire, et là, à ma grande stupéfaction, j'apprends :
-que le rapport n'était qu'un projet, et que les services techniques étaient censés l'analyser dès sa réception pour signaler d'éventuelles erreurs (mais bien sûr, ce n'est pas Tartempion qui a eu à subir des affronts irréfléchis de la part de l'adjointe, mais moi-même)
-que je manque de bon sens et qu'il devrait me sembler évident que si le remplacement d'une porte est subventionné, l'autre l'est également,
-que l'organisme qui a produit le rapport n'est pas infaillible, et que nous, pauvres services techniques d'une petite ville, devons vérifier point par point les dires des ingénieurs qui l'ont rédigé,
-que moi, qui suis de formation juridique et non technicienne, je dois m'atteler à cette tâche puisque Tartempion (ingénieur, lui) ne l'a pas fait.
Très polie comme toujours, je fais remarquer avec tact que je ne suis pas compétente dans ce domaine. Fureur de l'adjointe, qui me répond :
-que je n'ai qu'à aller consulter les plans des bâtiments, que j'y trouverai tous les détails nécessaires sur les simples et doubles vitrages des fenêtres, sur la composition des isolations et sur la puissance des luminaires,
-que de toute façon quand on travaille dans un service technique, on doit être à même de fournir n'importe quel travail qui se rapporte au domaine technique.
Voilà pourquoi j'ai titré cet article « MDR ». Si je poursuis le raisonnement de l'adjointe, cela signifie que si j'étais cadre administratif dans un hôpital, je devrais être à même d'opérer les patients !!!!! Cette anecdote a beaucoup amusé mes collègues, et j'espère qu'elle vous a également divertis.
Si dans votre commune il y a plusieurs listes dites « de gauche », de grâce, votez communiste, ou alors à la rigueur votez à droite. Tout mais pas des gens qui se prétendent de gauche mais qui manifestent de l'hostilité aux travailleurs que nous sommes, vous et moi.
Ce soir, je me sens d'humeur à vous faire rire un peu. Aussi, je vais vous raconter un autre épisode de mes démélés avec Tartempion et Chieuznogoud.
Comme vous le savez, dans l'administration où je gagne mon pain, j'ai dans les pattes une femme proche de la retraite, mais bien plus sénile que mon adorable voisine de 91 ans. Elle est hiérarchiquement juste au dessous de moi, et Tartempion c'est notre chef de service. Vous allez voir que c'est parfois dur, la vie d'un cadre intermédiaire dans le secteur public.
Ce matin, coup de fil de Tartempion, qui était sorti du bureau. J'apprends que je suis censée rendre à 17 heures un gigantesque tableau retraçant toutes les opérations d'investissement auxquelles nous procédons, tant en dépenses qu'en recettes. Bien sûr, cela faisait déjà quelques jours que je travaillais à cette giga-feuille de calcul (d'à peu près 50 colonnes, et près du double de lignes, le genre de truc à imprimer en format A3 en demandant une réduction à 30 ou 40 %...) mais comme il n'y avait pas véritablement urgence, je me mettais dessus lorsque j'avais un "trou" dans mon emploi du temps. Et voilà que brusquement, il faut que ce soit terminé en quelques heures.
Le problème, c'est qu'une bonne partie des données, Chieuznogoud est la seule à pouvoir les rentrer dans le tableau, puisque que c'est elle qui gère la partie "dépenses" (en l'absence de sa collègue, la responsable des achats, qui est en vacances bien méritées). Certes, en farfouillant dans le logiciel comptable qui, heureusement, n'est pas retors et vicelard comme ma petite Iznogoud, j'ai pu dénicher une bonne partie des chiffres. Mais ce logiciel a ses limites, et il ne m'indique pas où en sont les consultations, les publications d'appels d'offres, les ouvertures de plis, etc.
Evidemment, Tartempion n'ose pas demander lui-même à Chieuznogoud de me fournir les renseignements nécessaires pour compléter le tableau, il a bien trop peur de passer pour le méchant qui donne du travail aux yeux de cette vétérane de la fonction publique. Il vaut mieux que ce soit AB, n'est-ce pas, qui se fasse envoyer sur les roses, au cas où elles auraient trop d'épines.
Donc, ce matin, je vais trouver Agecagonix... euh pardon ! Chieuznogoud, et lui explique, avec le plus grand calme, sans vouloir me vanter, et une patience infinie, que j'ai imprimé la partie "dépenses" du tableau, que - oh quelle chance ! - les montants des prévisions et du réalisé y sont déjà, mais qu'il faudrait juste qu'elle veuille bien me remplir les petites cases, là, avec l'état d'avancement des opérations.
Dans un premier temps, Chieuznogoud essaie de s'en sortir en me disant que c'est à l'ancien chef des ateliers municipaux (et pourquoi pas l'actuel ? mystère que je renonce à éclaircir) que je dois m'adresser pour qu'il me dise où en sont les chantiers. Je reste très, très calme, fais semblant de croire que vraiment elle ne se souvient plus de ce qu'il faut mettre comme informations dans le tableau, et lui rappelle tout doucement que ce que les élus veulent y voir figurer, c'est l'état d'avancement des dossiers de dépenses sur le plan administratif, donc son rayon à elle.
Evidemment, refus tout net de mon aînée. J'ai l'habitude : comme c'est Tartempion qui remplit les fiches annuelles de notation, si ce n'est pas Tartempion en personne qui demande un boulot, Chieuznogoud ne fait pas, voilà.
J'insiste un peu, en vain, et finalement lui laisse le tableau à remplir, au cas où elle reviendrait à la raison dans la matinée, étant donné qu'elle n'est pas présente le vendredi après-midi.
Et maintenant, devinez quoi ? Tartempion revient au bureau, va à une réunion, et décide d'y emmener Chieuznogoud alors qu'à peine quelques dizaines de minutes auparavant il m'avait demandé de lui donner un boulot à faire. Dans le genre semeur d'étron, ce n'est pas mal.
Bref, après avoir envoyé quelques mails à droite et à gauche pour me couvrir, j'ai conscienseusement renseigné la partie "recettes" de la giga-feuille de calcul. Cela tombe bien, c'est la partie la plus dense, et donc la plus intéressante pour l'amoureuse d'Excel que je suis. Non, je ne suis pas en train de prétendre que nous réalisons plus de recettes que de dépenses, nous ne sommes point doués comme ça. Simplement, une seule dépense peut être financée par de multiples rentrées de recettes distinctes.
