Quand on aime, on trouve toujours une solution. En voici une illustration.
Hier, un cas de grippe A s'est déclaré dans le bâtiment voisin de la mairie où je suis employée. De ce fait, aujourd'hui, des affiches ont fleuri un peu partout dans nos locaux sur la bonne méthode pour se laver les mains.
Par ailleurs, interdiction nous a été notifiée de nous saluer en nous embrassant ou en nous serrant la main. Aussi, des collègues (hommes) se sont salués en se tapant les fesses...
Au fait, pourquoi se fait-on regarder de travers quand on demande si ce ne serait pas plus simple de fermer la mairie pour quelques jours, hein, pourquoi ?
Merci à ces gens qui s'ingénient à nous coller au boulot le plus longtemps possible en proposant des âges toujours plus élevés pour le départ à la retraite.
Grâce à eux, des copilotes ont pu démontrer leur sang froid et leur professionnalisme en faisant atterrir d'urgence un avion, sauvant ainsi la vie d'environ 250 personnes. Le pilote, sexagénaire, était mort en vol !
"Un vol Bruxelles-New York assuré par la compagnie américaine Continental a atterri sans encombre jeudi à sa destination sur l'aéroport de Newark (New Jersey, nord-est) après le décès du pilote aux commandes de l'avion.
Le commandant de bord, un homme de 61 ans originaire du New Jersey (ouest de New York) et qui travaillait depuis 21 ans pour Continental, est décédé «apparemment de causes naturelles», a indiqué la compagnie dans un communiqué, dans l'attente des résultats de l'autopsie.
«Le commandant est mort en vol, un copilote et un autre pilote qui se trouvait également sur le vol Continental 61 contrôlent l'appareil et vont effectuer un atterrissage à Newark entre 11H45 et 12 heures», avait annoncé peu avant l'atterrissage le porte-parole de l'aviation civile américaine (FAA), Jim Peters.
«Nous nous occupons de fournir toute l'aide nécessaire», avait ajouté le responsable, indiquant ignorer les causes du décès. Les pistes de cet aéroport, le deuxième en importance à New York après l'aéroport Kennedy, ont été libérées et les autres avions en phase d'atterrissage ont été mis en attente pour faciliter l'arrivée de l'appareil, a-t-il indiqué.
L'autre pilote qui se trouvait à bord de l'appareil n'était pas en service quand il a été appelé en renfort dans la cabine de pilotage.
Le Boeing 777, un nouveau Boeing que Continental a mis en service cet été entre l'Europe et les Etats-Unis, transportait 247 passagers. La plupart n'ont apparemment compris qu'à l'atterrissage qu'un événement grave s'était produit pendant le vol, d'une durée de plus de huit heures, à un moment encore non déterminé.
«Nous n'étions pas au courant. Ils ont appelé un médecin en disant qu'il y avait une urgence», a indiqué un passager à la chaine de télévision NY1.
«L'équipage s'est concentré sur le maintien du contrôle de l'appareil», a précisé Jim Peters sur la chaine de télévision NY1.
Le Boeing s'est posé sans encombre à l'heure prévue, peu avant midi (16H00 GMT) sur l'aéroport de Newark qui était sa destination finale. Il avait quitté Bruxelles à 9H45 locales.
La mort d'un pilote en vol est un incident peu fréquent dans l'histoire aéronautique, mais c'est le second en peu de temps pour Continental Airlines.
Le 21 janvier 2007, un avion de la même compagnie assurant une liaison entre le Texas et une station balnéaire mexicaine avait dû atterrir d'urgence alors que son pilote était victime d'un grave malaise. Le copilote avait pu faire atterrir l'avion qui transportait 210 passagers, et le pilote était mort à son arrivée à terre."
Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, vient de déposer un amendement censé permettre aux salariés de pouvoir continuer de travailler à domicile lorsqu'ils sont en arrêt maladie, en congé maternité ou en congé parental. C'est un "droit nouveau" pour les travailleurs, a-t-il expliqué lundi lors de la conférence de presse hebdomadaire de l'UMP. Face à des volontaires, l'entreprise ne pourra pas refuser le télétravail "sauf à démontrer que les tâches habituellement exécutées par le salarié ne peuvent l'être que dans les locaux de l'employeur", prévoit le texte de l'amendement déposé sur une proposition de loi, en débat à l'Assemblée nationale de lundi soir à mercredi.
Pour éviter les dérives, Frédéric Lefebvre n'entend pas conférer aux employeurs le droit de demander cette adaptation, même s'il prévoit que ceux-ci puissent "être incités à encourager le passage en télétravail par une réduction sur les charges sociales". Cette proposition a aussitôt suscité une réaction de Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, qui s'est dit très préoccupé des conséquences de cette disposition sur la santé au travail. "Dans un congé maladie, vous pouvez parfaitement être handicapé et maintenu à votre domicile sans pour autant avoir perdu ni vos facultés intellectuelles ni votre énergie", relève de son côté Frédéric Lefebvre. "Tout ça demande des discussions" pour être affiné, a toutefois admis le porte-parole de l'UMP.
Et ci-après, voici quelques extraits des commentaires déposés par les lecteurs (et parfois par Annar en gras-italique) suivi d'un lien permettant de les lire tous :
- Je vais être papa dans 4 mois, et il est vrai, j'ai grande hâte de passer mon temps devant mon pc en télétravail pendant que maman s'occupera du petit. Que de moments privilégiés en perspective ! Fais nous rêver encore... Faisons bosser les vieux en télétravail depuis leur maison de retraite tiens ! Big big big bravo ! Le pognon c'est la vie, le pognon c'est la santé, le pognon c'est l'UMP (idée de slogan pour les prochaines présidentielles).
- Nouveau droit des travailleurs ? Je ne me souviens pas avoir réclamé ça moi !
- Certes il doit y avoir des abus comme dans tout, comme là par exemple, mais si l'on donne un congé c'est pour qu'il soit mené à son terme. Sinon on finit par casser la machine mais M. Lefèvre doit rêver de solution type "Soleil vert". Quant [au télétravail], désolé, les compagnies en reviennent car ça ne fonctionne qu'un temps et sauf cas exceptionnel le rendement n'est finalement pas bon pour l'entreprise. De plus la société de castes qu'est l'Angleterre n'est malheureusement plus qu'une référence de gâchis ! Leurs industries sont off shore et la finance repartira peut-être ailleurs ! - Personnellement, le télétravail je suis à 100 % pour, pour des raisons familiales ET ENVIRONNEMENTALES, mais pas dans ces conditions-là bien sûr !
- "Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, ce qu'on sent aujourd'hui, à la vue du travail ? on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l'amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité suprême. Et puis ! épouvante ! Le « travailleur », justement, est devenu dangereux ! Le monde fourmille d' « individus dangereux » ! Et derrière eux, le danger des dangers ? l'individuum ! (?) Etes-vous complices de la folie actuelle des nations qui ne pensent qu'à produire le plus possible et à s'enrichir le plus possible ? Votre tâche serait de leur présenter l'addition négative : quelles énormes sommes de valeur intérieure sont gaspillées pour une fin aussi extérieure ! Mais qu'est devenue votre valeur intérieure si vous ne savez plus ce que c'est que respirer librement ? si vous n'avez même pas un minimum de maîtrise de vous-même ?". Ah, au fait, c'est de Nietzsche...
- Bravo, excellente idée, le télétravail doit être développé le plus possible. En Angleterre la plupart des mes collègues travaillent à la maison, en France ce n'est pas le cas.
- Encore un qui ne s'est jamais fatigué à travailler durement et à en tomber malade.
- Et si l'on commençait par faire travailler les demandeurs d'emplois, en faisant en sorte qu'ils soient rémunérés par l'entreprise, et non la CPAM ?
- Bientôt il n'y aura plus d'argent pour payer les retraités, alors on leur amènera des ordinateurs pour faire du télétravail à la maison de retraite. Au moins ils ne s'ennuieront plus. Que voulez vous être malade, en maternité retraités à notre époque c'est un privilège d'après l'UMP.
- Bien sûr il faut que ce soit bien encadré. Pour certains emplois, une jambe cassée n'empêche pas de faire du télétravail. Bien évidemment je vois mal un ouvrier de la chaîne de montage Renault bosser chez lui. Je suis un peu dubitatif. En tous cas ce sera dur à mettre en place. A mon avis ça devrait faire flop. En revanche, il faut vraiment faire la chasse aux arrêts maladie de complaisance. C'est un vrai fléau et là, il faut "mettre le paquet". - Oui, mais par expérience, je peux vous dire que les vrais "faux-malades" disposent des moyens et des relations pour ne pas se faire prendre. Ce seront donc les vrais malades qui feront les frais d'un renforcement des contrôles.
- Le télétravail est quelque chose que, en tant que cadre scientifique je défends depuis les années 80, sans beaucoup de succès. Mélanger cette nouvelle forme de travail et congés légaux de type congés parentaux ou autre, alors qu'on n'arrive pas à vraiment instiller le télétravail pour les travailleurs non en congés, c'est juste se f... du monde. - C'est tout de même malheureux qu'on ne trouve pas d'autre cadre que la chasse aux malades et aux mamans pour valoriser le télétravail !!!!!
- Car travailler pendant ses arrêts maladie, donc également pendant les 3 jours de carence (non payés par définition, et je ne parle même pas de la perte des primes).... (sur la base du volontariat, car il n'y aura aucune pression de l'employeur bien entendu ; et étant donné que la grande majorité des arrêts maladie sont tout au plus d'une semaine.... autant aller travailler.... sur son lieu de travail ! Pour éviter cela il faudra créer un nouveau terme (pour ne pas faire l'amalgame) et y associer de nouveaux dispositifs financiers pour le salarié et son employeur (réduction ou suppression de la carence payée par la CQ et/ou l'employeur, allégement des cotisations patronales, primes maintenues partiellement ou non....) Une plus grande utilisation des restrictions médicales au travail est peu être une autre voie à suivre pour assainir les caisses de la CQ, mais attention a ne pas toujours trouver les solutions auprès des mêmes. (pour rappel, le salarié a cotisé durant ses périodes d'activité, le priver de ses droits de facto, même pour la bonne cause, serait anormal) car dans le cas contraire autant interdire tout de suite les arrêts maladie pour les cas ou cette proposition pourrait s'appliquer. Il y a également une dernière petite chose qui me dérange, car lorsque l'on voit la reconnaissance qu'a le patronat envers ses subordonnés en ce moment (même après de longues années de bons et loyaux services), la préoccupation de ces derniers est tout d'abord de pouvoir durer (et pouvoir rebondir le cas échéant)... et les arrêts maladies servent également à cela ! Les abus de certain et la complaisance d'une partie des médecins est un autre débat. - Et dans le cas (fréquent) où un médecin, sous la pression des employeurs, refuse un arrêt de travail, comment ferons-nous pour nous venger en contaminant les membres de la direction si nous devons travailler à la maison ? Hein ? Moi qui, dans ce cas, m'emploie scrupuleusement à arpenter le couloir de la "Direction" en touchant les clenches de portes et les boutons de photocopieuse... ah, quelle calamité, cette Annar !
- Pour l'instant, il n'est question que du travail pendant un arrêt-maladie. Je propose de travailler, jusqu'à 20 h minimum (dans l'entreprise), de 21 à 23 heures le soir (volontariat, c'est moins c... que la télé, normalement), un peu le samedi matin, dimanche début d'après-midi. En vacances, on équipera les plages de bornes wifi. Les jours fériés, c'est vraiment mort, du coup, c'est calme, ça favorise la concentration. Jusqu'à 67 ans. (Mais de 50 à 67, on y réfléchit. Et de 18 à environ 28 ans, on y réfléchit aussi). Ah, je pense aussi que les entreprises devraient favoriser le recrutement des insomniaques (sur certificat médical). En contrepartie, l'entreprise achète les boîtes de pilules (enfin, 50/50), renouvelle le matelas tous les 5 ans, etc. C'est certain, il faut RE-FOR-MER !
- Cet homme a raison, ce n'est pas parce que l'on a des difficultés pour se déplacer que l'on ne peut pas travailler. De plus, prendre trop de distance avec l'entreprise lors d'un congé peut créer des lacunes chez l'employé. C'est une bonne chose, le travail sera mieux valorisé (l'employé faisant des efforts pour suivre ses dossiers sera récompensé). Il est vrai, que le sujet doit être débattu pour éviter les dérives. - Donc, on pose comme situation normale le cas où le salarié de retour de congé maladie subit des conséquences de son absence... ???
- On devrait aussi permettre aux salariés d'accepter de renoncer à leurs congés payés, ou à leurs indemnités de licenciement, ou à une partie de leur salaire. Encore des "droits nouveaux"...
- Il y a peu [de mamans] qui auront le temps véritable de faire du télétravail tout en surveillant le chauffe-biberon, bercer bébé et bien d'autres tâches. Manifestement, cette mesure est destinée aux [mamans] qui auront une nounou à disposition. Toutes les femmes qui font aujourd'hui du télétravail ont l'esprit totalement déchargé des menues tâches quotidiennes... Par conséquent, cette mesurette est à oublier... - Je pense également au bien-être du nourrisson et de l'enfant en général...
- A l'heure où les employeurs font des pieds et des mains pour dégager leur responsabilité en cas de harcèlement moral, sécurité, santé des salariés, accidents du travail et maladies professionnelles (qui peuvent être reconnus en dehors des murs de l'entreprise au domicile du salarié), croyez vous vraiment que les entreprises vont profiter de cette formidable nouvelle opportunité ?! S'agissant des salariés, j'ai le regret de savoir que les cadres qui sont les seuls en pratique à pouvoir être concernés par cette brillante idée sont déjà invités à transporter leur travail à domicile grâce aux joujoux NTIC et n'ont pas attendu cette lumineuse idée pour penser à ne pas couper avec le travail même malades. Quant à l'inquiétude de ne pas marginaliser le malade, j'invite les soucieux à découvrir l'obligation de réintégration et de réadaptation du poste et l'arsenal de mesures permettant d'offrir au salarié une formation professionnelle à son retour dans l'entreprise ! je vous signale également le principe de non discrimination (qui concerne l'état de santé) qui offre des recours efficaces aux malades victimes de mesures patronales portant atteinte à leur emploi ! Je me pose alors la question de l'utilité de cette "idée" ?
- Décidément, jusqu'où iront-ils dans la provocation ? "Travailler plus pour gagner plus" disait l'autre. On voit ce qu'il en a coûté - et sans aucun doute ce qu'il en coûtera encore - d'avoir cru ces balivernes. Laminage, essorage, rétrogradation des classes moyennes. Dans quelques années, quelle France ? 1/ Des riches peu nombreux et plus insolents, dans leurs ghettos luxueux, gardés par des polices privées, 2/ des zones de misère et d'insécurité, 3/ une majorité de salariés, abrutis par des médias aux ordres, agrippés à des rêves de consommation toujours plus incertains (pour eux, l'incertitude économique, sanitaire, culturelle sera la règle), voilà ce que construit chaque jour, obstinément le pouvoir le plus réac qui ait gouverné la France depuis plus de 150 ans...
- Au lieu de s'occuper de relancer l'économie française, on voit que certain députés occupent leur journée à déblatérer des âneries aussi énormes que leur chef vénéré. Pauvre France, de Gaulle aimait son pays, Sarkozy lui son fric et ses amis patrons. À ce rythme là, il n'y aura plus en France d'économie du tout, Madmax ne sera plus qu'un film mais une réalité quasi quotidienne. Le précipice de l'inégalité augmentant, un risque de guerre civil, voire de guerre mondiale est proche. - Je redoute également, à terme, la guerre civile : les choses vont tellement loin...
- Et les morts c'est pour quand ? - Oups ! je trouverai mieux à faire, du moins j'espère ;-))
- Evidemment la personne qui travaille en usine va pouvoir emporter un bout de son usine chez elle et bien sûr tout cela sera fait sur la base du volontariat et si une personne refuse l'entreprise fera tout pour la garder et ne lui fera aucun chantage. UMP = travail le dimanche, jour fériés, en arrêt maladie, enceinte, etc., et tout cela il va de soit sur la base du volontariat parce que pour l'UMP les salarier ont le droit de refuser mais par derrière le droit aussi de se faire virer s'ils refusent.
Voici ce que j'ai lu sur le site du Nouvel Obs (clic sur l'image pour accéder à l'article). Ne connaissant pas bien le fonctionnement de ce site, j'ignore si l'article restera accessible ou non. Aussi, je me permets de le reproduire ci-dessous. Révoltant !
"La société de location de voitures a demandé à ses cadres de combien ils acceptaient de voir leur salaire amputé en attendant la reprise. La somme 0 euros n'était pas proposée.
La société de location de voitures Hertz a demandé à ses cadres de bien vouloir accepter une baisse "volontaire de salaire pour faire face à la crise, affirme Libération jeudi 14 mai. La loi française empêche en effet les employeurs d'amputer les salaires sans l'accord des employés. Il fallait donc qu'Hertz obtienne ce feu vert. En mars, la direction a donc envoyé un courrier aux cadres, réclamant un "effort de solidarité par tous les managers afin de préserver au maximum les emplois" se traduisant par "une réduction en % en fonction du statut, sur le salaire brut de base mensuel pour une période de trois mois (...) sur la base du volontariat".
Problème de méthode
Chaque cadre devait, avant le 30 mars, renvoyer le courrier après avoir coché la case correspondant à son statut dans l'entreprise, chaque statut correspondant à un pourcentage. Aucune case n'était prévue pour s'opposer à cette amputation de salaire et mention était faite que sans réponse "nous considérons que vous avez acceptez".
Des méthodes dénoncées par les syndicats mais beaucoup de salariés "n'ont pas osé dire non. Peur d'avoir une carrière qui n'avance plus ou d'être poussés au départ dans le prochain plan social", selon un proche de la CGT cité par Libération. En 2008, le groupe américain qui emploie 1400 salariés en France a affiché une perte de 1,2 milliard de dollars (0,9 milliard d'euros). En janvier, il a annoncé la suppression de 4000 emplois dans le monde en quatre ans. (nouvelobs.com)."
A présent, je sais où ne jamais louer de véhicules... Et le plus drôle, c'est que Herz signifie, en allemand... COEUR !
Souvenez-vous d'il y a quelques dizaines d'années. Le travail était perçu comme un moyen d'épanouissement, à tel point que de nombreuses femmes au foyer ont cherché à s'insérer dans la vie professionnelle : pour être indépendantes, pour voir du monde.