Au fait, j'oubliais, nous avons un nouveau Picsou tout neuf. L'ancien n'en pouvait plus, ce qui est parfaitement compréhensible. Bien sûr, en tant que fonctionnaires, nous apprécions énormément notre relative sécurité, mais voilà de quoi méditer pour ceux qui croient que nos conditions d'emploi sont idylliques... ;-))
Il n'y a pas que la ville de Petautschnock qui connaît des situations cocasses dues à l'inimitié entre certains agents. Pour ma part, dans ma mairie, j'ai mon Iznogoud personnel, et ce soir j'ai envie de vous faire sourire un peu.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas le contre-héros créé par les artistes René Goscinny et Jean Tabary, un Iznogoud (de l'anglais « he's no good » - il n'est pas bon) c'est quelqu'un qui est hiérarchiquement juste en dessous de vous, et qui serait prêt à faire n'importe quoi pour vous piquer votre place. Si, si, vous en avez sûrement un…
La mienne, parce que c'est une fille, cherche constamment à me shunter dans toutes sortes d'affaires. Et parfois même elle y arrive, certaines personnes un peu vieux jeu ayant tendance à lui faire confiance parce qu'elle pourrait être ma mère. Ce qui me fait mourir de rire, c'est qu'elle a la conscience tellement tranquille qu'elle rougit et qu'elle tremble dès que je l'approche… vous imaginez le tableau. Bien évidemment, ce n'est pas moi qui choisis mes collaborateurs, je ne suis pas assez haut placée pour cela.
Aujourd'hui a eu lieu entre nous ce comique échange de courriels. Elle s'était permis de vérifier (dans mon dos bien sûr, sinon ce ne serait même pas drôle) un décompte de main d'oeuvre que j'avais effectué, en vue d'une facturation de travaux de réparation après un sinistre. Mon Iznogoud, nous lui féminiserons son nom et nous l'appellerons Chieuznogoud ; par ailleurs, nous appellerons mon chef M. Tartempion, et celui du service Finances devient ici M. Picsou. Voilà donc ce que cela donne :
De : Mme CHIEUZNOGOUD Envoyé : jeudi 28 juin 2007 11:43 À : AB Cc : M. TARTEMPION; M. PICSOU Objet : Elémentaire Charlemagne - indemnisation du sinistre
OBJET : Ecole élémentaire Charlemagne
Remise en état suite au Sinistre-incendie
AB,
Après examen du décompte des travaux en régie au titre du programme de travaux cité en marge,
Il apparaît qu'une TVA a été appliquée à tort aux tarifs municipaux.
Courtoisement
De :
AB Envoyé : jeudi 28 juin 2007 11:58 À : Mme CHIEUZNOGOUD Cc : M. TARTEMPION; M. PICSOU Objet : RE: Elémentaire Charlemagne - indemnisation du sinistre
En fait, ce n'est pas une TVA, ce sont des frais généraux appliqués systématiquement aux tarifs municipaux lors de la facturation suite à un sinistre. Je vais vérifier tout de même.
Bon, jusque là, c'est effectivement courtois.
De : AB Envoyé : jeudi 28 juin 2007 12:11 À : Mme CHIEUZNOGOUD; M. TARTEMPION; M. PICSOU Objet : RE: Elémentaire Charlemagne - indemnisation du sinistre
La vérification est faite.
Fort désolée (lol) il n'y a aucune erreur de ma part.
Il suffisait de constater que les tarifs municipaux ont été majorés de 20 % (taux des frais généraux) et non de 19,6 % (taux de la TVA).
Là, j'admets que cela faisait 28 minutes que je ruminais le fait que la madame avait ressenti le besoin de faire copie de son message (où elle espérait me mettre en cause) à mon chef et au chef du service finances, et que je commençais à me lâcher un peu. Je ne suis pas certaine qu'elle ait compris le "lol".
De : Mme CHIEUZNOGOUD Envoyé : jeudi 28 juin 2007 12:17 À : AB; M. TARTEMPION; M. PICSOU Objet : RE: Elémentaire Charlemagne - indemnisation du sinistre
Il y a un pb de présentation ; les frais généraux doivent apparaître sur les décomptes
et les tarifs correspondrent (sic !) à ceux mentionnés dans l'arrêté du Maire.
Là, c'est la meilleure. Voilà que mon Iznogoud prétend m'apprendre comment je dois faire mon boulot, où malgré notre grande différence d'âge j'ai plus d'ancienneté qu'elle. Pour un peu, je lui servais un "mdr", mais bon, j'ai réussi à me contenir.
De : AB Envoyé : jeudi 28 juin 2007 12:21 À : Mme CHIEUZNOGOUD; M. TARTEMPION; M. PICSOU Objet : RE: Elémentaire Charlemagne - indemnisation du sinistre
Eh bien non, cela fait des années (notamment depuis l'affaire Assurance Machinchose) que nous ne faisons plus apparaître les frais généraux mais que nous les calculons directement. Sinon, les assureurs et autres débiteurs les contestent.
Ouf, la madame s'est arrêtée là, fort heureusement. A vrai dire, je m'étais dit que si elle m'envoyait encore une énormité à propos de cette affaire en mettant une partie de la hiérarchie en destinataire de copie, cette fois je lui répondais en mettant en copie la mairie toute entière, histoire de lui inculquer (mieux vaut tard que jamais) quelques notions de base en matière de respect.
Comiquement, cette manifestation de grande déférence de ma subalterne intervient juste au moment où on parle dans les journaux de l'affaire de ces trois agents hospitaliers qui, par malveillance, ont administré à leurs supérieures des calmants et des laxatifs.
La loi sur le harcèlement moral vise autant les abjections qui viennent d'en haut que celles qui viennent d'en bas, mais ces dernières sont cependant bien moins connues. Toutefois, tous les cadres moyens savent que la pression vient autant d'en bas que d'en haut, elle est juste le plus souvent moins difficile à gérer dans le premier cas, mais peut-être plus éprouvante sur le plan affectif : ne sommes-nous pas plus proches de notre équipe que de notre hiérarchie ?
Dans le monde du travail, il n'y a pas que des Thénardier, c'est-à-dire des gens qui abusent de leur position d'autorité. Il y a aussi des Iznogoud, tout aussi redoutables. Ce qui est dommage, dans la fonction publique, c'est qu'il est impossible de neutraliser un Iznogoud si on n'est pas suffisamment haut placé pour disposer d'outils coercitifs.
Le maire de Petautschnock, candidat à la députation, a été battu dès le premier tour des législatives dimanche dernier. C'est d'autant plus rageant pour lui que son score ne fut pas si mauvais, avec près de 25 % des suffrages exprimés.
L'heureux vainqueur a remporté moins de 50,5 % des bulletins non nuls.
Selon les règles de scrutin en vigueur, est élu au premier tour le candidat qui a obtenu au moins la moitié des suffrages exprimés plus une voix.
Eh bien, dans cette circonscription, il s'en est fallu de moins de 150 voix pour qu'ait lieu un second tour. Cela correspond plus ou moins au nombre des employés de la mairie de Petautschnock qui résident sur place, de leur famille et de leurs amis.
Certes, c'était un vrai défi que de tenter de nager à contre-courant du tsunami bleu. Cependant, il est indubitable que le maire de Petautschnock serait actuellement en ballottage :
- s'il n'avait opté pour un système de gestion du personnel communal basé sur la déstabilisation psychologique,
- s'il n'avait avalisé les agissements de directeurs qui semblent plus soucieux de satisfaire leur besoin de pouvoir que de gérer les services dans un souci d'efficacité, s'il n'avait feint de croire à des accusations calomnieuses émises par ces dirigeants contre leurs subalternes,
- s'il n'était resté sourd aux sollicitations légitimes d'agents désireux de ne pas perdre le bénéfice des heures supplémentaires auxquelles on les a contraints, lesquelles sont écrêtées chaque 31 décembre,
- s'il ne passait pas devant des employés communaux en les ignorant, s'il tenait parole lorsqu'il promet verbalement à l'un ou à l'autre une meilleure gratification de son travail sans qu'aucun écrit ne suive ces nobles intentions,
- si la ville de Petautschnock n'obligeait pas les agents qui souhaitent un temps partiel leur dégageant leurs mercredis à accepter un 85 %, dans le but de les empêcher de bénéficier des dispositions statutaires avantageuses prévues pour encourager le temps partiel à 80 %.
Bien sûr, les pratiques de ce genre, qui constituent une nouvelle forme de violence au travail, ont un coût financier certain : personnes démotivées, perdant de surcroît un temps précieux à se couvrir et à se justifier, finances gérées par des salariés stressés, absences en raison de malaises psychosomatiques, et j'en passe. Seulement, contrairement au patron privé, l'élu qui dirige une collectivité s'en moque éperdument puisque c'est le contribuable qui paye.
Mais voilà, le maire de Petautschnock a appris à ses dépens que le stress au travail a aussi un coût politique. Se retrouver en ballottage défavorable à l'occasion du scrutin des législatives eût été une défaite bien moins cuisante qu'être battu dès le premier tour. Cependant, grâce au bouche à oreille, ce premier magistrat n'a même pas obtenu la majorité des suffrages exprimés dans sa propre commune. On peut dire qu'en faisant subir de douteuses économies sur des frais de personnel, il a vraiment tout gagné.
Attention ! Ce qui suit est tout simplement incroyable, et pourtant c'est bel et bien arrivé. Cela s'est produit dans une mairie de l'est de la France. Mme V... est responsable administrative des services techniques ; son poste consiste principalement à gérer la section d'investissement du budget communal, et par ailleurs elle est chargée de l'encaissement des subventions obtenues auprès de différents organismes pour des opérations d'investissement (grosses réparations de voirie ou de bâtiments publics). Elle n'a aucune formation technique.
Ce que vous allez lire est inimaginable : sa hiérarchie a monté de toutes pièces une situation dans le but de l'empêcher d'accomplir ses missions, et a émis QUATRE rapports contre elle, destinés au maire de la commune, lui reprochant les délais d'exécution de son travail.
Quand Mme V... a eu connaissance de ces rapports, elle a adressé un mémoire au maire, reprenant point par point les accusations dont elle a fait l'objet, et que je reproduis partiellement dans l'article ci-après. Ce que vous lirez n'est que la partie émergée de l'iceberg, parce que j'ai épuré le mémoire de Mme V... de toutes les accusations autres que celles en rapport avec l'encaissement des subventions. Je peux simplement vous dire qu'elle avait conservé copie de nombreuses notes contradictoires de ses détracteurs, et qu'elle a pu se blanchir intégralement des allégations de sa hiérarchie. Néanmoins, le maire a ignoré la défense de Mme V..., ce qui semble démontrer que c'était lui qui avait commandité cette machination. On dirait que le but poursuivi est de la licencier pour insuffisance professionnelle.
Par pudeur, Mme V... est restée muette sur les raisons pour lesquelles ce maire lui en veut à ce point là.
Il peut être utile de préciser qu'un ancien subalterne de Mme V..., qui était technicien il y a quelques années, est devenu son chef après avoir réussi un examen d'ingénieur. Cela n'est pas fait pour assainir une ambiance de travail.
Par ailleurs, plusieurs collègues de Mme V... ont intenté des procès contre cette commune pour des faits similaires ; il semble que le tribunal administratif est sur le point de leur donner raison. Donc si pareille chose devait vous arriver, NE DESESPEREZ JAMAIS.
Dans le mémoire de Mme V..., je me suis permis de souligner les passages les plus savoureux. Je vous indique encore ci-dessous les fonctions des différents personnages dont vous ferez la connaissance.
LEGENDE DU MEMOIRE DE Mme V...
Mme P… : le Directeur Général des Services ou DGS
M. B… : le nouveau Directeur des Services Techniques (DST)
M. L… : l'ancien DST
M. K… : l'ancien DGS
M. S… : le chef du service population et domaines
Mme M… : la responsable des achats
(absente 2 mois)
M. H… : le responsable du service des eaux, qui paie également les factures EDF et GDF
(absent 3 mois)
Mme Sch… : remplaçante de M. H… depuis novembre 2006
M. O… : le responsable du paiement des factures de fonctionnement (sauf EDF et GDF)
M. I… : l'informaticien
Mme T… : une adjointe au maire
M. A… : un formateur sur le logiciel de gestion des abonnés (eau)
M. Z... : le responsable de l'urbanisme
Il est temps de vous laisser en compagnie de Mme V... Bonne lecture, vous n'en croirez pas vos yeux !