Bien sûr, le lundi comportait l'inconvénient de se relever tôt après un week-end, mais nous étions contents de nous retrouver. Et d'ailleurs, le lundi, nous étions bien reposés parce que nous n'avions pas passeé le week-end à appréhender la semaine suivante.
Le jour où vous étiez en surcharge de travail, un collègue était toujours prêt à vous aider. Ce collègue n'avait pas peur que sa hiérarchie l'accuse de se tourner les pouces s'il pouvait trouver le temps de vous donner un coup de main. De façon générale, au travail, vous étiez vous, tout simplement, et personne ne cherchait à vous prêter de mauvaises intentions.
Mais, il y a quelques dizaines d'années, vous étiez jeune, sans expérience, et votre salaire était bien plus bas qu'aujourd'hui. Et pourtant, est-ce que vous consommiez ? Oui. Vous aimiez faire les magasins qui vous plaisaient et rentrer à la maison avec des paquets. Vous n'aviez pas l'impression, en faisant des achats, d'engraisser des gens qui maltraitent des salariés comme vous. Un achat était toujours éthique, on n'entendait pas parler de délocalisation et d'exploitation de la main d'oeuvre infantile dans le tiers-monde.
Pour nous redonner envie de consommer, mesdames et messieurs nos dirigeants, avant même de renflouer notre porte-monnaie, commencez par observer dans quelles conditions nous le remplissons. De grâce, rendez plus applicables les lois contre la violence au travail, et durcissez-les, faites cesser ce sentiment d'injustice et d'impunité.
On peut se poser une autre question : la consommation est-elle finalement si souhaitable, compte-tenu de son impact environnemental ? Voilà un autre débat...
Illustration : fr.p-i.be
Attention, j'ai apprécié ce site, mais les références juridiques non communautaires qu'il contient ne concernent que la Belgique.
On croit parfois qu'en achetant des produits plus chers, on protège mieux les droits des travailleurs qui les ont fabriqués.
Hélas, il n'en est rien. Ce n'est rien d'autre qu'un mensonge destiné à nous appauvrir, et donc à creuser davantages les inégalités matérielles qui plaisent tant à certains. Si vous disposez de quelques minutes pour prendre connaissance du texte reproduit ci-dessous, vous allez pouvoir en juger.
J'ai trouvé sur la toile ce long texte grâce aux organismes Peuples Solidaires et Ethique sur Etiquette, que vous pouvez découvrir en cliquant sur les logos ci-dessus.
Personnellement, j'hésite à signer des cyberpétitions qui pourraient amener des personnes indélicates à trop bien me connaître (je pense à des employeurs potentiels qui, paraît-il, sont friands de toutes les indiscrétions qu'ils peuvent trouver sur les candidats à un poste via les moteurs de recherche).
Par contre, nous savons tous désormais quelle marque de sous-vêtements ne mérite pas d'orner nos petits fondements...
"Depuis qu'il a créé sa Maison en 1950, Pierre Cardin, fondateur de sa marque éponyme, est considéré comme l'un des plus grands dans le monde de la mode. Sa griffe est l'une des plus réputées et des plus puissantes du monde. Avec plus de 2 milliards de dollars par an de chiffre d'affaires [1] et 200 000 personnes dans le monde qui travaillent autour de la marque, le succès commercial de l'entreprise est indéniable. Mais Pierre Cardin peut-il prétendre à la même réussite en matière de respect des droits des travailleurs ?
En 1960, l'homme d'affaires est le premier à appliquer un système de licence pour une griffe. Aujourd'hui, l'entreprise gère environ 900 licences réparties dans pas moins de 140 pays, qui lui rapportent des millions d'euros de royalties tous les ans. Mais la société Cardin est-elle en mesure de garantir que les produits fabriqués sous licence le sont dans des conditions décentes ? En août dernier, les travailleurs d'une petite usine indonésienne qui fabrique des sous-vêtements Cardin depuis plus de 10 ans ont fait état des graves abus dont ils faisaient l'objet de la part de leur direction. Alors qu'ils protestaient contre le licenciement abusif du président de leur syndicat, 447 d'entre eux ont été mis à la porte. Depuis, le conflit social n'a fait qu'empirer, et Pierre Cardin, interpellé à plusieurs reprises sur cette affaire, refuse toujours d'intervenir.
Tout a commencé en juillet dernier, par un événement presque anodin, lorsque M.Abidin, le président du syndicat des travailleurs de la chaussure, du textile et de l'habillement de l'usine PT Megariamas Sentosa (SBGTS) a été invité à participer à une formation juridique de quatre jours organisée par la Fédération des syndicats indonésiens indépendants (le GSBI), à laquelle le syndicat est affilié. Bien que la loi indonésienne invite expressément les employeurs à "donner l'opportunité aux responsables syndicaux de participer à des activités syndicales pendant leurs heures de travail" [2], le directeur de l'usine de Megariamas a refusé d'autoriser Abidin à prendre part à cette formation. Et lorsque ce dernier, considérant qu'il était dans son bon droit, a décidé d'assister à cette formation malgré le refus de son patron, il a été purement et simplement licencié.
447 ouvriers abusivement licenciés
L'annonce du licenciement du président du syndicat de Megariamas a provoqué une grande émotion au sein de cette petite usine d'environ 900 salariés, dont les conditions sont particulièrement dures. Instantanément 450 d'entre eux se sont mis en grève, pour réclamer la réintégration immédiate du président de leur syndicat. Ils ont tenté de négocier auprès de leur direction, sans succès. Faute d'accord entre les parties, une seconde grève a été annoncée pour le 4 août suivant. Mais entre-temps, la direction a adressé des lettres d'avertissement à différents membres du SBGTS, au motif fallacieux que les objectifs de production n'auraient pas été atteints. Pour le syndicat, ces lettres n'avaient pour objectif que d'intimider les ouvriers et les dissuader de participer à la grève qui se préparait. Neuf des ouvriers concernés ont d'ailleurs refusé de signer ces lettres qu'ils jugeaient mensongères, et ont alors été, à leur tour, licenciés.
Les différentes réunions qui se sont tenues entre la direction de l'usine et les représentants des travailleurs n'ont pas permis d'aboutir à un accord, et le déclenchement de la seconde grève n'a pas fait fléchir la direction. Au contraire, dès le premier jour de grève, celle-ci a refusé de négocier davantage avec les travailleurs, allant même jusqu'à rejeter toute nouvelle proposition de rencontre et interdire aux grévistes l'accès aux locaux de l'usine.
Le syndicat a alors fait appel au Département du Travail qui est intervenu en faveur des grévistes pour demander que la direction accepte enfin de rencontrer les représentants des travailleurs et de négocier une solution à cette crise. Mais rien n'y a fait : non seulement la direction a maintenu l'interdiction de l'accès à l'usine, mais elle a également licencié 446 de ses employés ayant participé à cette grève, au prétexte qu'il n'y aurait pas eu d'"échec préalable des négociations" comme l'exige la loi en cas de grève...
Depuis, les ouvriers injustement licenciés n'ont cessé de manifester devant l'usine pour protester contre leur licenciement et demander la reconnaissance de leurs droits. Le Département du Travail a émis une recommandation en leur faveur, exigeant de l'usine qu'elle paie les salaires dus ainsi que les indemnités de licenciement que prévoit la loi, mais celle-ci s'y refuse toujours.
Le 25 novembre dernier, le conflit a atteint son paroxysme lorsque la police et les agents de sécurité de Megariamas sont intervenus pour disperser violemment une manifestation des 447 ouvriers, majoritairement des femmes, qui protestaient devant l'usine pour réclamer l'application de la recommandation du Département du Travail. Bilan de l'opération : 30 manifestants blessés et deux hospitalisés.
Pierre Cardin refuse d'intervenir
Face à la détresse de ces ouvriers, et à leur demande, Peuples Solidaires a contacté l'entreprise française Pierre Cardin qui fait fabriquer des sous-vêtements dans cette usine depuis plus de dix ans. Informée des graves abus dont sont victimes les centaines d'ouvrières et d'ouvriers qui fabriquent ses produits depuis des années, et de la sollicitation qui lui était adressée, la société n'a toutefois pas souhaité intervenir auprès de la direction de cette usine, dont elle considère que les activités ne regardent qu'elle."
C'est le titre du message contenu dans la vidéo ci-dessous. Merci à mon amie Isa qui me l'a fait découvrir !
Voici le texte du message :
« Réfléchissons un peu sur le travail du dimanche.
On nous jure aujourd'hui que cela ne concernera que les commerces, vous y croyez ?
Alors, avez-vous pensé que pour faire fonctionner ces gros commerces, il faut des transports, de la logistique, de l'informatique, de la sécurité, des banques, etc ? Bref, des métiers que vous, vous pratiquez actuellement en semaine.
La question est donc plus directe : souhaitez-vous, vous-mêmes, travailler le dimanche ?
Nous serons plus payés… ne soyons pas naïfs ! Bientôt, nos dirigeants nous feront valoir que le dimanche est un jour comme les autres, rémunéré au tarif semaine. Regardez ce qu'il est advenu du lundi de Pentecôte… à quand Noël ? Ah non, au fait, Noël on va le garder car trop de business en jeu pour ce jour-là.
Si je gagne 100, ce n'est pas parce que tout est ouvert le dimanche que je dépenserai 110, à moins que le but soit de me faire emprunter pour faire fonctionner les banques… Je ferai quoi, quand, à force d'avoir emprunté, je serai surendetté(e) ? Devrai-je tout leur redonner et aller coucher sous les ponts ?
Et d'ailleurs, quelle sera la prochaine étape quand tous, nous travaillerons le dimanche ? L'ouverture des commerces la nuit ? Certes, cette étape concernera nos enfants, pas nous. Mais est-ce cela que nous souhaitons pour eux ?
Le ministre dit : « Ce sera sur la base du volontariat. » Qui se voit donc aujourd'hui refuser à son patron de travailler alors que nous avons 3 millions de chômeurs ? Le chantage sera facile. (…)
Et vous, petits commerçants, que faites-vous donc à ne pas vous rebeller ? Vous agoniserez les premiers quand, le dimanche, les voitures actuellement garées dans vos rues commerçantes auront toutes migré sur les immenses parkings gratuits de vos « grands amis ».
Moi, je n'ai pas envie de travailler le dimanche, alors pourquoi demanderais-je aux autres de travailler pour me faciliter la vie ? Cela ne s'appelle-t-il pas de l'égoïsme ? Pourquoi imposerais-je au personnel des grandes surfaces de travailler pour que je puisse acheter le pauvre baril de lessive qui me manque ?
J'ai envie d'échanger, de vivre des moments avec ma famille, de rencontrer mes amis ailleurs que dans le hall de la grande surface voisine. J'ai envie de lire, d'apprendre, de faire des pauses, de faire du sport, de m'investir dans le bénévolat, de contempler, de rire, de voir mes enfants grandir.
Et pour tout cela, le dimanche est irremplaçable.
Diffusez ce message. Il n'est peut-être pas trop tard pour infléchir ces décisions ou pour éclairer nos concitoyens.
Au moins, vous pourrez dire à vos enfants, quand ils vous parleront « des dimanche s d'autrefois » que vous avez quand même essayé de faire quelque chose.
Il est temps de bouger, chers amis. Ne restez pas inactifs ! »
Bien sûr, l'agression qui vient de coûter la vie à un employé de banque était le fait d'une personne non responsable de ses actes, qui a dû faire l'objet d'une mesure d'internement. Cependant, à l'occasion de ce drame, un fait est ressorti : les employés de banques subissent de plus en plus de comportements agressifs de la part de clients.
D'après les personnes interviewées par France Info, la crise économique serait en cause. En effet, des clients en proie au désespoir à cause de leur situation financière personnelle auraient tendance à croire que l'interlocuteur en face d'eux a quelque chose à voir avec la politique menée par son employeur.
De surcroît, les employés de banques sont victimes de pressions de la part de la hiérarchie visant à les pousser à proposer aux clients des produits bancaires qui ne servent pas vraiment leurs intérêts. Au final, les clients se sentent à plus forte raison lésés par leur banque, et parfois c'est le conseiller financier qui en fait les frais.
Ancienne employée de banque, je tiens à témoigner que les conseillers financiers sont des gens comme vous et moi, travaillant dans des ambiances malsaines pour un piètre salaire. J'ai déjà eu l'occasion de vider mon sac à ce sujet (cliquer les mots soulignés).
Par ailleurs, une des dernières fois que j'ai vu mon conseiller financier, il m'a proposé un produit bancaire qui ne m'intéressait pas du tout, en tout cas qui ne cadrait pas avec mes projets. Comme j'ai refusé, il m'a demandé de signer un papier comme quoi il m'avait parlé de ce produit. J'ai alors compris que sa hiérarchie lui demandait des comptes sur le nombres de produits bancaires placés auprès de la clientèle.
En tout cas, ne nous trompons pas d'ennemi. Le méchant, ce n'est pas l'employé(e) de banque qui vous reçoit dans votre établissement financier. Même s'il(elle) nous paraît pénible avec ses produits financiers à placer, c'est quelqu'un qui subit les mêmes pressions que nous au travail, et le danger vient de bien plus haut, on l'aura compris.
Galère hier, à la gare Saint-Lazare ! Mon ami l'Père Cantoche, à qui j'ai emprunté cette illustration (cliquez sur l'image pour accéder à son blog) et son épouse en ont fait les frais.
Je comprends les usagers malchanceux qui ont trouvé les retombées de la grève des cheminots disproportionnées par rapport aux aspirations des salariés de la SNCF. Quoique... risquer des agressions physiques sur mon lieu de travail, je n'aimerais pas trop non plus.
Par contre, je souhaite réagir à la demande qui a été faite à l'entreprise ferroviaire de formuler des excuses. Doit-on, en général, des excuses pour des conséquences ou pour des causes ? En clair, qui nous doit des excuses ? Des salariés comme vous et moi, ou ces gens qui les provoquent en déclarant que les grèves ne se voient pas ?
Avec mon soutien, tant aux cheminots qu'aux usagers.
Amis lecteurs, en cette veille de dimanche de décembre où les magasins seront ouverts, je me permets de vous adresser une petite prière, modeste mais instante :
Allez faire de la luge avec vos enfants !
Jouez à des jeux de société à la maison !
Allez admirer la mer dans ses nuances hivernales !
Allez voir un bon film !
Allez visiter un marché de Noël !
Restez sous la couette !
Boudez les temples de la consommation !
Bien sûr, l'ouverture dominicale des magasins en décembre existe depuis des dizaines d'années et n'a rien à voir avec l'institution du travail le dimanche tout au long de l'année qu'on cherche à nous instaurer.
Cependant, alors que ce thème est particulièrement d'actualité ces dernières semaines, il me semble que bouder au maximum les magasins demain et le dimanche suivant constituerait un signal fort contre l‘épée de Damoclès qui est en train de se balancer au dessus de nos têtes.
En tant que fonctionnaire, je risque moins d'être touchée un jour par le travail dominical que mes amis du secteur privé, et particulièrement du secteur du commerce. Mais je redoute que mes proches soient un jour concernés par ce fléau
Si le travail dominical devenait la règle, que pourrait-il se passer ?
Nous ne verrions plus grandir nos enfants, nous ne pourrions plus les soutenir dans leur travail scolaire. Les frais de garde exploseraient, les frais de soutien scolaire également. L'éducation culturelle et éthique de nos enfants serait confiée à d'autres que nous.
Il n'y aurait plus que le travail de nuit qui bénéficierait d'un bonus de rémunération, puisque le dimanche deviendrait un jour ordinaire. Il n'y aurait donc aucun gain de pouvoir d'achat, et le même volume d'achats serait simplement réparti sur sept jours au lieu de six.
Des employeurs ou supérieurs hiérarchiques peu scrupuleux disposeraient d'un moyen de pression phénoménal, en particulier à l'encontre des salariés parents : le travail dominical deviendrait une sanction déguisée.
Le travail deviendrait encore plus pénible, et par conséquent les salariés auraient de toute façon encore moins envie de consommer : on fonce droit dans un mur sur le plan économique.
Je sais bien que de nombreuses personnes travaillent déjà le dimanche, et je les plains même si c'est leur choix. Je pense en particulier aux profession de la santé. Mais étendre leur situation à l'ensemble des salariés n'allègera pas leur fardeau (au contraire : il y aurait autant d'accidents du travail le dimanche que les autres jours…).
Aussi, si vous pouvez faire autrement, si vous n'êtes pas déjà pris toute la semaine par vos obligations, il serait judicieux de contribuer à faire de ces dimanches travaillés de décembre un bide commercial.
Autres discussions sur le travail dominical sur ce blog :
« Le PDG d'Air France Jean-Cyril Spinetta estime que la grève des pilotes prévue à compter de vendredi contre la réforme de l'âge de départ en retraite va représenter pour la compagnie aérienne un coût "de l'ordre de 100 millions d'euros de résultat".
"Il ne s'agit pas du tout d'un problème de retraite", a affirmé le PDG d'
Air France-KLM jeudi sur RTL. "Ni l'âge du départ en retraite, ni les conditions de ce départ, ni le montant de la retraite, ni les annuités nécessaires ne sont remis en cause, rien ne change, il s'agit de dire à ceux qui veulent continuer à voler après 60 ans qu'ils le peuvent jusqu'à 65 ans", a-t-il assuré. "Nous ouvrons, à travers cette grève inutile, la porte à nos concurrents et (...) ils vont s'y engouffrer", a déploré M. Spinetta. La grève va "profondément affecter la confiance" des clients, sans compter qu'elle est, "pour l'entreprise et ses pilotes, une grève dangereuse", a-t-il ajouté, estimant son coût "de l'ordre de 100 millions d'euros de résultat". "Ça tombe au pire moment", a-t-il noté, en raison de la crise mondiale.
(…)
Les syndicats de pilotes -au premier rang desquels le SNPL- ont appelé à la grève de vendredi à lundi inclus pour protester contre le recul de la limite d'âge de cessation d'activité actuellement discuté par le Parlement. »
Ce que je comprends en considérant les propos du PDG, c'est qu'il réagit comme si la grève était une action dirigée contre l'employeur. Or, dans le cas présent, la grève n'a d'autre but que la sauvegarde de la sécurité des transports aériens.