: Mémoire complémentaire aux rapports me concernant
Je fais suite aux quatre rapports qui m'ont été remis lors de notre réunion informelle (sur invitation verbale) du 28 novembre 2006 et émanant, pour deux d'entre eux, de Mme P..., Directeur Général des Services, et pour les deux autres, de M. B..., Directeur des Services Techniques, où je suis affectée. Gardons en mémoire que je réponds ici à quatre rapports dans un seul document.
Je vais commencer par reprendre les propos de nos directeurs dans l'ordre de leur apparition dans les quatre rapports, datant du 3 juillet 2006 au 15 novembre 2006 (et remis, vous le savez, cinq mois après la rédaction du plus ancien). Pour parler rapidement de mes débuts dans les services techniques en septembre 1999, je ne conçois pas comment M. B... peut écrire que « les collègues du service et lui-même » auraient constaté à l'époque un manque de professionnalisme ma part. Tous, excepté M. L..., étaient hiérarchiquement au-dessous de moi. Aucun ne connaissait le volume des tâches que j'ai menées à bien au niveau du suivi du budget d'investissement, du recouvrement des recettes, et de multiples autres dossiers qui étaient de mon ressort. Il ne s'est jamais agi d'un emploi de manager; je n'ai à aucun moment disposé des moyens pour remplir une telle fonction ; dans l'optique de M. L..., il s'agissait plutôt d'un poste de gestion, d'organisation et d'animation.
J'admets avoir eu, en 2002, quelques préoccupations familiales. Cependant, on note que M. L... écrivait dans les feuilles de notation que néanmoins, le travail a toujours bien été accompli. Quant à l'accusation d'avoir abusé en 2002 d'Internet qui nous a été installé en 2004, elle n'appelle aucun commentaire...
Aux propos sur les sollicitations de mes supérieurs avant les promotions successives de M. B..., je réponds, comme pour le manque de professionnalisme : « Qu'en sait-il ? Etait-il concerné ? » Pas du tout, puisqu'il qu'il se trouvait à un niveau hiérarchique inférieur par rapport au mien, et qu'il n'avait qu'une vague connaissance des missions inhérentes à mon travail.
J'en viens à l'énumération d'accusations qui précède la conclusion du premier rapport de M. B... :
- le non-respect des délais dans l'exécution des tâches, la désinvolture systématique et l'inexécution des missions confiées : j'y reviendrai plus loin, à travers les deux exemples précis évoqués dans les rapports du 15 novembre 2006 ;
- le retard dans l'établissement de l'état des recettes en matière de subventions : je joins au présent mémoire copie d'un échange de mails avec Mme P... qui prouve justement le contraire (état des recettes demandé le 9 janvier 2006, sans précision de délai, et livré le lendemain) ;
Les autres points appellent davantage de commentaires. Pour le manque d'autorité, bien que j'aie déjà parlé plus haut de mon rôle qui n'est pas celui d'un manager, il me paraît opportun de vous faire part de faits très graves survenus début 2002. Malgré mes nombreuses sollicitations, M. B..., alors mon subalterne, refusait absolument de respecter quelque peu mon espace de travail. J'occupais le bureau situé entre le sien et celui de M. L..., et il le considérait comme un simple couloir, le traversant à tout propos pour aller voir M. L..., et cela de façon très bruyante, me faisant sursauter à chaque fois par l'extrême brutalité avec laquelle il ouvrait la porte qui séparait nos deux bureaux. J'ai fini, comme le faisaient la plupart de mes collègues, par mettre un meuble devant la porte pour protéger mon espace de ces intrusions qui se produisaient des dizaines de fois par jour. Pourtant, M. B... a persisté à forcer ce passage, en poussant très violemment la porte et le meuble qui se trouvait derrière celle-ci. Un matin à mon arrivée, j'ai trouvé le meuble déplacé sur quelques dizaines de centimètres et la plante verte qui y était posée était renversée au sol. Plusieurs collègues se souviennent encore de l'incident aujourd'hui. M. L..., qui tenait à la paix dans notre service, a passé l'éponge sur l'affaire, sans vouloir chercher à savoir qui avait forcé mon bureau au point d'en arriver à un risque de dégradation de locaux publics, et je l'ai imité. Que M. B... se permette aujourd'hui de vous écrire qu'il a constaté mon manque d'autorité à cette période alors qu'il devrait plutôt me remercier de ne pas avoir donné suite à ses actes de rébellion, à mi-chemin entre la violence psychologique et la violence physique, est consternant. Je considérais ses multiples agressions contre mon lieu de travail, et donc contre la fonction que j'occupais, comme du passé révolu, mais voilà que M. B... les fait remonter à la surface en condamnant la mansuétude dont j'ai fait preuve à son égard.
J'aborde à présent le premier rapport de Mme P..., du 31 août 2006. C'est précisément à cette date que M. B... m'a agressée verbalement avec une telle violence que j'ai déposé une main courante au commissariat de PETAUTSCHNOCK. Le motif de cette agression était que M. B... voulait que je lui démêle des questions techniques sur le revêtement de la rue de Verdun, et que, étant de formation administrative et juridique, je ne pouvais pas lui donner satisfaction. Il a alors eu des débordements verbaux sur ma santé et sur mon divorce. C'était une parenthèse.
Il est choquant que Mme P..., DGS, écrive qu'elle confirme des dires non vérifiés, et qu'elle abonde dans leur sens.
Pour ce qui est du prétendu blocage des subventions, il se trouve que des tâches de toutes natures et hors de mes fonctions m'ont été imposées de fin 2005 à juin 2006. Malheureusement, à l'époque, je ne pensais pas avoir besoin de justifier chacune de mes actions. Je ne peux donc que vous énumérer les tâches que j'ai dû accomplir, sachant que j'ai accepté des ordres donnés verbalement :
- la constitution du dossier de DUP pour la rue des Prés et la lettre au Préfet y afférente (je n'avais jamais touché à une DUP pour la bonne raison que cela ne faisait pas partie de mes attributions) ;
- l'aire d'accueil destinée aux Gens du Voyage : recherches juridiques en vue de l'établissement de notes internes sur la procédure d'expropriation, courriers de consultation du service d'assistance juridique de l'assureur, puis de l'avocat de la Ville, dossier de DUP et lettre au Préfet ;
- la demande au Tribunal de désignation d'un commissaire enquêteur pour le PLU ;
- de multiples documents liés à des dysfonctionnements d'équipements techniques, tels les pannes du chauffage de la mairie, les infiltrations au-dessus de l'ascenseur de la mairie, les démarrages intempestifs de l'alarme de la salle de sports, les infiltrations dans cette même salle : historiques d'incidents techniques en disposant de tellement peu d'éléments qu'il a fallu même demander conseil à un entrepreneur plein de bonne volonté, courriers aux entreprises mises en cause, au maître d'œuvre de la mairie, au service d'assistance juridique de l'assureur, puis de l'avocat de la Ville ;
- lancement de la consultation sur les vêtements de travail, tâche que j'effectuais pour la toute première fois avec tout ce qu'elle implique en matière de sécurité, de qualité, de tailles, etc ;
- les premières versions de la note d'information sur les travaux devant la mairie, dont le contenu ne satisfaisait pas Mme P..., qui cependant n'a pas indiqué tout de suite ce qu'elle souhaitait voir couché par écrit ;
- des courriers divers se rapportant à des questions d'ordre technique plutôt qu'administratif : à des riverains de telle opération, à des particuliers, à des syndics, à la DDE à propos de routes départementales, à l'organisme de coopération intercommunale au sujet d'une piste cyclable.
A propos des différents courriers, j'ai pu vérifier sans problème, en visionnant les documents se trouvant sur le serveur dans le dossier « Services Techniques » que ces affaires purement techniques étaient bel et bien traitées, il y a moins d'un an, par M. L... ; après son départ à la retraite, elles auraient logiquement dû être du ressort de M. B..., son successeur, plus à l'aise que moi dans ces dossiers. De plus, parfois les ordres manquent de précision, et souvent mes écrits ont connu de nombreuses versions différentes, du fait de changements d'avis, indépendants de ma volonté, quant à leur contenu.
Ensuite, durant cette période chargée du premier semestre 2006, M. S... et moi-même avons pu constater que Mme P... nous avait demandé de produire et de rédiger exactement le même document pour la même affaire. J'ose espérer que ce travail demandé inutilement ne résultait que d'étourderie due à une importante charge de travail, sans intention de m'empêcher de trouver le temps matériel de recouvrer les recettes d'investissement.
Enfin, je me permets de rappeler que durant cette période j'étais encore secrétaire du Syndicat des Eaux, mission qui me plaisait, mais dont la charge était devenue difficile à concilier avec mes responsabilités parentales. A cela, il faut ajouter que depuis que j'ai été destituée (sans aucun avertissement préalable) de mes fonctions d'adjointe au chef de service, je n'ai plus le droit d'effectuer des heures au-delà de 18 heures 30, ce qui est fort dommage parce que certains soirs j'aurais pu avancer dans mon travail. J'étais donc contrainte de mener à bien le travail inhérent au Syndicat des Eaux en un temps réduit, tout en satisfaisant à toutes les demandes hors de mes fonctions citées ci-dessus ; dans ces conditions, l'accomplissement de mes propres missions aurait tenu du surnaturel.
J'en viens à la partie la plus simple du présent document, celle pour laquelle je dispose de nombreuses preuves à l'appui de ce qui suit. Il s'agit des factures de fonctionnement que M. B... m'a demandé de traiter en lieu et place de M. H.... Déjà, comment M. B... peut-il affirmer que le 1er octobre 2006 il m'a chargée de remplacer M. H... durant son absence pour maladie, qui est survenue le… 11 octobre 2006 ? En outre, la note de M. B..., dont copie ci-jointe, date du 13 octobre 2006, ce qui représente près de deux semaines d'écart par rapport à ce qu'il déclare.
Je relève par ailleurs la fin de son premier paragraphe, évoquant ma charge de travail : « la gestion de son temps de travail pouvait permettre largement de couvrir cette charge [le remplacement de M. H...]. » Qui est supposé gérer ma charge de travail ? Voilà que M. B... s'accuse lui-même de m'avoir laissée jusque là dans une relative oisiveté.
A présent, il est temps de relater, dans l'ordre chronologique, tout ce qui s'est produit du 13 octobre au 15 novembre 2006. Le 13 octobre 2006, précisément, M. B... m'a demandé de régler un problème avec le prestataire qui gère nos lignes téléphoniques. Il y avait une histoire d'appels venant de fax divers transférés en pleine nuit vers les postes des agents de permanence téléphonique. Bien que ne connaissant rien aux données techniques inhérentes au téléphone, j'ai tenté de donner satisfaction aux collègues réveillés la nuit, d'une part en appelant le prestataire de nos lignes téléphoniques et en essayant d'expliquer le problème, et d'autre part en envoyant un fax à tous les télécopieurs qui envoient des messages nocturnes, pour signaler la situation aux auteurs de ces fax. Compte tenu de mon manque de connaissance en la matière, cela m'a assurément pris plus de temps qu'à une personne qui saurait de quoi elle parle. D'ailleurs, pas plus tard que le mercredi 12 décembre 2006, j'ai fait état à M. B... des difficultés que me posent les signalements d'incidents au prestataire de nos lignes téléphoniques; il m'a répondu, si je traduis en langage courant, que je ai qu'à me tirer d'affaire.
Les factures, quant à elles, m'ont été remises le 16 octobre 2006, les plus anciennes datant du 6 octobre 2006. En prime, M. B... avait ajouté quelques factures normalement du ressort de M. O.... Simultanément, j'étais déjà fort occupée puisque quelques semaines plus tôt, il m'avait demandé de remplacer Mme M..., également absente, au niveau de la commande des agendas (qui comprend le recensement des besoins, la consultation, puis la distribution) et, charge bien plus importante, de la mise à jour de la commande de vêtements de travail. En effet, après essayage, de nombreuses tailles étaient à modifier, et des changements étaient intervenus dans les quantités ; il fallait par ailleurs s'occuper des gants de protection et de commandes complémentaires de sabots de sécurité pour les agents d'entretien. Ce même 16 octobre au matin, j'apprends que je dois assister à une réunion de PLU de plusieurs heures, dont l'objet était l'examen des observations collectées par le commissaire enquêteur. J'aurai l'occasion d'y revenir plus loin.