Je ne sais pas comment l'intervention de M. Spinetta a été ressentie par la plupart des gens, usagers actuels ou potentiels de transports aériens, mais pour ma part j'ai été très profondément choquée que ce monsieur ait, dans une partie de son allocution non reproduite sur les sites que j'ai parcourus, laissé entendre qu'il serait « responsable » de la part des pilotes de renoncer à la grève, cela pour la pérennité de l'entreprise (les cent millions d'euros…).
Or, le vrai comportement responsable n'est-il pas de subir une perte de salaire importante pour que les transports aériens continuent à long terme à être assurés dans les conditions optimales de sécurité ? Ne serait-ce pas l'attitude contraire qui pourrait « profondément affecter la confiance des clients » selon l'expression du PDG ?
Parce que voyez-vous, Monsieur Spinetta, s'il devient permis que les services d'Air-France ne soient plus soucieux de protéger la vie humaine, beaucoup parmi nous ne prendront plus l'avion, tout simplement. Et je félicite à l'avance tous les pilotes qui ne se laisseront pas impressionner par des propos qui semblent n'être motivés que par l'intérêt financier.
Et si, comme on le dit, ce sont des directives européennes qui sont à l'origine du relèvement de l'âge maximum de cessation d'activité, puissent ceux qui ont le pouvoir d'infléchir pareilles décisions entendre la voix des pilotes grévistes !
Hier, lors d'un long trajet en voiture, je me suis retrouvée à Besançon, ville que je n'ai pas le plaisir de connaître, à la recherche d'une pompe à essence. Je suis d'abord tombée sur une station fermée, puis sur un supermarché d'une enseigne qui n'a pas respecté le lundi de Pentecôte… vous savez que j'ai le boycott facile. Seulement voilà, plus je tournais en rond à la recherche d'un supermarché avec station de carburants, plus ma jauge baissait, plus ma fatigue s'accentuait, et plus mon arrivée à la maison et le coucher de mon fils seraient tardifs.
Aussi, en désespoir de cause, j'ai dû faire une chose qui est complètement contraire à mon éthique : j'ai acheté du carburant à une grande enseigne très connue qui osait afficher fièrement une obscénité du style « Votre hyper vous accueille lundi 12 mai 2008. ». Honte à moi, mais quand on doit gérer un jeune enfant qui a classe le lendemain, on est parfois obligé de mettre sa morale au vestiaire.
Je me dois cependant de vous souligner le comble de l'hypocrisie. Sur le parking du grand magasin figuraient des publicités pour des produits de commerce….. équitable ! Ces (CENSURE) qui ont privé des centaines de salariés de leur lundi de Pentecôte ont le front de prétendre nous donner des leçons d'achat responsable.
Cher lecteur, si vous souhaitez comme moi consommer responsable, commencez (du moins comme je m'efforce de le faire) par boycotter les enseignes qui ont ouvert leurs magasins hier, ou durant d'autres jours fériés. Le volontariat en matière de travail les jours fériés n'est pas si spontané : les gens redoutent les retombées sur leur emploi s'ils refusent de s'y soumettre.
Peut-être ne connaissez-vous personne, parmi vos amis, qui soit victime de ce genre d'employeur. Mais la situation de l'emploi s'aggrave tellement que dans un avenir plus ou moins proche, le salarié de la grande distribution privé de son foyer un jour férié, cela pourrait être un de vos proches. Cela pourrait être un ami, un membre de votre famille. Et… cela pourrait être vous-même.
S'il vous plait, de grâce, sanctionnez de telles enseignes. Boycottez-les. Vous avez ce pouvoir.
Précédent article sur la journée de la solidarité :
Cet article sur la coïncidence de deux jours fériés m'amène à rendre hommage à ma première collectivité-employeur, qui n'existe plus en tant que telle. En effet, l'équipe d'élus qui gérait cette mairie l'a perdue aux élections municipales de 1995, après trois mandats.
C'était à l'époque une ville communiste. Nous l'appellerons Rougeville, je trouve que cela lui allait bien, et le rouge est la couleur qu'utilisent les enfants quand ils dessinent un sourire ou un coeur.
A Rougeville, lorsqu'un jour férié tombait un samedi ou un dimanche, il était automatiquement récupéré. Mieux encore : si deux jours consécutifs étaient fériés, l'un des deux était récupéré, en raison du pont perdu. Par exemple, je n'ai plus le calendrier des années 90 en tête, mais je me souviens que si l'Ascension devait tomber le 7 mai, le pont qui en découlait (à Rougeville, on ne travaillait jamais le vendredi qui suivait l'Ascension) coïncidait avec le 8 mai. Aussi, le 8 mai était récupéré un autre jour.
Bien entendu, à Rougeville, les 35 heures ont été instaurées dès le début du 1er mandat de l'équipe municipale, en 1977. Par ailleurs, nous avions environ 6 semaines de congés, soit davantage que la plupart des salariés.
Tous ceux qui le désiraient pouvaient se rendre à la fac de droit la plus proche, un jour par semaine, pour y préparer des examens professionnels et des concours, et cela sans perte de salaire. En plus, l'essence et le repas étaient intégralement remboursés, ce qui fait que se former coûtait moins cher que travailler. Notre Maire, qui lui-même occupait de par sa profession un rang social élevé, tenait à ce que chacun de nous puisse avoir sa chance d'accéder au plus haut niveau possible. Comme la municipalité de Rougeville souhaitait encourager les moins motivés, chaque examen réussi, même très facile, donnait lieu à un échelon de rémunération supplémentaire.
Les réunions de Commissions paritaires étaient programmées pour avoir lieu le lendemain de la proclamation des résultats des concours administratifs, pour que nous soyons nommés instantanément. L'équipe municipale d'après 1995 n'a plus nommé les lauréats de concours et d'examens, mais a créé des emplois fonctionnels pour embaucher qui bon lui semblait. Pour cette raison, après la réussite de mon dernier concours, j'ai changé de collectivité. D'autres sont restés, parce qu'ils avaient des attaches, ou une maison… et ont renoncé au bénéfice de leur réussite à un concours ou un examen.
Par ailleurs le Maire de Rougeville n'oubliait pas le secteur privé. Il est allé soutenir des mouvements sociaux dans des entreprises locales.
Bien sûr, comme toutes les administrations, la mairie de Rougeville a eu à supporter son lot de tire-au-flanc et de profiteurs parmi ses employés. En outre, cette collectivité généreuse a embauché de nombreuses personnes dites « éloignées de l'emploi » et la cohabitation avec certaines d'entre elles n'a pas toujours été facile. Mais dans l'ensemble, nous travaillions de bon cœur, dans une ambiance conviviale, et même je peux vous dire que nous avions tendance à faire bien plus que ce qui nous était demandé. Par ces quelques lignes, je voulais donc témoigner des bienfaits pour l'employeur d'une ambiance de travail bienveillante.
En 1995, un candidat aux élections municipales a en partie bâti sa campagne en attisant la haine de salariés maltraités dans le secteur privé contre les chanceux que nous étions. Cela a fonctionné, et la liste du candidat indélicat a remporté la mairie. ROUGEVILLE N'EST PLUS.
Oups ! Moi qui suis toujours sensible aux conditions de travail des salariés, je réalise à l'instant que je ne vous ai pas encore donné le lien vers le blog de Patrick :
D'autre part, dans les mairies du coin, les choses ne sont pas en voie de s'arranger. Bien sûr, il s'agit là de situations de déstabilisation psychologique qui n'ont rien à voir avec la gravité des agissements dénoncés par le blog de Patrick. Cependant, il est bon de rappeler que les salariés du secteur privé sont plus à l'abri que ceux du public des faits de violence psychologique. En effet, ceux-ci ont forcément un fort retentissement sur la productivité des salariés. Or, dans le privé, l'employeur a à redouter des pertes financières qui par contre indiffèrent complètement l'exécutif d'une administration publique.
Pour autant, je ne retournerais pas dans le privé. A bien y réfléchir, je me rends compte qu'il vaut encore mieux ne pas rigoler tous les jours que craindre pour son emploi.
Pour rebondir sur le blog de Patrick, je voudrais ajouter à quel point j'ai été choquée, lors d'un récent procès relatif à l'amiante, par la clémence des peines encourues par ceux qui ont sciemment exposé des dizaines ou des centaines de personnes aux fibrse mortelles durant des années, alors que par ailleurs un chasseur risquait cinq ans de prison pour avoir tué un ours !
Chers lecteurs, permettez-moi un petit coup de gueule, ou tout du moins d'exprimer ma consternation quant à la logique de l'équipe enseignante de l'école élémentaire fréquentée par mon fils.
La semaine dernière, il a fallu que je signe un petit mot informant les parents que, le dernier jour avant les vacances de Pâques :
-il n'y aura pas classe l'après-midi pour l'ensemble de l'école,
-les cours termineront, le matin, à 11 heures ce jour-là,
-la cantine scolaire ne fonctionnera pas.
Le motif ? Les enseignants ont eu une demi-journée de réunion de travail en dehors des heures de classe, aussi il s'agit pour eux de récupérer leurs heures.
Ah oui ? Mais là, je ne comprends pas très bien. Si je sais bien compter, il y a, dans une semaine d'enseignement primaire, 27 heures de classe : 6 les lundi, mardi, jeudi et vendredi, 3 le samedi. Or, les enseignants sont considérés comme exerçant à temps complet, du moins je le suppose étant donné que les enseignants que je connais gagnent beaucoup plus que moi qui suis cadre dans une mairie. Donc, on considère que, pour effectuer leurs 35 heures hebdomadaires, ils sont censés consacrer 12 heures par semaine à la préparation des cours et à la correction des copies.
Aussi, les 3 heures « perdues » par les enseignants de cette école lors de leur réunion de travail pourraient être récupérées sur les 12 heures de travail hors de la présence des enfants. Pour ce faire, il suffirait que la direction de l'établissement organise, pour ces 3 heures, une activité pédagogique ne donnant pas lieu à des copies écrites à corriger : du sport, ou une demi-journée sur la prévention routière, ou de l'enseignement artistique par exemple.
En l'occurrence, dans cette école, le directeur n'a pas d'élèves. Donc, s'il prenait à sa charge la totalité de l'organisation de cette demi-journée pédagogique sans devoirs écrits, il serait le seul à devoir récupérer le temps qu'aurait exigé cette préparation, en plus des fameuses 3 heures afférentes à la réunion de travail. Comme il n'a pas d'élèves, cela ne gênerait personne. S'il répugne à s'absenter une demi-journée complète, il pourrait par exemple récupérer une demi-heure par après-midi durant deux semaines.
Mais non. On préfère obliger des centaines de parents d'élèves à faire des yeux de cocker à leur employeur pour obtenir un congé ce dernier jour de classe des enfants. En effet, il ne s'agit pas que de prendre l'après-midi en congé, mais également le matin, puisque les enfants seront lâchés dans la rue dès 11 heures. En plus, la cantine est payée forfaitairement au mois, et bien entendu, la commune n'a pas encore parlé de rembourser ce repas supprimé arbitrairement, unilatéralement.
Pour ma part, je suppose que je n'aurai pas trop de mal à obtenir un congé pour pouvoir accueillir mon fils dès 11 heures ce jour-là, et je ressens le fait de passer quelques heures de plus en sa compagnie plutôt comme une merveilleuse nouvelle. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser à tous ceux qui se retrouvent à devoir chercher en catastrophe une solution d'accueil pour leurs enfants à cause d'un caprice de quelques membres du corps enseignant. Je dis bien « quelques » parce que j'ose espérer que certains parmi eux n'y sont pour rien.
Qu'est-ce qui m'empêche de poster des articles en ce moment ? Une rhino-trachéo-bronchite. Ce long vocable inscrit sur mon arrêt de travail se traduit, en clair, par une toux à se demander si on ne risque pas de se fêler une côte, mal à la gorge, à la tête et parfois aux oreilles, et une voix de très grand fumeur depuis samedi dernier. Bref, rien de bien plaisant à part la joie de profiter de mon foyer et de pouvoir servir, à midi, un repas à la maison à mon fils, qui déteste l'ambiance de la cantine.
Cette RTB (je ne vais pas copier-coller à chaque fois « rhino-trachéo-bronchite » tombe à la fois au bon et au mauvais moment. Au mauvais, puisque je figure sur une liste pour les élections municipales, et que du coup je ne peux pas participer à la campagne électorale durant cette dernière semaine avant le premier tour. Certes, j'ai des horaires de sorties autorisées, mais premièrement, dès que je mets, par nécessité, le nez dehors (il faut bien acheter à manger…) j'ai l'impression de le payer par une aggravation des symptômes, et deuxièmement, certains de mes colistiers connaissent bien mon employeur : si jamais ils faisaient la gaffe de lui dire dans une conversation que j'étais présente à une réunion publique durant cette semaine précisément, je risque de sérieux désagréments…
Par ailleurs, je suis bien obligée de bénir ma RTB : cette semaine, l'instituteur de mon fils a une journée de formation, et de ce fait, les enfants n'ont pas classe ce jeudi. Je suis donc quitte de m'affoler pour trouver une solution d'accueil, sachant que le fiston est un peu grand pour les crèches et haltes-garderies. Pour cette raison, je vais devoir conserver soigneusement, dans les années qui viennent, une copie de l'exemplaire de l'arrêt de travail où figure la cause médicale de la mise en repos, parce que tôt ou tard, mon cher employeur risque d'apprendre que mon fils a eu une journée libre cette semaine, et il va forcément trouver que cela sent la maladie diplomatique. Et comme dans la mairie où je gagne mon pain, les choses ne sont jamais dites immédiatement en face, je m'attends à m'entendre reprocher cette coïncidence entre la formation de l'instituteur et mon arrêt de travail d'ici un an ou deux.
Pour illustrer ce propos, en juillet 2006 je sortais de chez le médecin, qui se trouvait à deux pas de ma mairie-lieu de travail, et pour gagner du temps, j'ai ramené directement l'arrêt de travail à l'accueil de ladite mairie au lieu de l'envoyer par la poste. Fin novembre 2006, j'étais convoquée dans le bureau du maire. Ce personnage m'a déclaré que lorsqu'on peut ramener un arrêt de travail, on peut aussi travailler (sic). Il faudra qu'on m'explique ce qu'il y a de commun entre déposer un papier, ce qui prend quelques secondes, et se concentrer toute une journée sur des dossiers parfois épineux.
C'est donc une RTB assortie d'un état plus ou moins grippal qui me retient loin de mon ordinateur. Je sais bien qu'écrire un article ne constitue pas un effort violent, mais vraiment en ce moment je me repose beaucoup. Ce qui m'inquiète un peu, c'est que j'en suis à mon troisième jour de traitement, avec certains médicaments délivrés uniquement sur ordonnance, et même des antibiotiques, et que malgré tout je ne constate pas l'ombre d'une amélioration, à part le mal de gorge qui s'est quelque peu calmé.
Je voudrais tout de même terminer avec une anecdote… instructive. Comme je vous l'ai écrit plus haut, j'ai dû sortir pour m'acheter des produits de première nécessité, et je me suis rendue dans un supermarché. Dans ces lieux, vous savez que tout est fait pour que vous soyez tentés de visiter d'autres rayons que ceux où vous aviez prévu de vous rendre pour vos courses. Et voilà que j'ai fait des folies ! J'ai ramené avec mes courses 3 DVD, un gilet et une coloration pour cheveux, tout ça le même jour, eh oui ! Cela confirme ce que j'ai déjà souvent observé : on est bien plus enclin à dépenser de l'argent (et donc à faire tourner l'économie) lorsque celui-ci n'est pas pénible à gagner. Parce que, bien évidemment, un mal de tête et de gorge est infiniment plus supportable que l'ambiance qui règne en milieu professionnel.
Donc, Mesdames et Messieurs les politiciens qui nous gouvernez, si réellement vous voulez relancer la consommation et, à terme, améliorer le climat économique général et le pouvoir d'achat, et si vous êtes sincères, entreprenez de lutter avec la plus grande sévérité contre la violence au travail. Il s'agit de mise en danger de la vie d'autrui, ni plus, ni moins, et les tristes évènements survenus dans l'industrie automobile sont éloquents à cet égard. Vous verrez comme nous consommerons facilement lorsque l'argent ne se traduira plus en nombre de kleenex mouillés !
PS : Rassurez-vous, mes amis, je ne mouille plus de kleenex, j'ai trouvé des dérivatifs.
Le travail dans l'administration territoriale (en l'occurrence, une mairie) peut réserver des surprises. Cette conversation a eu lieu entre un chef de service, et une subordonnée, dont une partie du travail consiste à recevoir le public, émettre les factures et effectuer des opérations comptables pour le Service des Eaux.
-Mouais. Je vous préviens que quand vous reviendrez de votre congé de maternité en janvier 2009, si vous ne restez pas en temps complet, vous ne garderez pas votre poste au Service des Eaux.
-Mais… je ne suis pas à temps complet.
-Ah bon ?? Et depuis quand ?
-Depuis 2004, où j'ai demandé un 70 %. Et depuis fin 2006, je suis à 85 %.
-Quoi ???? Je l'ignorais.
C'est vrai que le pauvre homme n'est chef de service que depuis début 2006. Comprenez-le, en deux ans, il n'a pas pu trouver le temps d'intégrer les temps de travail des 15 personnes de son service. En outre, comme il semble répugner à faire appel à une personne du centre départemental de gestion pour remplacer son agent, il a eu l'idée suivante : faire faire son travail, durant les six mois du congé de maternité, par le chef de service adjoint, un cadre A, ingénieur de son état. Il fallait y penser.
Merci à Jean-Pierre qui m'a envoyé cette blague. Pardon pour la mise en page. Mon traitement de texte ne veut rien savoir, et j'ai dû me débrouiller avec le tableur.
Un riche industriel s'adresse à un ami ministre (les riches
industriels ont tous au moins un ami ministre) en ces
termes :
- Mon fils me désespère. Il n'a pas terminé ses études,
ne cherche même pas de travail, passe tout son temps
à boire et à rigoler avec ses copains. Ne pourrais-tu
pas lui trouver un petit boulot dans ton ministère ?
- Aucun problème, répond le ministre. Je le nommerai
adjoint de mon chef de cabinet, avec un traitement
de 6.900 euros par mois.
- Non, non. Ce n'est pas cela que je veux. Il faut qu'il
comprenne qu'il faut travailler dans la vie et lui inculquer
la valeur de l'argent.
- Ah ? Bon. Je le ferai chargé de mission en chef, à
5.500 euros par mois.
- Non, c'est encore trop. Il doit se rendre compte qu'il
faut mériter son salaire.
- Euh... chargé de mission alors ? 3.900 euros par mois ?
- Toujours trop. Ce qu'il lui faudrait, c'est une place de
petit fonctionnaire, tout en bas de la hiérarchie, à moins
de 1.200 par mois.
- Alors là hélas, je ne peux rien faire pour toi, répond l'ami Ministre.
- Mais pourquoi pas ?
- Pour ce genre de poste, il faut réussir un concours et
avoir un diplôme !
En fait, cette blague exagère à peine certaines réalités de la fonction publique. Nous autres, agents et cadre normalement diplômés, avons bien souvent à subir les caprices de gens pistonnés, dont le salaire correspond à notre traitement multiplié par deux ou par trois...
Bien sûr, comme tout le monde, je sais que les salaires dans la grande distribution frôlent l'inexistence, que les horaires sont ingrats, que les conditions de travail sont déplorables. Il suffit de voir les hôtes et hôtesses de caisse trembler dans les courants d'air pour être édifié (et attention, le froid donne envie d'aller là où personne ne peut aller à votre place, et quand on occupe pareil poste, c'est une autre histoire !). Mais comme je n'ai pas davantage d'expérience de ce domaine d'activité, je vous invite à aller visiter ce blog :
Ce blog, très bien fait, n'est pas le moins du monde vindicatif : son auteur ne cherche pas à y laver du linge sale, mais au contraire à positiver les situations qu'elle a vécues. Cependant, à la lecture de ces pages, on en apprend beaucoup, sur les cadences, les conditions de travail, l'absence de chaises en nombre suffisant, le manque de reconnaissance du travail fait, etc. Je remercie en passant mon amie Clementia qui m'a fait découvrir ce blog.
Par ailleurs, il est vrai qu'avec nos pouvoirs d'achat modestes, nous ne pouvons guère faire pression sur la grande distribution, par exemple en la boycottant au profit d'autres formes de commerces plus équitables, ou du moins nous ne pouvons le faire que partiellement, pour ne pas dire marginalement. Cependant, il est des gestes simples que nous pouvons tous accomplir, comme par exemple nous abstenir de fréquenter les magasins les jours fériés (cliquer sur les mots soulignés).
Avec tout mon soutien aux grévistes, et à ceux qui ne peuvent pas faire grève.
Tout comme vous, j'ai entendu parler de la mésaventure de la Société Générale. Je vais vous faire un aveu : je n'ai pas franchement envie de plaindre cette banque. En fait, il s'agit d'un des pires employeurs que j'ai connus en tant que salariée, et l'employé indélicat a toute ma compréhension !
A la fin des années 80, avant d'entrer dans la fonction publique, j'ai effectué un remplacement de congé de maternité dans une succursale de ce qui était à l'époque la filiale alsacomosellane de la Société Générale : la Sogenal (Société Générale Alsacienne de Banque).
Ah, ma mairie n'est pas un Eden, mais la Sogenal, c'était une toute autre histoire ! Je me souviens par exemple que celui qui reprenait son service à 13 h avec quelques instants de retard se prenait une réflexion idiote, mais qu'on aimait bien vous apporter un paquet de photocopies à faire à 16 h 55, prétendument urgentes. La notion de paiement ou de récupération d'heures supplémentaires était inexistante, du moins dans cette succursale.
Chose plus grave, il était (je sais que c'est très difficile à croire) interdit de prendre congé durant la première année de service. Vos droits s'accumulaient au fil des mois, mais on refusait de vous signer une feuille de congé, tout simplement. Celui qui tenait vraiment à prendre des vacances aurait été contraint de s'adresser au Prud'homme, mais bien entendu c'eût été plus pour la forme qu'autre chose, puisque l'été avait largement le temps de se terminer avant que votre dossier passe en jugement ! Bref, personne ne s'adressait nulle part et tous les employés, à ma connaissance, ont eu à subir cette année sans congé. A mon avis, cette privation de vacances n'avait rien à voir avec des nécessités de service ; je pense qu'elle était en vigueur dans le seul but de casser les gens dès leur arrivée.
Encore plus fort : les dirigeants de cette succursale refusaient d'allumer le chauffage avant la Toussaint. La plupart d'entre nous travaillions dans une salle commune vraiment très fraîche, et pas du tout ensoleillée, comportant peu de fenêtres pour des raisons de sécurité, disait-on. Nos dirigeants par contre avaient des bureaux chauffés. Je me souviens notamment du jour où l'un d'entre eux a placé un thermomètre à côté du moteur de la photocopieuse. Le mercure indiquait 17 ° (Celsius, encore heureux !) et j'ai entendu l'homme dire à un de ses collègues big-boss qui l'accompagnait que c'était bien suffisant pour des employés. Je n'ai pas jugé utile de relever cette phrase immonde, mais par contre j'ai fait observer aux deux hommes que la température dans la salle était forcément inférieure par rapport à celle relevée à côté d'un moteur. Et je l'ai déclaré bien haut et fort, devant tout le monde s'il-vous-plait.
On ne m'a pas renouvelé mon contrat… Tiens, pourquoi ? De toute façon, avant l'expiration de celui-ci, j'avais trouvé autre chose, puis est venu le concours d'entrée dans la fonction publique. Cela dit, j'avais un peu de mal à imaginer qu'une banque, aujourd'hui disparue, qui était aussi malhonnête envers ses salariés fût toujours un modèle de probité envers ses clients. Ah tiens, dernier détail, il était obligatoire pour les employés d'ouvrir un compte Sogenal et d'y faire virer son salaire… un peu comme si vous travailliez dans tel magasin et qu'on vous obligeait à y effectuer vos achats.
Comme vous le savez, je gagne tant bien que mal ma vie en travaillant dans une mairie. Je participe à la gestion administrative des services techniques. La discussion que j'ai dû subir hier avec mon chef de service, celui que j'appelle Tartempion, et l'adjointe au maire chargée des bâtiments communaux ne manque pas de saveur.
L'objet de la discussion, c'était le rapport fourni par un organisme extérieur sur les possibilités d'économies d'énergie dans les différents bâtiments, un pavé d'une dizaine de centimètres d'épaisseur. Ce rapport est dans la maison depuis plus d'un an, et peut-être même deux ans, et je m'y réfère chaque fois que je dois demander une subvention dans le cadre de travaux préconisés par l'épais document.
Jusqu'ici, tout allait bien. Et voilà que la mairie a prévu de remplacer deux portes dans une école, alors que le rapport conseille d'en remplacer une seule. Pourquoi ? Je n'ai pas approfondi la question, il est vrai. Sans doute n'ont-elles pas la même exposition, nord ou sud, ou ne sont-elles pas soumises aux vents et aux précipitations de la même façon. Bref, moi, la douce imbécile, j'ai signalé qu'une seule porte sera prise en compte dans le cadre de la subvention potentielle.
Et vlan ! Réaction de l'adjointe. Elle me convoque, si j'ose dire, et là, à ma grande stupéfaction, j'apprends :
-que le rapport n'était qu'un projet, et que les services techniques étaient censés l'analyser dès sa réception pour signaler d'éventuelles erreurs (mais bien sûr, ce n'est pas Tartempion qui a eu à subir des affronts irréfléchis de la part de l'adjointe, mais moi-même)
-que je manque de bon sens et qu'il devrait me sembler évident que si le remplacement d'une porte est subventionné, l'autre l'est également,
-que l'organisme qui a produit le rapport n'est pas infaillible, et que nous, pauvres services techniques d'une petite ville, devons vérifier point par point les dires des ingénieurs qui l'ont rédigé,
-que moi, qui suis de formation juridique et non technicienne, je dois m'atteler à cette tâche puisque Tartempion (ingénieur, lui) ne l'a pas fait.
Très polie comme toujours, je fais remarquer avec tact que je ne suis pas compétente dans ce domaine. Fureur de l'adjointe, qui me répond :
-que je n'ai qu'à aller consulter les plans des bâtiments, que j'y trouverai tous les détails nécessaires sur les simples et doubles vitrages des fenêtres, sur la composition des isolations et sur la puissance des luminaires,
-que de toute façon quand on travaille dans un service technique, on doit être à même de fournir n'importe quel travail qui se rapporte au domaine technique.
Voilà pourquoi j'ai titré cet article « MDR ». Si je poursuis le raisonnement de l'adjointe, cela signifie que si j'étais cadre administratif dans un hôpital, je devrais être à même d'opérer les patients !!!!! Cette anecdote a beaucoup amusé mes collègues, et j'espère qu'elle vous a également divertis.
Si dans votre commune il y a plusieurs listes dites « de gauche », de grâce, votez communiste, ou alors à la rigueur votez à droite. Tout mais pas des gens qui se prétendent de gauche mais qui manifestent de l'hostilité aux travailleurs que nous sommes, vous et moi.
Eh oui, vous allez me prendre pour une fainéante finie et c'est tant pis, mais il s'agit de ce que j'ai retenu en premier de l'intervention de M. Sarkozy d'hier.
Sur le fond, je trouve qu'il a raison en ce qui concerne les salariés qui accumulent les RTT et ne peuvent pas les prendre : il vaut mieux les monnayer et en profiter tout de suite plutôt que les capitaliser sur un compte-épargne-temps sans même savoir si on vivra assez longtemps pour en bénéficier un jour.
Mais tout de même, quand on y pense, quel constat d'échec ! En toute logique, à l'origine, si on avait une équipe de 10 personnes qui travaillaient 39 h, on obtenait, hebdomadairement, 390 h de travail. Avec les 35 h, on n'en avait plus que 350, et on serait à peu près retombé sur le compte exact en embauchant une onzième personne, qui aurait porté le total des heures de l'équipe à 385 h. Or, ce partage du travail ne s'est pas fait.
Je sais bien, ce n'est pas toujours si simple. Il y a des équipes de gens de même qualification toutes petites, qu'il aurait donc fallu compléter d'un demi-poste, et il y a des fonctions qui ne se prêtent pas bien au temps partiel. Cependant, j'ai l'impression amère que tout n'a pas été fait pour chercher – et trouver – les solutions adéquates. Peut-être faudrait-il admettre que même des postes de gestion et de direction peuvent être partagés, si tout le monde est sous le sceau du secret professionnel de la même façon.
Prenons un exemple : de nombreux enseignants travaillent à mi-temps. Si on admet l'idée qu'une classe peut être menée par deux personnes, à plus forte raison, c'est le cas pour une équipe de production, une entreprise, composée d'adultes qui ont bien moins d'attentes par rapport à leur leader que des enfants qui apprennent à lire. Peut-être faudrait-il arrêter de penser « le, la PDG de l'entreprise Bidule » et commencer à dire « les PDG ». Il est bien connu que les gens qui occupent de tels postes ne peuvent pas compter leurs heures, et que leur rémunération peut largement être partagée entre plusieurs personnes sans qu'ils se retrouvent au SAMU social.
Oui, je crois que nous n'avons pas exploré toutes les pistes qui permettraient le partage du travail. Que, dans l'immédiat, on permette à ceux qui ont des RTT en trop d'en profiter pécuniairement, cela paraît équitable. Mais remettre en question l'essence même des 35 h, permettez-moi de penser que c'est fort dommage. Je pense que la première démarche à faire, ce serait de vérifier les répartitions de postes de travail au peigne fin, et de prévoir de très lourdes sanctions financières pour les entreprises qui, techniquement, peuvent embaucher davantage mais ne le font pas, et je pense à des sanctions réellement dissuasives, qui ne laissent pas le choix. Des sanctions qui ne permettraient pas de faire de sordides calculs du genre « Est-ce qu'il vaut mieux embaucher davantage et sortir le personnel d'une situation de surcharge de travail ou payer l'amende ? ». Pour les entreprises où des problèmes se posent du fait de fonctions difficiles à partager entre plusieurs personnes, on devrait leur laisser un délai raisonnable, d'un an par exemple, pour trouver une solution, puis leur appliquer le même régime coercitif qu'aux autres.
De toute façon, des personnes qui souffrent d'être surchargées de travail n'auront guère envie de consommer. Les avantages qu'on donne au patronat sont donc des cadeaux empoisonnés : ils minent le moral des ménages, la consommation et donc les profits à long terme pour les employeurs. C'est un peu comme si on donnait trop de bonbons à des enfants pour leur faire plaisir dans l'immédiat, sans se soucier de leur santé plus tard. Et pourtant, on dit bien que qui aime bien châtie bien.
Par ailleurs, l'idée de travail dominical volontaire m'inquiète énormément. Qui pourra établir que le consentement est réel et spontané ? Comment compte-t-on éviter que des salariés soient « volontaires » pour travailler le dimanche… sous la menace voilée d'un licenciement ? Le travail dominical est extrêmement dangereux, pour les raisons suivantes :
-Il fournit un moyen de pression supplémentaire aux chefs d'entreprise, il pourrait même devenir une sanction déguisée (Untel va travailler le dimanche parce qu'à une réunion il/elle a dit quelque chose de plus intelligent que moi et que je m'en suis senti dévalorisé(e)… ; Unetelle va travailler le dimanche parce qu'elle est enceinte alors qu'elle sait que je n'aime pas avoir à pourvoir des remplacements lors des congés de maternité… ).
-Il compromet l'organisation de grandes fêtes de familles comme les communions ou les mariages par exemple (comment va-t-on s'y prendre pour trouver un WE où tout le monde est libre, hein ?).
-Il éloigne les parents de leurs enfants les jours où il n'y a pas classe. Il complique donc la communication familiale, l'aide aux devoirs, les loisirs en famille. Il compromet ainsi gravement la qualité de l'éducation, et accentue les inégalités sociales : les enfants des foyers où un seul salaire suffit (donc les enfants d'un parent à hauts revenus) seront les seuls à pouvoir bénéficier d'une éducation et d'une aide au travail scolaire qui leur permettent de réussir leurs études plus tard… vous voyez le tableau.
-Et comme si tout cela ne suffisait pas, il augmente considérablement les frais de garde d'enfant (eh oui, si en plus le/la nounou doit percevoir double-rémunération…).
Franchement, le travail dominical mérite encore bien davantage une réprobation de masse et une descente dans la rue que les réformes de régimes de retraite. Qu'on se le dise.
Eeeeeeh… ! Voilà qui est intéressant… L'actualité vient de révéler aux travailleurs ferroviaires une façon plus efficace de faire grève, en exerçant des pressions comparables à celles d'une grève classique, mais en divisant par trois les pertes de salaire.
En effet, jusqu'à très récemment, le discours de nos dirigeants, c'était du genre "la réforme est prête", "nous irons jusqu'au bout", bref des réponses dans un esprit "bras de fer", pas forcément très dignes d'adultes responsables d'ailleurs. Et voilà que tout à coup, on se met à négocier. Que s'est-il donc passé ?
C'est au journal télévisé de mercredi soir que j'ai eu la réponse : la grogne de certains commerçants qui se sont plaints de ce que les gens, privés de moyens de locomotion, ont effectué moins d'achats, et les ont donc moins engraissés. Ils ont particulièrement déploré le manque à gagner du mercredi, jour habituel où les familles font des achats de vêtements et de jouets. Il semble que ces commerçants représentent aux yeux de nos dirigeants un poids autrement plus important que le commun des citoyens.
Donc, Mesdames et Messieurs les cheminots, vous pouvez faire pression sur nos décideurs sans trop pénaliser les autres salariés, ceux qui ont besoin des transports pour se rendre au travail et, cerise sur le gâteau, en limitant considérablement vos pertes de salaires.
FAITES GREVE LES MERCREDIS ET LES SAMEDIS !!
Vous gagnerez en salaire en divisant vos jours de grève par trois, et en popularité en limitant les nuisances subies par vos concitoyens. Vous exercerez par contre le même impact sur la consommation et l'économie, et inciterez le monde du commerce, donc le patronat, à obliger nos dirigeants à vous écouter. Vous pourrez ainsi, à moindres frais, faire entendre la voix de l'ensemble des travailleurs, qui ne pourront guère y rester insensibles.
Puisque, ce dernier WE, des salariés ont manifesté contre d’autres salariés,
puisque l’opinion publique risque d’accuser des cheminots d’avoir incendié des ouvrages ferroviaires cette nuit,
puisque nous risquons un mini-conflit civil entre différentes catégories de travailleurs,
et pour de multiples autres raisons, je voudrais écrire ceci :
Ne nous laissons pas diviser. Nous sommes tous dans le même bateau, et ballotés entre les mêmes récifs. Nous risquons tous le même naufrage.
Et surtout, voici les différentes données qui me font supposer que tous les salariés ont un craindre un ennemi commun.
1/ On n’arrête pas de nous prêcher le non-recours à l’automobile, le déplacement minimum, etc, et pourtant, aucune disposition n’est prise pour instaurer ou favoriser le télétravail. Le télétravail limiterait les trajets, les émissions de gaz à effet de serre, et le risque routier. De plus, il permettrait de chauffer et d’éclairer moins de locaux, que ce soit au niveau de l’entreprise ou au niveau des structures périscolaires et des crêches. Alors, où est le problème ? Serait-ce, par hasard, qu’il soustrairait les salariés aux opérations de harcèlement moral et de déstabilisation psychologique ?
2/ La réforme de la carte judiciaire est d’abord dirigée contre la justice du travail. D’après la presse, elle concerne, grosso modo, un TGI sur huit, un TI sur trois, et surtout un conseil de prud’hommes sur deux ! Eh oui, d’habitude, on tend à mettre les conditions d’emploi des fonctionnaires au niveau de celles du secteur privé. Mais là, c’est l’inverse qui se produit : le traitement du contentieux du travail dans le privé deviendra aussi long que dans le secteur public. En effet, il n’y a pas de conseil de prud’hommes pour les fonctionnaires, et les litiges sont réglés au niveau des tribunaux administratifs. Ceux-ci sont engorgés par d’autres affaires, et un fonctionnaire victime d’une injustice ou d’une violence quelconque attend en général trois ans avant que son affaire soit jugée. Comme vous vous en doutez, la très grosse majorité des fonctionnaires renoncent à recourir à la justice quand ils sont agressés par leur employeur ou leur hiérarchie : trop de pressions, trop de chantages, et surtout trop de lenteur pour faire cesser tout ça.