A l'époque, j'avais été quelque peu surprise d'avoir été chargée de remplacer ces deux collègues simultanément. En effet, Mme M... partage son bureau et une partie de ses attributions avec une autre personne, qui était bel et bien présente durant cette période. A quoi était-elle donc occupée pour que l'on m'oblige à endosser trois postes de travail en même temps ? Comment se fait-il que cette collègue n'ait pu se charger du travail de Mme M..., dont elle partage le bureau ? Par ailleurs, pour ce qui est du paiement de factures, je suis sans doute l'une des moins rodées des Services Techniques à cette tâche. Je n'effectue que quelques paiements par an, et peut-être une bonne vingtaine de titres. Le logiciel comptable est pour moi plutôt un outil de consultation que d'exécution. Jusqu'à fin 2006, lors des congés de M. H..., c'était M. O... qui était chargé de le suppléer pour les tâches urgentes.
Le 17 octobre 2006, j'ai suivi une journée de formation dans un domaine étranger à mon poste de travail. Ma présence à ce stage avait constitué un sujet d'étonnement durant cette journée ; l'on avait cru à une erreur d'aiguillage. Quelques jours plus tard, la chef du service des RH m'a confirmé que l'on n'aurait pas dû m'envoyer à ce stage. Espérons qu'il ne s'agissait pas d'un moyen de me faire perdre une journée de travail.
En outre, d'autres urgences sont venues se greffer sur mon emploi du temps déjà surchargé. J'ai dû faire une note sur la procédure d'achat dans ce service et sur les différentes délégations de signature de bons de commandes actuellement en vigueur. Certes, il semble que tous les services étaient concernés par cette demande, mais apparemment je ne fais pas partie de la cellule Achats, et pourtant c'est bel et bien à moi que la note de M. B... (dont copie jointe) était adressée. Ce travail était à rendre pour le 24 octobre 2006 au matin.
Par ailleurs, j'ai eu une autre demande plus difficile à satisfaire par manque de clarté. Le jeudi 19 octobre 2006, M. B..., dans une note dont copie également ci-joint, m'a demandé de retracer, pour le 20 octobre 2006 « l'évolution des coûts de chauffage et d'électricité pour l'ensemble des locataires des écoles et les autres ». Après beaucoup de recherches dans le bureau inoccupé de M. H..., j'ai fait un tableau retraçant ce que la Ville a facturé en 2005 et 2006 aux locataires de 48 logements, et constaté que l'évolution était inexistante puisqu'il s'agit d'une facturation forfaitaire. C'est alors que Mme T..., à qui étaient destinées ces informations, m'a dit qu'en réalité elle voulait connaître l'évolution du coût de chauffage dans les différentes écoles, afin de mesurer l'impact des travaux visant à l'économie d'énergie… voilà qui avait le mérite d'être clair et logique, mais que de temps perdu, précisément dans cette période où M. B... m'avait chargée de remplacer deux collègues simultanément !
Entretemps, j'avais appris que le papa de mon fils serait en mesure de s'occuper de lui au début des vacances scolaires, soit jusqu'au 26 octobre 2006 à midi, ce qui me permettait de différer mes congés par rapport à ce qui était prévu. Tout à mon soulagement de disposer de temps durant lequel je pourrais me consacrer entièrement au paiement des factures les plus anciennes, il est vrai que j'ai sous-estimé l'impact sur mon « timing » de la mise à jour du logiciel comptable, qui devait intervenir vers le 25. De plus, je croyais qu'une fois la mise à jour effectuée, je pourrais utiliser à nouveau le logiciel comptable, ce qui ne fut pas le cas. En tout état de cause, le fait d'avoir programmé le paiement de ces factures après le 20 octobre ne mettait pas du tout en péril les délais de traitement, j'étais encore largement dans les temps.
Je précise que le soir du 25 octobre 2006, j'ai travaillé jusqu'à 20 heures pour achever la commande de vêtements de travail : je n'ai donc pas profité de l'indisponibilité du logiciel comptable pour m'amuser. Je n'ai rien réclamé pour ces 90 minutes gratuites, partant du principe que je le faisais pour que les agents du Centre Technique Municipal disposent de vêtements adéquats avant l'arrivée du froid. Est-ce vraiment une preuve de désinvolture?
A propos de la commande de vêtements de travail, j'ai eu la désagréable surprise d'apprendre par la suite que M. B... a demandé à l'une des personnes de l'équipe administrative des Services Techniques de contrôler que j'avais bien fait le travail. Ainsi, mon chef me reproche de manquer d'une autorité que par ailleurs il sape en laissant entendre à mes subalternes que je ne suis pas digne de confiance. Plus récemment, il a émis ou fait émettre trois invitations (dont copie en annexe) à des réunions, où mon nom figure après ceux des personnes supposées être sous mes ordres. Alors, pour revenir sur l'accusation contenue dans la pénultième phrase du rapport de Mme P... du 31 août 2006, est-ce vraiment moi qui mets en péril la cohésion des Services Techniques ?
Nous arrivons au matin du 26 octobre 2006, où je ne pouvais toujours pas accéder au logiciel comptable; il y avait une histoire de terminaux qui étaient reprogrammés pour la nouvelle version du logiciel comptable au fur et à mesure, en donnant la priorité à des collègues qui avaient à régler des factures plus anciennes que celles datant du 6 octobre 2006. M. B... était en congé pour la semaine ; il était prévu qu'il reprenne le lundi 30 octobre 2006. Contrairement à ce qu'il a écrit, je n'ai pas déposé les factures, ce 27 octobre 2006 (journée où j'aurais dû être en congé mais où j'ai commis l'erreur de venir au travail) sur le bureau de M. H..., sachant que personne ne l'occupait, mais bel et bien sur le bureau de M. B..., celui-ci revenant le jour ouvré suivant, avec un mot expliquant pourquoi je n'avais pas pu les traiter. Dans l'ensemble, il n'y avait toujours pas de réelle urgence, compte tenu des délais de paiement, mais à condition que M. B... fasse en sorte que les factures soient traitées, en mon absence pour congé annuel, par l'un des collègues qui étaient présents durant cette semaine-là. Si quelqu'un a déposé ces pièces dans un bureau inoccupé, je ne vois pas pourquoi quiconque devrait m'en tenir rigueur. Et si on prétend que c'est moi qui ai commis pareille ineptie, il faut le prouver.
Il y avait également d'autres éléments de courrier de M. H... qui m'étaient restés sur les bras lors de mon départ en congé annuel : des changements d'adresse, des renouvellements de compteurs, des changements de tarification en raison de remplissages de piscines, etc. Il m'avait en effet été signifié que, du 7 au 10 novembre 2006, Mme Sch…, remplaçante de M. H... depuis le 6 novembre 2006, et moi-même serions formées pour traiter ces différentes demandes. Pourquoi me serais-je précipitée pour accomplir incorrectement en octobre des tâches qui pouvaient être effectuées dans les règles de l'art en novembre ? Si, étant déjà surchargée de travail, j'avais demandé aux informaticiens un code d'accès au logiciel de gestion des abonnés et si j'avais pianoté et cliqué à l'instinct dans les menus d'un logiciel inconnu, aurais-je vraiment mieux agi ? J'aurais peut-être tout simplement planté le système. Et conserver les pièces sur mon bureau eût été illogique, vu je n'étais plus censée remplacer M. H... en novembre 2006.
Le 6 novembre 2006, je n'avais toujours pas accès au logiciel comptable. J'ai vérifié qu'il n'y avait aucune urgence dans le courrier qui avait été déposé sur mon bureau durant mes vacances, puis j'ai accompli le travail donné par Mme P....
Le 7 novembre 2006, M. B... fait irruption dans le bureau où se déroule la formation et m'apostrophe à propos des factures d'octobre 2006 de M. H.... Je lui donne calmement les explications demandées. Ce même jour, effectivement, M. I... nous a informés que le logiciel comptable était à nouveau disponible sur le poste de M. H.... J'ai alors demandé à M. B... s'il souhaitait que je traite les factures les plus anciennes ou que je suive la formation, et il m'a répondu, en présence de Mme Sch… et de M. A..., formateur envoyé par la société qui fournit le logiciel de gestion des abonnés, de traiter les factures le lundi suivant, soit le 13 novembre 2006. M. I... se souvient fort bien que ce n'est pas fin octobre 2006 qu'il m'a informée que le poste de M. H... était utilisable, mais bel et bien le 7 novembre 2006, également en présence de Mme Sch… et de M. A....
Au bout du compte, M. I... m'a rendu le logiciel comptable disponible sur mon propre poste peu après, et j'ai démarré le traitement informatique des factures dès l'après-midi du 10 novembre 2006. Je ne vois pas comment, le 15 novembre 2006, M. B... pouvait écrire que je n'avais pas effectué un travail que finalement il m'a demandé de ne commencer que le 13 novembre 2006. Je passe sur les nombreuses péripéties qui ont jalonné cet exercice auquel je ne suis pas rodée, puisque j'effectue dans le cadre de mes missions, je le rappelle, très peu de paiements. Heureusement, toute la partie longue et fastidieuse de la mission, qui consiste à rechercher les données comptables adéquates, les noter sur chaque facture en même temps que la somme en toutes lettres, et apposer les cachets, avait déjà été commencée par mes soins courant octobre 2006. En fait, les premiers engagements avaient été opérés le 20 octobre 2006.
J'ai été surprise de ne pas avoir été conviée à la suite de la formation au logiciel de gestion des abonnés, qui a eu lieu le 7 décembre 2006, ni aux formations récentes sur le logiciel comptable. Autrement dit, cette formation [au logiciel de gestion des abonnés] tronquée, tout comme la journée de stage où j'ai été envoyée le 17 octobre 2006, a eu pour seul effet de m'empêcher d'accomplir mes missions. Ce n'est donc pas moi qui ai négligé les intérêts de la Ville et des « organismes et entreprises ayant rempli une prestation pour la Ville de PETAUTSCHNOCK et attendant d'être rémunérés dans un délai normal ». Ce n'est pas davantage moi qui ai fait obstacle au paiement de ces prestataires pendant une période allant du 30 octobre 2006 au 13 novembre 2006. Il me semble que cette bien triste anecdote, la personne qui a fait preuve de conscience professionnelle, et de conscience tout court, c'est bel et bien moi-même.
J'aborde à présent l'affaire qui s'est déroulée simultanément à celle des factures, à savoir les réunions de PLU. Lors de la première réunion du 16 octobre 2006, à laquelle M. B... m'a demandé d'assister à la dernière minute alors que je n'y étais pas conviée, le groupe de travail avait procédé à l'examen des observations orales (n° 1 à 25) relevées par le Commissaire-Enquêteur ; à l'issue de celle-ci, le représentant du bureau d'étude a dit qu'il ferait son affaire du compte-rendu des projets de réponses aux observations émis par le groupe de travail. Et comme il était proposé qu'une réunion complémentaire ait lieu le 27 octobre 2006, soit pendant les vacances scolaires, M. B... a indiqué d'emblée qu'il ne serait pas là. Bien qu'ayant un enfant scolarisé qui n'a pas encore l'âge de rester seul, j'ai dit que je serais sur la région et qu'éventuellement je pourrais tenter de m'arranger pour venir s'il le fallait. Voilà donc une preuve de plus de mon manque de conscience. Il a été très compliqué pour moi de me libérer cette demi-journée, et pourtant j'étais là.
Lors de la réunion du 27 octobre 2006, où l'on examinait les observations écrites émises durant l'enquête publique relative au PLU, Mme P... m'a demandé de prendre des notes, que je retranscrirais durant la journée du 6 novembre 2006 dans l'optique de permettre la rédaction de projets de réponses. Il n'y avait donc là rien d'extraordinaire au niveau du volume de travail.
Le matin du 6 novembre 2006, j'ai commencé par lire le courrier qui avait été déposé sur mon bureau durant ma semaine de vacances pour vérifier l'absence d'une quelconque urgence prioritaire par rapport aux notes que je devais retranscrire, ce qui est normal après une absence d'une semaine quand on occupe un poste à responsabilités, ceci jusqu'à ce que ma hiérarchie insiste pour que j'interrompe ces vérifications et donne la priorité à la mise au net de mes notes. Je ne me suis donc pas « enfin mise au travail » comme il a été prétendu lors de notre entretien du 28 novembre dernier, j'y étais déjà depuis longtemps.