Donc, avec la réforme de la carte judiciaire, salariés du privé et du public seront logés à la même enseigne face à la justice au travail. C’est tristement drôle : quand le privé a un régime de retraite moins favorable, on saborde celui du secteur public, et quand les fonctionnaires ont une justice moins efficace, on cherche à aligner celle des salariés du privé. Bref, on dirait qu’il n’existe pas d’autre logique que le nivellement par le bas.
3/ Il est très, très peu probable que ce soient des cheminots qui ont incendié des ouvrages ferroviaires. Ces sabotages vont leur occasionner un surcroît de travail, des désorganisations d’horaires de trains, des changements dans les plannings de trajets et d’astreinte, et que sais-je encore. Selon toute vraisemblance, il peut s’agir d’une action organisée (les feux ayant pris en même temps) dans le but d’attiser la haine des usagers contre les cheminots. Le but serait donc de diviser des salariés entre eux, pour leur faire oublier qu’ils sont tous victimes d’un système qui cherche à les casser, à casser leurs nerfs, à briser leur vie de famille (en les épuisant psychologiquement) et leurs enfants par la même occasion.
De grâce, il ne faut pas manifester les uns contre les autres. Nous avons, je me répète, un ennemi commun. Je ne sais pas si cet ennemi, c’est ce gouvernement, ou si celui-ci obéit à des ordres qui viennent de plus haut, d’une instance supranationale. L’idéal serait que nous soyons tous ensemble pour le démasquer, et pourquoi pas le neutraliser. Dans tous les cas, ne nous laissons pas entraîner dans la guerre civile qui nous pend au nez.
Aujourd’hui, j’avais l’intention de vous écrire à propos des manifestations anti-grêve qui se sont déroulées hier, et voilà que j’ai trouvé dans ma boîte à mails ce message, sous forme de PPS, que je vous recopie ci-dessous. Il provient d’un enseignant comme vous allez le constater.
« Juste une mise au point…
Je suis prof, donc fonctionnaire, et je voulais juste vous rappeler que pour devenir fonctionnaire, ou travailler dans une entreprise publique, il faut :
-faire des études (ben oui, quand même un peu) ;
-passer des concours ;
-accepter d’aller travailler soin de sa famille et ses amis ;
-accepter de gagner moins que dans le privé (dans mon cas : entre 2 et 3 fois moins) ;
-accepter, parfois d’être réquisitionné ou d’être d’astreinte, même les WE, nuits et jours fériés : lors de catastrophes naturelles, les services publics ont les moyens et la volonté de porter assistance à tous ;
-accepter de se faire cracher dessus, publiquement, par son patron (allusion à des déclarations anti-fonctionnaires de M. Fillon) ;
-accepter d’avoir à se justifier sur la sécurité de son emploi : je ne vois pas pourquoi je devrais me reprocher d’avoir choisi un emploi où j’ai presque l’assurance de ne pas pouvoir me faire virer…
-accepter d’avoir à se justifier sur ses vacances : eh non, non, non, je n’ai pas 4 mois de vacances par an ! Attention, je ne me plains pas, mais je n’aime pas que les gens abusent avec cela : ce n’est pas vrai ;
-accepter d’avoir à se justifier sur les heures que l’on fait : un prof normalement consciencieux passe environ 20 heures devant les élèves, et consacre 10 à 12 heures à la préparation des cours et à la rédaction de sujets d’examens, 1 à 3 heures aux corrections, 1 à 2 heures à la mise en place des salles, au remplissage de bulletins, à la préparation de conseils de classes, etc… Nous sommes aux 35 heures, mais ça, les gens ne le voient pas, ou bien refusent de le voir). Mon seul avantage, c’est qu’en dehors des heures de cours, je peux gérer mon temps de travail comme je veux ;
-accepter de se justifier à chaque réunion de famille, chaque repas, chaque soirée… mais aussi accepter de recevoir, régulièrement, des e-mails bavant sur les fonctionnaires, et surtout, ne jamais pouvoir y répondre sérieusement (comme je suis en train de le faire) car « Ce n’est que de l’humour, enfin… ».
Alors, à tous ceux qui véhiculent ce genre de messages, je dis que oui, je suis fonctionnaire, j’en ai fait le choix. Si vous n’avez pas souhaité faire des études, ni vous donner les moyens de réussir des concours, si vous refusez d’aller travailler loin de chez vous, si vous n’acceptez pas de gagner moins et de recevoir des critiques quasiment tous les jours, ou bien si, tout simplement, vous avez fait d’autres choix de vie que moi, alors tant pis ou tant mieux pour vous. (…)
Oui, je suis fonctionnaire. Et je suis fier de faire un métier où j’aide les gens, sans distinction d’origine ou de revenus, là où le besoin s’en fait ressentir. Et je ne bave jamais sur les métiers que je ne connais pas : je ne critique pas le maçon qui travaille dehors par tous les temps, ni le médecin qui fait ses 50 heures par semaine, ni l’ouvrier qui sue à l’usine ou le chômeur qui galère…
Je demande juste un peu de respect pour ma fonction et pour mes choix de vie.
Merci à tous. »
A ce message, j’ajoute un bémol tout de même : je sais, pour avoir voulu entrer à GDF en 1987, que le formulaire de demande d’emploi comporte (du moins c’était le cas à l’époque) une question sur les liens de parenté avec d’autres agents de la même entreprise publique. Et comme je suis une vilaine curieuse, j’ai regardé dans les dossiers d’embauche de mes collègues, puisque je me trouvais sur place par le biais d’une agence d’intérim : ils étaient filles et fils de gaziers…
Cela dit, je n’avais pas seulement l’intention de plaider la cause des fonctionnaires, mais surtout de dresser le constat que, à plusieurs égards, salariés du secteur privé et fonctionnaires sont dans le même bateau et qu’il serait dangereux de nous laisser diviser. Ce sera donc pour un de ces prochains jours, parce que, même si c’est toujours avec très grand plaisir que je vous écris, je n’ai que dix doigts pour taper tout ça !
Je vais commencer par un aveu : je n'ai pas été fichue de trouver en ligne la lettre adressée par Mme Idrac aux cheminots. Sans doute ai-je un peu de brouillard dans les yeux (et/ou un peu plus haut) à cette heure-ci.
J'ai par contre bien entendu et lu un peu partout la phrase "Ne risquons pas un divorce avec les Français". Comme je n'ai pas le sentiment d'être profondément marginale, je suppose que les pensées que je vais exposer ci-après sont partager par beaucoup de Français.
Je souhaite être, du moins je l'espère, la énième à répéter aux cheminots que si divorce il y a, ce n'est sûrement pas avec les salariés de la SNCF.
Si les cheminots voient boulversées les conditions d'emploi qu'ils ont choisies le jour où ils ont trouvé, au sens littéral, leur voie, il s'agit d'une grave lésion, un peu comme une sorte de dol. Si les conditions d'embauche de quelque corps de métier que ce soit doivent changer, cela ne doit s'appliquer qu'aux nouvelles embauches. Souvenons-nous d'une actualité récente : le Conseil Constitutionnel n'a-t-il pas déclaré irrecevable la notion de rétroactivité d'une loi nouvelle, en l'occurence celle qui aurait dû réduire la charge pécuniaire des emprunts en cours ? (Au fait, pourquoi la rétroactivité ne fonctionne-t-elle que quand cela arrange nos dirigeants ?)
Si divorce il y a, donc, ce sera plutôt entre les Français et la direction de la SNCF. Qui a empêché des trains de rouler, lésant ainsi les usagers, à cause d'une grève des contrôleurs, autrement dit d'un hypothétique manque à gagner de l'entreprise ferroviaire en cas de fraude des passagers ? Qui a, à cette occasion, obligé les passagers à emprunter des modes de transports moins sûrs et moins écologiques ? Qui a supposé que les passagers allaient frauder ? Est-ce le personnel ?
Qui applique des tarifs prohibitifs pour le transport d'une voiture d'un point à l'autre de la France alors qu'on ne cesse de parler de risques routiers inhérents aux départs en vacances et d'émission de gaz à effets de serre ? Qui oblige le citoyen Lamda qui ne s'appelle pas Cresus à traverser la France au volant de son automobile ?
Soyez rassurés, les cheminots. Ceux qui vous en veulent sont de toute façon d'éternels insatisfaits qui croient qu'on résoud les problèmes en nivelant tout par le bas : les salaires, les retraites, les conditions de travail. Vous n'êtes pas leur seule cible ! Ceux-là en veulent aux cheminots, aux fonctionnaires, aux footballeurs, aux chanteurs, aux politiciens et j'en passe... mais ne font rien pour améliorer leur propre condition : il leur semble plus facile de haïr ceux qui ont fait des choix et des efforts différents.
C'est sûr, nous allons peut-être un peu râler quand nous aurons des problèmes de transports et de bouchons liés à votre mouvement social. Mais dans tous les couples, il y a des disputes qui ne mênent pas pour autant au divorce. On vous aime, les cheminots, vous qui nous avez transportés un peu partout quand nous étions ados et que nous ne savions pas encore conduire. Tirez les autres salariés vers le haut. Soyez notre locomotive !
Vous l'avez peut-être entendu, Moulinex a fait appel du jugement qui sommait la société de verser à ses anciens salariés des indemnités de licenciement.
Cet appel suspend le versement des indemnités. Non seulement les salariés n'espèrent guère que l'arrêt de la cour d'appel soit rendu avant un an, mais de surcroît ils ont à craindre que ledit arrêt leur alloue des indemnités d'un montant moins élevé.
Bon, la politesse me retient d'écrire ce que je pense de Moulinex. Laissez-moi cependant m'étonner d'une incohérence. Lorsque vous contestez le montant d'un impôt, vous êtes obligé de payer d'abord, et d'émettre votre réclamation ensuite.
Pourquoi n'en est-il pas de même pour les indemnités dues à d'anciens salariés, des gens comme vous et moi qui ont bien plus besoin de ces versements que le fisc a besoin de votre chèque ? Pourquoi Moulinex n'est-il pas obligé de payer préalablement à tout recours en appel ?
Franchement, je ne comprends pas. Si on considère que le fisc a des prérogatives de puissance publique, nous, les citoyens, ne sommes-nous pas précisément le public ? Comment peut-on admettre de différer le versement d'une indemnité alors que la vie est si courte ?
Plus pragmatiquement, j'ai entendu l'une des ex-salariés de Moulinex déclarer qu'elle n'a plus que 400 euros de revenus. Croyez-vous vraiment qu'un seul des décideurs de Moulinex vit avec si peu ? Et même avec juste un zéro de plus ?
Bien que je suppose que je suis profondément non-violente, je dois avouer que pour ces gens, ces pots de fer, qui font appel afin de retarder le versement d'une indemnité de licenciement aux fragiles pots de terre, le rétablissement du bagne et des peines de travaux forcés ne me troublerait pas !
Ah, je voudrais terminer par une prière instante aux magistrats qui jugeront cette affaire en appel. MAJOREZ, MAJOREZ, MAJOREZ LE MONTANT DES INDEMNITES !!! Pour l'exemple. Pour que jamais plus un employeur indélicat ne fasse appel pour différer le versement d'indemnités.
Alors là, chers amis, je sens que je vais péter les plombs.
Hier, au journal de 13 heures, j’ai appris qu’une institutrice a fait l’objet de plainte de plusieurs parents d’élèves en raison de violences verbales et corporelles infligées à des enfants en cours préparatoires, âgés de 6 ans.
Ce matin, les bambins sont cependant en sécurité, parce que leur tortionnaire est en arrêt-maladie. Aaaaahhh bon?
J’ai déjà eu souvent l’occasion de m’énerver à propos de arrêts pour maladie, parce qu’ils fonctionnent soit au piston, soit au culot. Ne tombe pas en arrêt qui veut. Il faut soit connaître quelqu’un qui connaît le médecin – c’est le cas pour une tante paternelle de mon fils, alors que beaucoup de gens peuvent lui envier sa santé, soit avoir suffisamment d’aplomb pour intimider le médecin, ou du moins négocier avec lui – je connais des personnes qui agissent ainsi, mais ce n’est pas donné à tout le monde.
Si vous n’entrez pas dans une de ces deux catégories, et que vous tombez malade, il faut malgré tout que vous alliez travailler… euh pardon ! que vous vous rendiez sur votre lieu de travail, avec tout ce que cela suppose : aggravation de votre état, sentiment d’injustice, risque de dépression, contamination des collègues si vous êtes contagieux, perte d’efficacité, et donc risque de faute professionnelle et de sanction disciplinaire.
Et voilà que j’apprends qu’on peut obtenir un arrêt simplement parce qu’on a cassé un doigt à une petite fille de 6 ans. Quand on parle de ralentissement économique, je suis à peu près sûre que si les gens ne consomment pas, c’est moins par manque de moyens que parce qu’ils ont le moral dans les chaussettes. Et là, assurément, les choses ne vont pas s’arranger. Si on veut être juste et éviter une répercussion de cette affaire sur la consommation, je pense qu’il faut d’urgence accorder un congé à TOUS les salariés qui n’ont jamais fait de mal à un enfant de moins de 7 ans !!! Ou alors transformer l’arrêt de l’institutrice tortionnaire en congé sans solde, mais en tout cas ne pas laisser cette injustice perdurer, c’est assurément trop démoralisant.
Bon, maintenant, si vraiment il faut casser un doigt à quelqu’un pour pouvoir profiter un peu de son foyer, de sa famille, qui sera ma victime ? Ma perfide subalterne Chieuznogoud ? Notre drôle de chef Tartempion ? Bon, j’arrête de blaguer, sinon si l’un ou l’autre se casse un doigt sans témoin, il va pouvoir prétendre que c’est moi qui l’ai agressé.
AB
Avant que vous lisiez ce qui suit, je vous présente toutes mes excuses pour le ton de la conclusion de cet article ; il y a des fois où on a envie de pêter un câble. Vous allez pouvoir en juger...
Dans un établissement d'une grande enseigne de supermarchés, les salariés pris en train de grignoter doivent prouver qu'ils ne se sont pas servis dans les rayons du magasin. Aussi doivent-ils se munir, pour pouvoir les présenter à tout moment, des tickets de caisse des boissons, barres de céréales et autres chewing-gums qu'ils pourraient avoir envie de consommer durant la journée.
Celle-là, même à Petautschnock, on ne la leur a pas encore faite... bravo le privé !
En l'occurence, un membre de la famille paternelle de mon fils travaille dans ce supermarché. C'est son chef, un cadre supérieur qui abat Dieu sait combien d'heures de travail dans la semaine, qui a été interpelé par l'équipe de vigiles alors qu'il suçait un bonbon. Le pauvre homme a présenté son ticket de caisse comme un présumé chapardeur.
Il est un détail de l'histoire que j'ignore, parce que je n'ai pas pensé à le demander : est-ce qu'en outre on risque des ennuis dans le cas où le ticket de caisse provient d'un magasin concurrent ? Ben oui, pendant qu'on y est. Il s'est souvent vérifié que l'abjection ne connaît pas de limites.
Un chose me paraît indubitable, c'est qu'un dirigeant d'entreprise qui instaure un tel climat d'hostilité parmi ses salariés doit avoir sacrément envie qu'ils lui sucent les bonb.... euh oups pardon ! je voulais dire évidemment : qu'ils lui sucent les bottes.
C'est évidemment un peu gênant pour moi d'aborder le sujet des régimes plus ou moins spéciaux, étant donné que je suis moi-même fonctionnaire. Mais finalement, tant pis si j'ai l'air de prêcher pour ma paroisse, il est une donnée de la problématique dont je n'ai pas entendu parler aux informations, mais qui m'interpelle toutefois.
La pénibilité de certains métiers, c'est donc un acquis, tout le monde est au courant. (Cependant, je profite de ces quelques lignes pour rappeler qu'il existe des professions pénibles, et pour lesquelles il n'y a pas de régime spécial de retraite. On sait également que, hélas, le travailleur manuel a une espérance de vie plus courte que le sédentaire.)
Ce que j'aurais aimé entendre évoquer, par contre, c'est la question de la rétroactivité. Tout récemment, en effet, le Conseil Constitutionnel s'est basé sur la non-rétroactivité du droit pour déclarer anticonstitutionnelle une loi qui aurait allégé la charge financière des emprunts en cours.
Dans ces conditions, d'accord, je trouve tout à fait logique que, pour les nouveaux embauchés, ce soit la pénibilité d'un emploi qui détermine le régime de retraite, et non l'appartenance à telle corporation ou des acquis historiques fondés sur des conditions qui ne sont plus d'actualité.
Par contre, il est injuste, je trouve, de revenir sur les avantages de ceux qui sont déjà employés dans telle entreprise publique, ou dans la fonction publique. Je ne sais pas quelles sont les conditions d'emploi de la SNCF par exemple (salaire, horaires, etc) si ce n'est, parce qu'un PPS circule à ce sujet, que les conducteurs de trains gagnent jusqu'à 4000 euros par mois. Oui, certes, mais est-ce que vous aimeriez, vous, passer autant de temps qu'eux loin de votre foyer et vos enfants ?
Je connais bien, toutefois, les conditions inhérentes à la fonction publique territoriale. Bien sûr, il y a une relative sécurité d'emploi (relative, mais pas absolue) et il y avait les 37,5 annuités. Par contre, les salaires sont très bas, particulièrement pour les cadres, et les conditions de travail ne sont guère à envier. Autrement dit, un cadre de mairie a fait un jour le choix de renoncer à une rémunération correcte pour accéder à d'autre avantages, comme la stabilité, ou... un régime de retraite. Est-ce que c'est juste de modifier des éléments qui ont été déterminants dans un choix quelques années plus tôt ? Est-ce que pour autant, les conditions salariales changent ?
Pour accéder à un poste de la fonction publique, ou pour le conserver, certaines personnes n'ont pas seulement consenti au sacrifice financier, mais également à la mobilité géographique. Il existe même des postes qui exigent un an de formation dans une école à l'autre bout de la France. Ces gens auraient-ils fait tout cela pour rien ?
A y réfléchir, c'est un peu comme si vous choisissiez d'acheter beaucoup plus cher une maison parce qu'elle présente certaines garanties de solidité par rapport à d'autres bâtiments, et que, quelques années après, le gouvernement décidait de casser votre bien sous prétexte de justice par rapport à ceux qui, à pouvoir d'achat égal, auraient préféré payer moins cher leur maison et aller davantage au restaurant, par exemple.
Cela dit, bien sûr, tout est relatif. Il est gênant de dire que nous, cadres territoriaux, sommes mal payés, alors qu'il y a des milliards de gens qui n'ont pas de conditions de vie décentes.
Pour terminer sur une note plus gaie, savez-vous ce que je ferais, moi, si j'avais un peu plus d'argent de côté, ou bien si j'avais fini de payer ma maison ? Je prendrais 10 ans de retraite maintenant, là, tout de suite, pour m'occuper de mon enfant tant qu'il est petit, et je travaillerais ensuite jusqu'à 70 ans ou au-delà, c'est à dire quand il n'aura plus besoin de moi et que je serai comme une andouille toute seule à la maison.
Ce soir, je me sens d'humeur à vous faire rire un peu. Aussi, je vais vous raconter un autre épisode de mes démélés avec Tartempion et Chieuznogoud.
Comme vous le savez, dans l'administration où je gagne mon pain, j'ai dans les pattes une femme proche de la retraite, mais bien plus sénile que mon adorable voisine de 91 ans. Elle est hiérarchiquement juste au dessous de moi, et Tartempion c'est notre chef de service. Vous allez voir que c'est parfois dur, la vie d'un cadre intermédiaire dans le secteur public.
Ce matin, coup de fil de Tartempion, qui était sorti du bureau. J'apprends que je suis censée rendre à 17 heures un gigantesque tableau retraçant toutes les opérations d'investissement auxquelles nous procédons, tant en dépenses qu'en recettes. Bien sûr, cela faisait déjà quelques jours que je travaillais à cette giga-feuille de calcul (d'à peu près 50 colonnes, et près du double de lignes, le genre de truc à imprimer en format A3 en demandant une réduction à 30 ou 40 %...) mais comme il n'y avait pas véritablement urgence, je me mettais dessus lorsque j'avais un "trou" dans mon emploi du temps. Et voilà que brusquement, il faut que ce soit terminé en quelques heures.
Le problème, c'est qu'une bonne partie des données, Chieuznogoud est la seule à pouvoir les rentrer dans le tableau, puisque que c'est elle qui gère la partie "dépenses" (en l'absence de sa collègue, la responsable des achats, qui est en vacances bien méritées). Certes, en farfouillant dans le logiciel comptable qui, heureusement, n'est pas retors et vicelard comme ma petite Iznogoud, j'ai pu dénicher une bonne partie des chiffres. Mais ce logiciel a ses limites, et il ne m'indique pas où en sont les consultations, les publications d'appels d'offres, les ouvertures de plis, etc.
Evidemment, Tartempion n'ose pas demander lui-même à Chieuznogoud de me fournir les renseignements nécessaires pour compléter le tableau, il a bien trop peur de passer pour le méchant qui donne du travail aux yeux de cette vétérane de la fonction publique. Il vaut mieux que ce soit AB, n'est-ce pas, qui se fasse envoyer sur les roses, au cas où elles auraient trop d'épines.
Donc, ce matin, je vais trouver Agecagonix... euh pardon ! Chieuznogoud, et lui explique, avec le plus grand calme, sans vouloir me vanter, et une patience infinie, que j'ai imprimé la partie "dépenses" du tableau, que - oh quelle chance ! - les montants des prévisions et du réalisé y sont déjà, mais qu'il faudrait juste qu'elle veuille bien me remplir les petites cases, là, avec l'état d'avancement des opérations.
Dans un premier temps, Chieuznogoud essaie de s'en sortir en me disant que c'est à l'ancien chef des ateliers municipaux (et pourquoi pas l'actuel ? mystère que je renonce à éclaircir) que je dois m'adresser pour qu'il me dise où en sont les chantiers. Je reste très, très calme, fais semblant de croire que vraiment elle ne se souvient plus de ce qu'il faut mettre comme informations dans le tableau, et lui rappelle tout doucement que ce que les élus veulent y voir figurer, c'est l'état d'avancement des dossiers de dépenses sur le plan administratif, donc son rayon à elle.
Evidemment, refus tout net de mon aînée. J'ai l'habitude : comme c'est Tartempion qui remplit les fiches annuelles de notation, si ce n'est pas Tartempion en personne qui demande un boulot, Chieuznogoud ne fait pas, voilà.
J'insiste un peu, en vain, et finalement lui laisse le tableau à remplir, au cas où elle reviendrait à la raison dans la matinée, étant donné qu'elle n'est pas présente le vendredi après-midi.
Et maintenant, devinez quoi ? Tartempion revient au bureau, va à une réunion, et décide d'y emmener Chieuznogoud alors qu'à peine quelques dizaines de minutes auparavant il m'avait demandé de lui donner un boulot à faire. Dans le genre semeur d'étron, ce n'est pas mal.
Bref, après avoir envoyé quelques mails à droite et à gauche pour me couvrir, j'ai conscienseusement renseigné la partie "recettes" de la giga-feuille de calcul. Cela tombe bien, c'est la partie la plus dense, et donc la plus intéressante pour l'amoureuse d'Excel que je suis. Non, je ne suis pas en train de prétendre que nous réalisons plus de recettes que de dépenses, nous ne sommes point doués comme ça. Simplement, une seule dépense peut être financée par de multiples rentrées de recettes distinctes.
Au fait, j'oubliais, nous avons un nouveau Picsou tout neuf. L'ancien n'en pouvait plus, ce qui est parfaitement compréhensible. Bien sûr, en tant que fonctionnaires, nous apprécions énormément notre relative sécurité, mais voilà de quoi méditer pour ceux qui croient que nos conditions d'emploi sont idylliques... ;-))
Cela fait quelques jours qu’on entend parler de la réduction du train de vie de l’Etat. Quelle solution a-t-on trouvée ? Le non-remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux.
Bien sûr, comme je suis moi-même fonctionnaire, on peut penser que je prêche pour ma paroisse. Disons plutôt que certains éléments sont plus perceptibles lorsqu’on les observe de l’intérieur.
Cadre de l’administration territoriale, avec huit ans d’ancienneté dans la catégorie dite « A », je suis pourtant encore loin de gagner, en net, deux mille euros par mois, même en comptant treize mois et en divisant mon salaire annuel par douze.
Par contre, pendant la campagne présidentielle, j’ai vu à plusieurs reprises circuler des mails et PPS faisant état de chiffres que je ne reproduirai pas ici, histoire de ne pas remuer le couteau dans la plaie. Ces chiffres, c’étaient les revenus d’une des personnes parmi les candidats (et de son conjoint). Ces gens empochent chaque mois davantage qu’un cadre de l’administration en un an, et je suppose qu’il ne s’agit pas de cas isolés.
Détail amusant, lors de ma formation juridique, on m’a enseigné que les indemnités de fonctions sont très élevées pour éviter aux élus d’être tentés par la corruption. J’ai comme l’impression que ce but louable n’est pas toujours atteint. Autrement dit, ces hauts revenus ne protègent personne de la corruption et ne servent donc à rien d’autre qu’à créer des déséquilibres entre les agents économiques, et à tirer des prix vers le haut, ce dont nous n’avons pas particulièrement besoin.
Alors, quelles sont les rémunérations qui coûtent le plus cher au contribuable ? Les fonctionnaires ou les élus ?
Par ailleurs, je sais que je me répète, mais je reste convaincue que le principal frein à la consommation, ce n’est pas la quantité d’argent disponible dans le porte-monnaie du chaland, mais la difficulté à le gagner. A salaire ou traitement égal, on se laisse bien moins facilement tenter par des biens de consommation qui ne sont pas absolument nécessaires lorsque l’argent est pénible à gagner, lorsque le travail est source de stress. Or, c’est le résultat auquel on risque d’arriver en ce qui concerne les fonctionnaires si on aggrave leurs conditions de travail en réduisant leur nombre. Autrement dit, le non-remplacement de fonctionnaires aura un impact négatif sur la situation économique.
Ce que je crains, par contre, c’est qu’il s’agisse là d’un argument politique. On raconte tellement d’histoires sur les fonctionnaires qu’en général il est bien vu par certaines catégories de population d’attaquer professeurs, infirmiers, pompiers, policiers, etc, etc.
On fait fausse route. Il devient urgent de cesser de prendre les agents publics pour les boucs émissaires du pays.
AB
Lorsque j’ai posté la petite fable (ci-dessous) du nouveau directeur général, j’étais à court d’idées sur la question du pourquoi de la présence de tels individus dans nos environnements professionnels. Je me souvenais d’une lecture qui expose une théorie qui répond à cette question, mais je ne la retrouvais plus en faisant mes recherches. C’est chose faite, j’ai trouvé les sites que je cherchais.
La moralité de la fable était donc que certaines personnes ont tellement envie de commander qu’elles en oublient de penser. Je me suis souvent demandé POURQUOI de tels chefs peuvent polluer nos lieux de travail, parce qu’en effet, en nous empêchant de travailler correctement :
- dans le secteur privé, ils nuisent à la productivité, donc au profit (coût financier)
- dans le secteur public, ils nuisent à la qualité du service rendu à la population (coût électoral).
Malgré tous ces inconvénients, la déstabilisation psychologique est devenue le mode normal de gestion du personnel. Quel intérêt peut donc bien représenter le harcèlement pour un dirigeant ? Plusieurs hypothèses peuvent être envisagées :
1) Le dirigeant souffre d’un dysfonctionnement des fonctions reproductives, et voir des salariés être obligés de souffrir pour nourrir leur famille lui procure du plaisir. Pourquoi pas ?
2) Le dirigeant a l’impression que son autorité est renforcée si les gens vont mal, et qu’ils seraient prêts à accepter n’importe quoi pour se faire bien voir. Possible également.
3) Le dirigeant est intellectuellement limité et il n’a pas compris que les actions visant à la déstabilisation de son personnel sont contre ses intérêts. Peu probable.
4) Il n’y a rien à comprendre, notre société est régie par l’instinct de domination comme une meute de canidés. Tout à fait plausible, à moins que tout simplement ce soient les mauvais penchants qui sommeillent en chacun de nous qui s’expriment par l’écrasement du plus faible.
5) Et maintenant la plus terrible des hypothèses : le dirigeant est commandité, sciemment ou à son insu, par un système pyramidal dont la tête serait constituée par… allez, je préfère vous mettre ci-dessous le lien vers un texte qui, je l’espère, relève de la science fiction plutôt que d’une fuite véridique :
Si vous n'avez pas le temps de lire les dizaines de pages de ce document, je vous conseille d'appuyer simultanément sur les touches Ctrl et F, puis de demander la recherche de l'expression "cellule familiale". Le paragraphe où elle figure et le suivant sont ceux qui m'ont le plus marquée.
En substance, voici ce que dit le message. Un document laissé dans une photocopieuse achetée dans une vente de surplus militaire décrirait une méthode particulièrement cynique visant à établir une dictature à l'échelle planétaire, dans le cadre d'un programme s'étalant sur quelques dizaines d'années. Pour favoriser la disparition des démocraties, plusieurs actions seraient menées de front dans l'optique de faire baisser le niveau intellectuel du grand public - entre autres :
- appauvrissement de l'enseignement scolaire,
- appauvrissement culturel des divertissements,
- éclatement de la cellule familiale : le document explique que plus les soucis économiques et professionnels sont pesants, plus les divorces sont fréquents, et que plus les familles sont disloquées, plus les enfants connaissent des situations d'échec scolaire,
- dans cette optique, baisse des revenus, précarisation de l'emploi, dégradation des conditions de travail, délocalisations, etc etc.
Oups ! Cela nous fait considérer la question du harcèlement au travail sous un tout autre angle, n'est-ce pas ? On ne peut pas savoir si la "fuite" (le document abandonné dans la photocopieuse) est réelle ou non. De toute façon, si ce n'est pas le cas, le très long texte, même s'il relève de la politique-fiction, a le mérite de nous faire prendre conscience de ce qui pourrait nous arriver si nous continuons à ne pas réagir. La baisse du niveau d'instruction est réelle et devient vraiment préoccupante. Il est de plus en plus difficile de trouver un texte exempt de fautes de grammaires, qui sont souvent bien trop nombreuses pour relever de la simple étourderie. Par ailleurs, si dans une conversation deux ou trois mots hexasyllabiques vous échappent, vous serez qualifié d'intello, sur un ton ne laissant aucun doute sur le caractère péjoratif de ce mot, et même vous serez mis sur la touche. Aujourd'hui, il est devenu "cool" de montrer son corps plutôt que sa bonne éducation, c'est ainsi.
Par contre, ce qui me fait douter de l'authenticité de l'histoire du document égaré ou laissé volontairement dans la photocopieuse, c'est qu'il contient, heureusement, certaines énormités difficiles à avaler. On y lit, par exemple, qu'on peut mesurer la soumission d'un peuple (et donc le fait qu'il soit mûr pour accueillir un dictateur) au taux de recouvrement des impôts, ceux-ci étant présentés comme une sorte de racket autoritaire de l'Etat. Certes, il existe hélas de nombreux exemples d'abus de fonds publics, mais n'oublions pas que s'il n'y avait pas d'impôts, l'école serait payante, ou alors non chauffée, les soins hospitaliers deviendraient inabordables pour le citoyen ordinaire, les routes et les bâtiments publics ne seraient plus entretenus, les ordures ne seraient plus collectées, et j'en passe.
Donc heureusement, cette allégation douteuse sur l'impôt peut nous rassurer en rendant incrédible l'ensemble du document. Ouf, il est plutôt improbable qu'un mécanisme implacable de destruction des démocraties soit actuellement en route, mais attention, ce texte témoigne déjà que quelqu'un a déjà eu l'idée...
Mais... et si c'était vrai ? Cela pourrait expliquer pourquoi votre employeur laisse votre chef vous prendre le chou à longueur de journée, et pourquoi ce procédé se généralise peu à peu à l'ensemble du monde du travail. CQFD.
Laissez-moi vous raconter cette histoire que j'ai reçue sous forme de PPS. Certes, c'est caricatural, mais parfois pas si loin de la réalité.
Une entreprise décide de changer de gestion et engage un nouveau directeur général. Ce dernier est déterminé procéder à des changements pour rendre l'entreprise plus productive.
Le 1er jour, il fait une inspection de l'entreprise, accompagné de ses principaux collaborateurs. Il constate que tout le monde est en train de travailler, sauf un jeune homme qui est appuyé contre le mur, les mains dans les poches.
Le directeur voit là une opportunité pour faire comprendre aux travailleurs sa philosophie du travail. Il demande au jeune homme : « Combien gagnez-vous par mois ? » - « 1000 euros, Monsieur, pourquoi ? » répond le jeune homme sans comprendre.
Le directeur lui remet 1000 € en liquide et lui dit : « Voilà votre salaire pour ce mois. Maintenant, disparaissez et ne remettez plus jamais les pieds dans notre entreprise. » Le jeune homme met l'argent dans sa poche et exécute l'ordre du directeur.
Le directeur, fier de lui, demande à un groupe de travailleurs : « Quelqu'un peut me dire ce que faisait ce jeune homme ? »
« Oui Monsieur, répond surpris l'un d'eux, il est venu livrer une pizza. »
Moralité : certaines personnes ont tellement envie de commander qu'elles en oublient de penser !
Pourquoi il existe des individus semblables à ce directeur, j'ai passé l'âge de me poser la question. Je sais bien que parfois la nature fait des erreurs, et que de même que tout le monde n'est pas en bonne santé, tout le monde n'a pas un QI à trois chiffres.
Ce qui m'interpelle, par contre, c'est pourquoi des dirigeants d'entreprises et d'administrations embauchent de telles personnes. Si quelqu'un a une idée, elle sera la bienvenue.....
Il n'y a pas que la ville de Petautschnock qui connaît des situations cocasses dues à l'inimitié entre certains agents. Pour ma part, dans ma mairie, j'ai mon Iznogoud personnel, et ce soir j'ai envie de vous faire sourire un peu.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas le contre-héros créé par les artistes René Goscinny et Jean Tabary, un Iznogoud (de l'anglais « he's no good » - il n'est pas bon) c'est quelqu'un qui est hiérarchiquement juste en dessous de vous, et qui serait prêt à faire n'importe quoi pour vous piquer votre place. Si, si, vous en avez sûrement un…
La mienne, parce que c'est une fille, cherche constamment à me shunter dans toutes sortes d'affaires. Et parfois même elle y arrive, certaines personnes un peu vieux jeu ayant tendance à lui faire confiance parce qu'elle pourrait être ma mère. Ce qui me fait mourir de rire, c'est qu'elle a la conscience tellement tranquille qu'elle rougit et qu'elle tremble dès que je l'approche… vous imaginez le tableau. Bien évidemment, ce n'est pas moi qui choisis mes collaborateurs, je ne suis pas assez haut placée pour cela.
Aujourd'hui a eu lieu entre nous ce comique échange de courriels. Elle s'était permis de vérifier (dans mon dos bien sûr, sinon ce ne serait même pas drôle) un décompte de main d'oeuvre que j'avais effectué, en vue d'une facturation de travaux de réparation après un sinistre. Mon Iznogoud, nous lui féminiserons son nom et nous l'appellerons Chieuznogoud ; par ailleurs, nous appellerons mon chef M. Tartempion, et celui du service Finances devient ici M. Picsou. Voilà donc ce que cela donne :
De : Mme CHIEUZNOGOUD Envoyé : jeudi 28 juin 2007 11:43 À : AB Cc : M. TARTEMPION; M. PICSOU Objet : Elémentaire Charlemagne - indemnisation du sinistre
OBJET : Ecole élémentaire Charlemagne
Remise en état suite au Sinistre-incendie
AB,
Après examen du décompte des travaux en régie au titre du programme de travaux cité en marge,
Il apparaît qu'une TVA a été appliquée à tort aux tarifs municipaux.
Courtoisement
De :
AB Envoyé : jeudi 28 juin 2007 11:58 À : Mme CHIEUZNOGOUD Cc : M. TARTEMPION; M. PICSOU Objet : RE: Elémentaire Charlemagne - indemnisation du sinistre
En fait, ce n'est pas une TVA, ce sont des frais généraux appliqués systématiquement aux tarifs municipaux lors de la facturation suite à un sinistre. Je vais vérifier tout de même.