J'ai d fait ce m'a demandé Mme P..., et comme je l'ai indiqué plus haut, j'ai fini ce travail vers 16 heures 20, soit une petite heure avant de partir pour honorer un rendez-vous médical qui était fixé depuis fort longtemps. Je répète que la tâche consistant à retranscrire ce qui s'est dit au cours de cette réunion n'avait rien de titanesque et ne justifiait pas, à mon sens, de négliger de lire au préalable le courrier arrivé depuis une semaine ; je ne l'ai donc pas accomplie dans l'urgence. A 16 heures 22, j'ai transmis le document à Mme P... et M. Z..., assorti du commentaire suivant : « Voici le 1er jet du CR de la réunion du 27/10. Je vous invite à bien le relire. D'une part, on dit que ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, or je suis profane. D'autre part, je n'ai aucune note sur certaines observations, [il y a lieu de] vérifier donc si vraiment rien n'a été évoqué au cours de la réunion. Cordialement ».
J'apprends donc avec stupeur, à la lecture du rapport de Mme P... du 15 novembre 2006, qu'elle aurait voulu, en réalité, que je rédige d'ores et déjà les réponses aux 15 courriers, tous différents, reçus lors de l'enquête publique et aux 41 observations relevées par le Commissaire Enquêteur. Je peux vous assurer que si j'avais reçu l'ordre de rédiger 56 réponses élaborées (et non pas retranscrire des notes prises lors d'une réunion) en une seule journée, j'aurais eu la franchise de déclarer, poliment, que cet ordre était irréalisable. En tout état de cause, je n'ai reçu aucun ordre, écrit ou verbal, dans ce sens.
Je relève par ailleurs que Mme P... a elle-même lancé les invitations pour la réunion de travail du 5 décembre 2006, toujours à propos du PLU, et qu'elle ne m'y a pas invitée. Elle vous a pourtant écrit que j'avais été conviée à des réunions précédentes en ma qualité de responsable administrative ; or j'ai toujours ce titre, à ma connaissance du moins. Je donne cette précision parce que lorsque j'ai perdu mon statut d'adjointe au DGST, je l'ai appris en lisant les panonceaux aux portes des bureaux. Si j'ai assisté à la réunion du 5 décembre 2006, ce n'est que par pur hasard, pour suppléer quelque peu M. Z..., qui était malade ce jour-jà. J'ignore par contre pourquoi on m'a demandé d'assister à certaines réunions et non à d'autres dans la même affaire.
Voilà pour ce qui est de toutes les accusations contenues dans les quatre rapports qui vous étaient adressés. Toutefois, j'ai toutes les raisons de craindre qu'un cinquième rapport vous parvienne prochainement. En effet, le 5 décembre 2006, M. B... m'a demandé de donner suite à un e-mail qui était arrivé en mairie le… 22 octobre 2006. De même, le 8 décembre, il m'a demandé de répondre à une lettre adressée par M. XXX le 17 septembre 2006. Il m'a remis le dossier, non daté également, par l'intermédiaire de M. G.... Pour ces deux cas précis, j'ai certes des témoins, mais je n'en aurai pas toujours. C'est pourquoi il serait fort utile que vous me fassiez savoir que j'ai recouvré quelque crédibilité aux yeux de la Ville, parce que mon travail gagnera en efficacité lorsque je serai libérée du souci de me couvrir et de me justifier.
Ce qui me gêne dans les rapports émis contre moi, ce n'est pas leur contenu, qui ne résiste pas à une claire démonstration, mais le climat qui y transparaît. On voit que durant la période où ils ont été rédigés, cinq jours de formation inutiles ont été programmés au frais de la Ville, des dizaines de factures bloquées durant deux semaines et, agent payé par le contribuable, j'ai été occupée à des tâches inadéquates ou faisant double emploi.
Je vous précise que je suis à présent tout à fait en droit de porter plainte contre ma hiérarchie, pour dénonciations calomnieuses, selon l'article 226-10 du Code Pénal.
Jusqu'ici, je n'avais jamais voulu faire de vagues avec ce je croyais être des conflits de personnes sans grave impact. Mais maintenant que nous connaissons la gravité de la situation, je profite de la présente pour solliciter de votre bienveillance un relèvement de ma note à son niveau initial de 17, sachant qu'aucun motif sérieux ne justifie que M. B... me l'ait baissée d'un point. Par ailleurs, en raison de tout le temps perdu malgré moi à des tâches hors de mes fonctions, ou faisant double emploi, et à des jours de formation sans rapport avec mon poste, je sollicite également le non-écrêtement de mes heures supplémentaires au 31 décembre 2006.
Enfin, je rappelle qu'à la fin de la réunion du 28 novembre 2006, il m'a été demandé de faire « des progrès » qui seront évalués le 28 février 2007. A la lumière de tout ce qui précède, je me permets de vous demander ce que, concrètement, je dois faire d'ici cette date. En effet, je n'ai provoqué aucune des situations que je vous ai décrites, je les ai toutes subies. Je me sens complètement impuissante devant cet état de fait, j'ignore ce qui en moi le suscite. J'attends donc vos instructions à ce sujet.
J'ai donc trois requêtes à formuler, à savoir le relèvement de ma note, le non-écrêtement des mes heures supplémentaires et la redéfinition des objectifs à atteindre d'ici le 28 février 2007 dans le contexte que vous connaissez.
Le refrain de la chanson des Restos du Coeur dit :
"Je n'te promets pas le Grand Soir"
Dommage...
Cela dit, ce blog n'a pas pour objet de commenter la politique, l'économie et l'actualité : d'autres le font bien mieux que moi.
Disons simplement que lorsque tel évènement m'inspire une pensée autre que celles déjà énoncées par les médias, je prends mon clavier pour la partager. Idem pour les textes, les vidéos qui m'interpellent.
Ann'Ar ou plus simplement Annar
I L L U S T R A T I O N S
Fond : Pluie de Léonides de 1966
Oiseau : d'après une oeuvre de Ande Cook
M U S I Q U E
Daniel Balavoine - "Lady Marlene"