Bon, jusque là, c'est effectivement courtois.
De : AB Envoyé : jeudi 28 juin 2007 12:11 À : Mme CHIEUZNOGOUD; M. TARTEMPION; M. PICSOU Objet : RE: Elémentaire Charlemagne - indemnisation du sinistre
La vérification est faite.
Fort désolée (lol) il n'y a aucune erreur de ma part.
Il suffisait de constater que les tarifs municipaux ont été majorés de 20 % (taux des frais généraux) et non de 19,6 % (taux de la TVA).
Là, j'admets que cela faisait 28 minutes que je ruminais le fait que la madame avait ressenti le besoin de faire copie de son message (où elle espérait me mettre en cause) à mon chef et au chef du service finances, et que je commençais à me lâcher un peu. Je ne suis pas certaine qu'elle ait compris le "lol".
De : Mme CHIEUZNOGOUD Envoyé : jeudi 28 juin 2007 12:17 À : AB; M. TARTEMPION; M. PICSOU Objet : RE: Elémentaire Charlemagne - indemnisation du sinistre
Il y a un pb de présentation ; les frais généraux doivent apparaître sur les décomptes
et les tarifs correspondrent (sic !) à ceux mentionnés dans l'arrêté du Maire.
Là, c'est la meilleure. Voilà que mon Iznogoud prétend m'apprendre comment je dois faire mon boulot, où malgré notre grande différence d'âge j'ai plus d'ancienneté qu'elle. Pour un peu, je lui servais un "mdr", mais bon, j'ai réussi à me contenir.
De : AB Envoyé : jeudi 28 juin 2007 12:21 À : Mme CHIEUZNOGOUD; M. TARTEMPION; M. PICSOU Objet : RE: Elémentaire Charlemagne - indemnisation du sinistre
Eh bien non, cela fait des années (notamment depuis l'affaire Assurance Machinchose) que nous ne faisons plus apparaître les frais généraux mais que nous les calculons directement. Sinon, les assureurs et autres débiteurs les contestent.
Ouf, la madame s'est arrêtée là, fort heureusement. A vrai dire, je m'étais dit que si elle m'envoyait encore une énormité à propos de cette affaire en mettant une partie de la hiérarchie en destinataire de copie, cette fois je lui répondais en mettant en copie la mairie toute entière, histoire de lui inculquer (mieux vaut tard que jamais) quelques notions de base en matière de respect.
Comiquement, cette manifestation de grande déférence de ma subalterne intervient juste au moment où on parle dans les journaux de l'affaire de ces trois agents hospitaliers qui, par malveillance, ont administré à leurs supérieures des calmants et des laxatifs.
La loi sur le harcèlement moral vise autant les abjections qui viennent d'en haut que celles qui viennent d'en bas, mais ces dernières sont cependant bien moins connues. Toutefois, tous les cadres moyens savent que la pression vient autant d'en bas que d'en haut, elle est juste le plus souvent moins difficile à gérer dans le premier cas, mais peut-être plus éprouvante sur le plan affectif : ne sommes-nous pas plus proches de notre équipe que de notre hiérarchie ?
Dans le monde du travail, il n'y a pas que des Thénardier, c'est-à-dire des gens qui abusent de leur position d'autorité. Il y a aussi des Iznogoud, tout aussi redoutables. Ce qui est dommage, dans la fonction publique, c'est qu'il est impossible de neutraliser un Iznogoud si on n'est pas suffisamment haut placé pour disposer d'outils coercitifs.
Ce matin, j’ai eu une fois de plus le grand déplaisir d’entendre parler, à la radio, des prétendues difficultés financières de la Sécurité Sociale. C’est toujours la même chanson, nous passons trop d’examens, trop de scanners notamment, nous prenons trop de médicaments, nous ne nous référons pas assez à un médecin traitant, etc, etc.
Pourquoi les allégations de ce genre me mettent hors de moi à chaque fois ? Il se trouve que l’ex-beau-père de mon fils, que j’ai fréquenté durant deux années dont une en vie commune, est salarié de notre chère assurance-maladie publique. Quel était son salaire net à l’époque, c'est-à-dire il y a cinq ans ? 4.000,- euros environ, pour 13 mois. Pour l’année 2003, il a déclaré plus de 53.000,- euros au fisc. Combien de jours de congés et de RTT ? Une soixantaine, à ce qu’il me disait. Et encore, mon ex-compagnon n’était pas le grand patron de l’antenne où il travaillait, il avait deux supérieurs au-dessus de lui, et il me disait que les médecins-conseils gagnaient bien davantage. J’ignore par contre si cela est toujours d’actualité en 2007.
Bien sûr, il me disait que les salaires et les remboursements de soins figuraient sur deux comptes bien distincts, mais franchement, de qui se moque-t-on ? Il suffirait qu’une loi prévoie les ajustements de compte à compte, si je simplifie.
Je ne parle même pas des avantages en nature de tous ordres. Bref, de quoi nous motiver, nous, salariés ordinaires, à aller travailler pour des miettes et à cotiser pour la caisse d’assurance-maladie.
Le plus drôle, c’est que cette même personne a joué les saints scandalisés le jour où je lui ai dit qu’une de mes collègues, presque smicarde par rapport à lui, se fait porter pâle pour procéder à son nettoyage de printemps. Combien de mois faudrait-il pourtant que ma collègue soit en maladie diplomatique pour espérer toucher autant que lui de la part de la Sécu ?
En substance, il trouve normal de gagner presque quatre fois sa paye, sans doute estime-t-il qu’il vaut quatre fois plus que cette « petite » employée qui pourtant effectue le même temps de travail que lui, avec une pénibilité plus importante, et s’acquitte des mêmes charges de transport et de garde d’enfants.
Que des gens gagnent de très gros salaires, cela ne me dérange pas, au contraire ; après tout, je vis très bien avec ce que j’ai, et a contrario je suis toujours triste de constater que d’autres sont dans des situations difficiles. Par contre, qu’ils nous fassent la morale sur nos dépenses de santé, cela me hérisse le poil.
Et surtout, si vous ne gagnez pas 4.000,- € par mois, ne vous attristez pas. Mon fils et moi avons laissé ce monsieur à ses hautes sphères financières et à sa très grande moralité, et nous nous en portons très bien. L’argent peut certes acheter une grande maison, mais pas un foyer.
AB
Le maire de Petautschnock, candidat à la députation, a été battu dès le premier tour des législatives dimanche dernier. C'est d'autant plus rageant pour lui que son score ne fut pas si mauvais, avec près de 25 % des suffrages exprimés.
L'heureux vainqueur a remporté moins de 50,5 % des bulletins non nuls.
Selon les règles de scrutin en vigueur, est élu au premier tour le candidat qui a obtenu au moins la moitié des suffrages exprimés plus une voix.
Eh bien, dans cette circonscription, il s'en est fallu de moins de 150 voix pour qu'ait lieu un second tour. Cela correspond plus ou moins au nombre des employés de la mairie de Petautschnock qui résident sur place, de leur famille et de leurs amis.
Certes, c'était un vrai défi que de tenter de nager à contre-courant du tsunami bleu. Cependant, il est indubitable que le maire de Petautschnock serait actuellement en ballottage :
- s'il n'avait opté pour un système de gestion du personnel communal basé sur la déstabilisation psychologique,
- s'il n'avait avalisé les agissements de directeurs qui semblent plus soucieux de satisfaire leur besoin de pouvoir que de gérer les services dans un souci d'efficacité, s'il n'avait feint de croire à des accusations calomnieuses émises par ces dirigeants contre leurs subalternes,
- s'il n'était resté sourd aux sollicitations légitimes d'agents désireux de ne pas perdre le bénéfice des heures supplémentaires auxquelles on les a contraints, lesquelles sont écrêtées chaque 31 décembre,
- s'il ne passait pas devant des employés communaux en les ignorant, s'il tenait parole lorsqu'il promet verbalement à l'un ou à l'autre une meilleure gratification de son travail sans qu'aucun écrit ne suive ces nobles intentions,
- si la ville de Petautschnock n'obligeait pas les agents qui souhaitent un temps partiel leur dégageant leurs mercredis à accepter un 85 %, dans le but de les empêcher de bénéficier des dispositions statutaires avantageuses prévues pour encourager le temps partiel à 80 %.
Bien sûr, les pratiques de ce genre, qui constituent une nouvelle forme de violence au travail, ont un coût financier certain : personnes démotivées, perdant de surcroît un temps précieux à se couvrir et à se justifier, finances gérées par des salariés stressés, absences en raison de malaises psychosomatiques, et j'en passe. Seulement, contrairement au patron privé, l'élu qui dirige une collectivité s'en moque éperdument puisque c'est le contribuable qui paye.
Mais voilà, le maire de Petautschnock a appris à ses dépens que le stress au travail a aussi un coût politique. Se retrouver en ballottage défavorable à l'occasion du scrutin des législatives eût été une défaite bien moins cuisante qu'être battu dès le premier tour. Cependant, grâce au bouche à oreille, ce premier magistrat n'a même pas obtenu la majorité des suffrages exprimés dans sa propre commune. On peut dire qu'en faisant subir de douteuses économies sur des frais de personnel, il a vraiment tout gagné.
Je suis absolument de l'avis d'AB que je salue au passage. Ces gens qui expriment leur mécontement à propos des horaires des magasins et qui s'épanchent parfois sur les médias trouveraient scandaleux qu'on les fasse travailler dans de telles conditions. Pour les salariés: si l'on banalisait les dimanches, plus de vie de famille, plus de vie associative, et tout cela pour quel bénéfice ? Pour les magasins: de toute manière le pouvoir d'achat des clients restant le même ou régressant, le chiffre d'affaires global n'augmentera pas, et ne pourra que se répartir sur un plus grand nombre de jours travaillés. Et les charges induites seront en augmentation.
AR
J'ai de plus en plus l'impression que le monde tourne à l'envers : les jours fériés sont travaillés alors que les jours "normaux" on fait le pont, il y a de la canicule au printemps, alors que les fruits et légumes pourrissent en été... Je pense pourtant que chacun devrait pouvoir être libre de ses choix : faire ou non ses achats le dimanche, travailler ou non les dimanches et jours fériés. Malheureusement, ce sont les patrons, guidés par leurs calculs mercantiles, qui décident d'ouvrir les magasins en-dehors des jours normaux. Et leurs employés se sentent sans doute souvent obligés de travailler ce jour-là, faute de quoi ils sont mal vus par leur employeur et risquent à long terme de perdre leur emploi selon des prétextes plus ou moins fallacieux... En tout cas, je reste totalement d'accord avec ma culture ancienne spécifique à l'Alsace-Lorraine : respect des dimanches et jours fériés. Il ne me viendrait pas à l'idée d'aller faire un achat, si petit soit-il, un de ces jours-là. (en effet, En Alsace et en Moselle, on ne travaille pas le vendredi-Saint et la Saint-Etienne lendemain de Noël, et ces jours-là les commerces même alimentaires sont traditionnellement fermés, droit local oblige). FMG
Ce matin, j’ai entendu parler à la radio des perturbations sur le réseau ferroviaire en Lorraine. Le motif ? Des contrôleurs sont en grève, et de ce fait un train sur trois ne circule pas aujourd’hui 1er juin 2007.
Quoi ? Oui, vous avez bien lu, et j’ai réécouté l’information plusieurs fois pour m’assurer que je l’avais bien comprise.
Si je ne m’abuse, les contrôleurs ne jouent un rôle ni dans la conduite des trains, ni dans le fonctionnement des aiguillages, ni dans la sécurité. Autrement dit, rien n’empêche matériellement les trains de circuler.
Donc, ce qui gêne la SNCF, c’est l’éventualité que des usagers puissent voyager sans avoir payé leur billet. Et la compagnie ferroviaire, apparemment, aime encore mieux priver tout le monde d’un service public que risquer de l’assurer gracieusement. Et, cerise sur le gâteau, la direction de la SNCF se moque des usagers tout en tentant de faire porter le chapeau, dans l’opinion publique, à des contrôleurs, autrement dit à des « petits » travailleurs comme vous et moi.
J’espère que cette attitude conduira ceux qui pensent que les entreprises publiques doivent être gérées selon le mode privé à reconsidérer leur position. Cet exemple est typique de l’immoralité de la loi du profit. En Lorraine, de très nombreux salariés comptent sur le train pour se rendre à leur travail, que celui-ci soit situé à Nancy ou à Luxembourg. Certains ont choisi cette solution par citoyenneté et par souci environnemental, pour privilégier le transport en commun par rapport à l’automobile. D’autres veulent simplement fuir la dangerosité de l’autoroute A31, surchargée.
Alors, où est le sens du service public des dirigeants de la SNCF ? Où est leur souci du développement durable et de la sécurité ?
Je voudrais encore écrire quelques mots de soutien aux contrôleurs grévistes. Comme tout le monde, j’ai lu les diaporamas qui circulent, prétendant que les salariés de la SNCF sont des privilégiés par rapport au commun des actifs. Je ne fais pas circuler ces messages ; lorsque j’aurai travaillé de nuit, ou les dimanches, et que j’aurai passé de nombreux jours éloignée de ma famille pour contribuer à une mission de service public, je me permettrai de les juger. En attendant, lorsque je constate, à travers ce qui se produit aujourd’hui, l’attitude de la SNCF envers les usagers, je n’ose même pas imaginer comment elle traite son personnel.
AB
Cela fait quelques jours que cet article me trotte dans la tête, mais que je ne sais trop comment le rédiger. En effet, pour être franche, je suis hors de moi, mais je ne voudrais surtout pas que ce qui suit ait un ton de polémique. Je tiens à ce que ce blog qui se veut citoyen reste libre, égalitaire et... fraternel bien sûr.
Sans vouloir le moins du monde m'exprimer sur le bien-fondé ou non de la journée de la solidarité, j'ai commencé, la première année, par m'étonner qu'elle ait été placée un beau week-end de fin de printemps plutôt que le 11 novembre par exemple, qui est le plus souvent une journée grise où il fait encore meilleur au travail qu'autour d'un barbecue. En plus, placer la journée de la solidarité le 11 novembre eût été une belle façon d'affirmer un certain sentiment européen.
Et puis sont venus les différents jours fériés où les magasins restent ouverts pour que leurs salariés puissent offrir leur journée de la solidarité. C'est ainsi que, jeudi dernier, c'est-à-dire le jour de l'Ascension, plusieurs commerces et hypermarchés de ma région ont été ouverts. Le hasard a voulu que je traverse une zone commerciale, et là, j'ai été effarée du nombre de voitures stationnées sur les parkings des magasins. Il y avait, c'était à en pleurer, bien davantage de monde que lors d'un jour ouvré normal.
En ce qui me concerne, je suis tellement opposée à l'ouverture dominicale des commerces que je m'abstiens de faire mes achats de Noël pendant les dimanches de décembre, comme s'il n'y avait aucun autre moment opportun pour les faire ! Et pourtant, si je fréquentais les commerces les dimanches avant Noël, je pourrais au moins soulager ma conscience en pensant que les employés des magasins sont payés double.
Pour la journée de la solidarité, ils ne sont pas payés du tout.
Alors, qui sont ces gens qui vont alourdir la charge de travail des employés de commerce précisément un jour où ils travaillent gratuitement, en surfréquentant les magasins ? A ceux qui bénéficient d'un jour férié mais vont rendre encore plus pénible la journée pour qui a moins de chance qu'eux, je dis : "Eh bien, bravo pour votre solidarité..." N'ont-ils pas pensé qu'un jour, peut-être, ce seront eux, ou leurs enfants, qui seront à la place des employés de commerce ? N'est-il pas venu à leur esprit qu'à nous livrer à de telles actions, nous risquons tous de perdre nos dimanches, de devoir placer nos enfants le week-end, d'avoir du repos quand ils ont classe, et de ne plus les voir grandir ?
De grâce, la prochaine fois que nous verrons un magasin ouvert un jour férié, soyons solidaires de ceux qui y travaillent et abstenons-nous de tout achat.
Attention ! Ce qui suit est tout simplement incroyable, et pourtant c'est bel et bien arrivé. Cela s'est produit dans une mairie de l'est de la France. Mme V... est responsable administrative des services techniques ; son poste consiste principalement à gérer la section d'investissement du budget communal, et par ailleurs elle est chargée de l'encaissement des subventions obtenues auprès de différents organismes pour des opérations d'investissement (grosses réparations de voirie ou de bâtiments publics). Elle n'a aucune formation technique.
Ce que vous allez lire est inimaginable : sa hiérarchie a monté de toutes pièces une situation dans le but de l'empêcher d'accomplir ses missions, et a émis QUATRE rapports contre elle, destinés au maire de la commune, lui reprochant les délais d'exécution de son travail.
Quand Mme V... a eu connaissance de ces rapports, elle a adressé un mémoire au maire, reprenant point par point les accusations dont elle a fait l'objet, et que je reproduis partiellement dans l'article ci-après. Ce que vous lirez n'est que la partie émergée de l'iceberg, parce que j'ai épuré le mémoire de Mme V... de toutes les accusations autres que celles en rapport avec l'encaissement des subventions. Je peux simplement vous dire qu'elle avait conservé copie de nombreuses notes contradictoires de ses détracteurs, et qu'elle a pu se blanchir intégralement des allégations de sa hiérarchie. Néanmoins, le maire a ignoré la défense de Mme V..., ce qui semble démontrer que c'était lui qui avait commandité cette machination. On dirait que le but poursuivi est de la licencier pour insuffisance professionnelle.
Par pudeur, Mme V... est restée muette sur les raisons pour lesquelles ce maire lui en veut à ce point là.
Il peut être utile de préciser qu'un ancien subalterne de Mme V..., qui était technicien il y a quelques années, est devenu son chef après avoir réussi un examen d'ingénieur. Cela n'est pas fait pour assainir une ambiance de travail.
Par ailleurs, plusieurs collègues de Mme V... ont intenté des procès contre cette commune pour des faits similaires ; il semble que le tribunal administratif est sur le point de leur donner raison. Donc si pareille chose devait vous arriver, NE DESESPEREZ JAMAIS.
Dans le mémoire de Mme V..., je me suis permis de souligner les passages les plus savoureux. Je vous indique encore ci-dessous les fonctions des différents personnages dont vous ferez la connaissance.
LEGENDE DU MEMOIRE DE Mme V...
Mme P… : le Directeur Général des Services ou DGS
M. B… : le nouveau Directeur des Services Techniques (DST)
M. L… : l'ancien DST
M. K… : l'ancien DGS
M. S… : le chef du service population et domaines
Mme M… : la responsable des achats
(absente 2 mois)
M. H… : le responsable du service des eaux, qui paie également les factures EDF et GDF
(absent 3 mois)
Mme Sch… : remplaçante de M. H… depuis novembre 2006
M. O… : le responsable du paiement des factures de fonctionnement (sauf EDF et GDF)
M. I… : l'informaticien
Mme T… : une adjointe au maire
M. A… : un formateur sur le logiciel de gestion des abonnés (eau)
M. Z... : le responsable de l'urbanisme
Il est temps de vous laisser en compagnie de Mme V... Bonne lecture, vous n'en croirez pas vos yeux !
: Mémoire complémentaire aux rapports me concernant
Je fais suite aux quatre rapports qui m'ont été remis lors de notre réunion informelle (sur invitation verbale) du 28 novembre 2006 et émanant, pour deux d'entre eux, de Mme P..., Directeur Général des Services, et pour les deux autres, de M. B..., Directeur des Services Techniques, où je suis affectée. Gardons en mémoire que je réponds ici à quatre rapports dans un seul document.
Je vais commencer par reprendre les propos de nos directeurs dans l'ordre de leur apparition dans les quatre rapports, datant du 3 juillet 2006 au 15 novembre 2006 (et remis, vous le savez, cinq mois après la rédaction du plus ancien). Pour parler rapidement de mes débuts dans les services techniques en septembre 1999, je ne conçois pas comment M. B... peut écrire que « les collègues du service et lui-même » auraient constaté à l'époque un manque de professionnalisme ma part. Tous, excepté M. L..., étaient hiérarchiquement au-dessous de moi. Aucun ne connaissait le volume des tâches que j'ai menées à bien au niveau du suivi du budget d'investissement, du recouvrement des recettes, et de multiples autres dossiers qui étaient de mon ressort. Il ne s'est jamais agi d'un emploi de manager; je n'ai à aucun moment disposé des moyens pour remplir une telle fonction ; dans l'optique de M. L..., il s'agissait plutôt d'un poste de gestion, d'organisation et d'animation.
J'admets avoir eu, en 2002, quelques préoccupations familiales. Cependant, on note que M. L... écrivait dans les feuilles de notation que néanmoins, le travail a toujours bien été accompli. Quant à l'accusation d'avoir abusé en 2002 d'Internet qui nous a été installé en 2004, elle n'appelle aucun commentaire...
Aux propos sur les sollicitations de mes supérieurs avant les promotions successives de M. B..., je réponds, comme pour le manque de professionnalisme : « Qu'en sait-il ? Etait-il concerné ? » Pas du tout, puisqu'il qu'il se trouvait à un niveau hiérarchique inférieur par rapport au mien, et qu'il n'avait qu'une vague connaissance des missions inhérentes à mon travail.
J'en viens à l'énumération d'accusations qui précède la conclusion du premier rapport de M. B... :
- le non-respect des délais dans l'exécution des tâches, la désinvolture systématique et l'inexécution des missions confiées : j'y reviendrai plus loin, à travers les deux exemples précis évoqués dans les rapports du 15 novembre 2006 ;
- le retard dans l'établissement de l'état des recettes en matière de subventions : je joins au présent mémoire copie d'un échange de mails avec Mme P... qui prouve justement le contraire (état des recettes demandé le 9 janvier 2006, sans précision de délai, et livré le lendemain) ;
Les autres points appellent davantage de commentaires. Pour le manque d'autorité, bien que j'aie déjà parlé plus haut de mon rôle qui n'est pas celui d'un manager, il me paraît opportun de vous faire part de faits très graves survenus début 2002. Malgré mes nombreuses sollicitations, M. B..., alors mon subalterne, refusait absolument de respecter quelque peu mon espace de travail. J'occupais le bureau situé entre le sien et celui de M. L..., et il le considérait comme un simple couloir, le traversant à tout propos pour aller voir M. L..., et cela de façon très bruyante, me faisant sursauter à chaque fois par l'extrême brutalité avec laquelle il ouvrait la porte qui séparait nos deux bureaux. J'ai fini, comme le faisaient la plupart de mes collègues, par mettre un meuble devant la porte pour protéger mon espace de ces intrusions qui se produisaient des dizaines de fois par jour. Pourtant, M. B... a persisté à forcer ce passage, en poussant très violemment la porte et le meuble qui se trouvait derrière celle-ci. Un matin à mon arrivée, j'ai trouvé le meuble déplacé sur quelques dizaines de centimètres et la plante verte qui y était posée était renversée au sol. Plusieurs collègues se souviennent encore de l'incident aujourd'hui. M. L..., qui tenait à la paix dans notre service, a passé l'éponge sur l'affaire, sans vouloir chercher à savoir qui avait forcé mon bureau au point d'en arriver à un risque de dégradation de locaux publics, et je l'ai imité. Que M. B... se permette aujourd'hui de vous écrire qu'il a constaté mon manque d'autorité à cette période alors qu'il devrait plutôt me remercier de ne pas avoir donné suite à ses actes de rébellion, à mi-chemin entre la violence psychologique et la violence physique, est consternant. Je considérais ses multiples agressions contre mon lieu de travail, et donc contre la fonction que j'occupais, comme du passé révolu, mais voilà que M. B... les fait remonter à la surface en condamnant la mansuétude dont j'ai fait preuve à son égard.
J'aborde à présent le premier rapport de Mme P..., du 31 août 2006. C'est précisément à cette date que M. B... m'a agressée verbalement avec une telle violence que j'ai déposé une main courante au commissariat de PETAUTSCHNOCK. Le motif de cette agression était que M. B... voulait que je lui démêle des questions techniques sur le revêtement de la rue de Verdun, et que, étant de formation administrative et juridique, je ne pouvais pas lui donner satisfaction. Il a alors eu des débordements verbaux sur ma santé et sur mon divorce. C'était une parenthèse.
Il est choquant que Mme P..., DGS, écrive qu'elle confirme des dires non vérifiés, et qu'elle abonde dans leur sens.
Pour ce qui est du prétendu blocage des subventions, il se trouve que des tâches de toutes natures et hors de mes fonctions m'ont été imposées de fin 2005 à juin 2006. Malheureusement, à l'époque, je ne pensais pas avoir besoin de justifier chacune de mes actions. Je ne peux donc que vous énumérer les tâches que j'ai dû accomplir, sachant que j'ai accepté des ordres donnés verbalement :
- la constitution du dossier de DUP pour la rue des Prés et la lettre au Préfet y afférente (je n'avais jamais touché à une DUP pour la bonne raison que cela ne faisait pas partie de mes attributions) ;
- l'aire d'accueil destinée aux Gens du Voyage : recherches juridiques en vue de l'établissement de notes internes sur la procédure d'expropriation, courriers de consultation du service d'assistance juridique de l'assureur, puis de l'avocat de la Ville, dossier de DUP et lettre au Préfet ;
- la demande au Tribunal de désignation d'un commissaire enquêteur pour le PLU ;
- de multiples documents liés à des dysfonctionnements d'équipements techniques, tels les pannes du chauffage de la mairie, les infiltrations au-dessus de l'ascenseur de la mairie, les démarrages intempestifs de l'alarme de la salle de sports, les infiltrations dans cette même salle : historiques d'incidents techniques en disposant de tellement peu d'éléments qu'il a fallu même demander conseil à un entrepreneur plein de bonne volonté, courriers aux entreprises mises en cause, au maître d'œuvre de la mairie, au service d'assistance juridique de l'assureur, puis de l'avocat de la Ville ;
- lancement de la consultation sur les vêtements de travail, tâche que j'effectuais pour la toute première fois avec tout ce qu'elle implique en matière de sécurité, de qualité, de tailles, etc ;
- les premières versions de la note d'information sur les travaux devant la mairie, dont le contenu ne satisfaisait pas Mme P..., qui cependant n'a pas indiqué tout de suite ce qu'elle souhaitait voir couché par écrit ;
- des courriers divers se rapportant à des questions d'ordre technique plutôt qu'administratif : à des riverains de telle opération, à des particuliers, à des syndics, à la DDE à propos de routes départementales, à l'organisme de coopération intercommunale au sujet d'une piste cyclable.
A propos des différents courriers, j'ai pu vérifier sans problème, en visionnant les documents se trouvant sur le serveur dans le dossier « Services Techniques » que ces affaires purement techniques étaient bel et bien traitées, il y a moins d'un an, par M. L... ; après son départ à la retraite, elles auraient logiquement dû être du ressort de M. B..., son successeur, plus à l'aise que moi dans ces dossiers. De plus, parfois les ordres manquent de précision, et souvent mes écrits ont connu de nombreuses versions différentes, du fait de changements d'avis, indépendants de ma volonté, quant à leur contenu.
Ensuite, durant cette période chargée du premier semestre 2006, M. S... et moi-même avons pu constater que Mme P... nous avait demandé de produire et de rédiger exactement le même document pour la même affaire. J'ose espérer que ce travail demandé inutilement ne résultait que d'étourderie due à une importante charge de travail, sans intention de m'empêcher de trouver le temps matériel de recouvrer les recettes d'investissement.
Enfin, je me permets de rappeler que durant cette période j'étais encore secrétaire du Syndicat des Eaux, mission qui me plaisait, mais dont la charge était devenue difficile à concilier avec mes responsabilités parentales. A cela, il faut ajouter que depuis que j'ai été destituée (sans aucun avertissement préalable) de mes fonctions d'adjointe au chef de service, je n'ai plus le droit d'effectuer des heures au-delà de 18 heures 30, ce qui est fort dommage parce que certains soirs j'aurais pu avancer dans mon travail. J'étais donc contrainte de mener à bien le travail inhérent au Syndicat des Eaux en un temps réduit, tout en satisfaisant à toutes les demandes hors de mes fonctions citées ci-dessus ; dans ces conditions, l'accomplissement de mes propres missions aurait tenu du surnaturel.
J'en viens à la partie la plus simple du présent document, celle pour laquelle je dispose de nombreuses preuves à l'appui de ce qui suit. Il s'agit des factures de fonctionnement que M. B... m'a demandé de traiter en lieu et place de M. H.... Déjà, comment M. B... peut-il affirmer que le 1er octobre 2006 il m'a chargée de remplacer M. H... durant son absence pour maladie, qui est survenue le… 11 octobre 2006 ? En outre, la note de M. B..., dont copie ci-jointe, date du 13 octobre 2006, ce qui représente près de deux semaines d'écart par rapport à ce qu'il déclare.
Je relève par ailleurs la fin de son premier paragraphe, évoquant ma charge de travail : « la gestion de son temps de travail pouvait permettre largement de couvrir cette charge [le remplacement de M. H...]. » Qui est supposé gérer ma charge de travail ? Voilà que M. B... s'accuse lui-même de m'avoir laissée jusque là dans une relative oisiveté.
A présent, il est temps de relater, dans l'ordre chronologique, tout ce qui s'est produit du 13 octobre au 15 novembre 2006. Le 13 octobre 2006, précisément, M. B... m'a demandé de régler un problème avec le prestataire qui gère nos lignes téléphoniques. Il y avait une histoire d'appels venant de fax divers transférés en pleine nuit vers les postes des agents de permanence téléphonique. Bien que ne connaissant rien aux données techniques inhérentes au téléphone, j'ai tenté de donner satisfaction aux collègues réveillés la nuit, d'une part en appelant le prestataire de nos lignes téléphoniques et en essayant d'expliquer le problème, et d'autre part en envoyant un fax à tous les télécopieurs qui envoient des messages nocturnes, pour signaler la situation aux auteurs de ces fax. Compte tenu de mon manque de connaissance en la matière, cela m'a assurément pris plus de temps qu'à une personne qui saurait de quoi elle parle. D'ailleurs, pas plus tard que le mercredi 12 décembre 2006, j'ai fait état à M. B... des difficultés que me posent les signalements d'incidents au prestataire de nos lignes téléphoniques; il m'a répondu, si je traduis en langage courant, que je ai qu'à me tirer d'affaire.
Les factures, quant à elles, m'ont été remises le 16 octobre 2006, les plus anciennes datant du 6 octobre 2006. En prime, M. B... avait ajouté quelques factures normalement du ressort de M. O.... Simultanément, j'étais déjà fort occupée puisque quelques semaines plus tôt, il m'avait demandé de remplacer Mme M..., également absente, au niveau de la commande des agendas (qui comprend le recensement des besoins, la consultation, puis la distribution) et, charge bien plus importante, de la mise à jour de la commande de vêtements de travail. En effet, après essayage, de nombreuses tailles étaient à modifier, et des changements étaient intervenus dans les quantités ; il fallait par ailleurs s'occuper des gants de protection et de commandes complémentaires de sabots de sécurité pour les agents d'entretien. Ce même 16 octobre au matin, j'apprends que je dois assister à une réunion de PLU de plusieurs heures, dont l'objet était l'examen des observations collectées par le commissaire enquêteur. J'aurai l'occasion d'y revenir plus loin.
A l'époque, j'avais été quelque peu surprise d'avoir été chargée de remplacer ces deux collègues simultanément. En effet, Mme M... partage son bureau et une partie de ses attributions avec une autre personne, qui était bel et bien présente durant cette période. A quoi était-elle donc occupée pour que l'on m'oblige à endosser trois postes de travail en même temps ? Comment se fait-il que cette collègue n'ait pu se charger du travail de Mme M..., dont elle partage le bureau ? Par ailleurs, pour ce qui est du paiement de factures, je suis sans doute l'une des moins rodées des Services Techniques à cette tâche. Je n'effectue que quelques paiements par an, et peut-être une bonne vingtaine de titres. Le logiciel comptable est pour moi plutôt un outil de consultation que d'exécution. Jusqu'à fin 2006, lors des congés de M. H..., c'était M. O... qui était chargé de le suppléer pour les tâches urgentes.
Le 17 octobre 2006, j'ai suivi une journée de formation dans un domaine étranger à mon poste de travail. Ma présence à ce stage avait constitué un sujet d'étonnement durant cette journée ; l'on avait cru à une erreur d'aiguillage. Quelques jours plus tard, la chef du service des RH m'a confirmé que l'on n'aurait pas dû m'envoyer à ce stage. Espérons qu'il ne s'agissait pas d'un moyen de me faire perdre une journée de travail.
En outre, d'autres urgences sont venues se greffer sur mon emploi du temps déjà surchargé. J'ai dû faire une note sur la procédure d'achat dans ce service et sur les différentes délégations de signature de bons de commandes actuellement en vigueur. Certes, il semble que tous les services étaient concernés par cette demande, mais apparemment je ne fais pas partie de la cellule Achats, et pourtant c'est bel et bien à moi que la note de M. B... (dont copie jointe) était adressée. Ce travail était à rendre pour le 24 octobre 2006 au matin.
Par ailleurs, j'ai eu une autre demande plus difficile à satisfaire par manque de clarté. Le jeudi 19 octobre 2006, M. B..., dans une note dont copie également ci-joint, m'a demandé de retracer, pour le 20 octobre 2006 « l'évolution des coûts de chauffage et d'électricité pour l'ensemble des locataires des écoles et les autres ». Après beaucoup de recherches dans le bureau inoccupé de M. H..., j'ai fait un tableau retraçant ce que la Ville a facturé en 2005 et 2006 aux locataires de 48 logements, et constaté que l'évolution était inexistante puisqu'il s'agit d'une facturation forfaitaire. C'est alors que Mme T..., à qui étaient destinées ces informations, m'a dit qu'en réalité elle voulait connaître l'évolution du coût de chauffage dans les différentes écoles, afin de mesurer l'impact des travaux visant à l'économie d'énergie… voilà qui avait le mérite d'être clair et logique, mais que de temps perdu, précisément dans cette période où M. B... m'avait chargée de remplacer deux collègues simultanément !
Entretemps, j'avais appris que le papa de mon fils serait en mesure de s'occuper de lui au début des vacances scolaires, soit jusqu'au 26 octobre 2006 à midi, ce qui me permettait de différer mes congés par rapport à ce qui était prévu. Tout à mon soulagement de disposer de temps durant lequel je pourrais me consacrer entièrement au paiement des factures les plus anciennes, il est vrai que j'ai sous-estimé l'impact sur mon « timing » de la mise à jour du logiciel comptable, qui devait intervenir vers le 25. De plus, je croyais qu'une fois la mise à jour effectuée, je pourrais utiliser à nouveau le logiciel comptable, ce qui ne fut pas le cas. En tout état de cause, le fait d'avoir programmé le paiement de ces factures après le 20 octobre ne mettait pas du tout en péril les délais de traitement, j'étais encore largement dans les temps.
Je précise que le soir du 25 octobre 2006, j'ai travaillé jusqu'à 20 heures pour achever la commande de vêtements de travail : je n'ai donc pas profité de l'indisponibilité du logiciel comptable pour m'amuser. Je n'ai rien réclamé pour ces 90 minutes gratuites, partant du principe que je le faisais pour que les agents du Centre Technique Municipal disposent de vêtements adéquats avant l'arrivée du froid. Est-ce vraiment une preuve de désinvolture?
A propos de la commande de vêtements de travail, j'ai eu la désagréable surprise d'apprendre par la suite que M. B... a demandé à l'une des personnes de l'équipe administrative des Services Techniques de contrôler que j'avais bien fait le travail. Ainsi, mon chef me reproche de manquer d'une autorité que par ailleurs il sape en laissant entendre à mes subalternes que je ne suis pas digne de confiance. Plus récemment, il a émis ou fait émettre trois invitations (dont copie en annexe) à des réunions, où mon nom figure après ceux des personnes supposées être sous mes ordres. Alors, pour revenir sur l'accusation contenue dans la pénultième phrase du rapport de Mme P... du 31 août 2006, est-ce vraiment moi qui mets en péril la cohésion des Services Techniques ?
Nous arrivons au matin du 26 octobre 2006, où je ne pouvais toujours pas accéder au logiciel comptable; il y avait une histoire de terminaux qui étaient reprogrammés pour la nouvelle version du logiciel comptable au fur et à mesure, en donnant la priorité à des collègues qui avaient à régler des factures plus anciennes que celles datant du 6 octobre 2006. M. B... était en congé pour la semaine ; il était prévu qu'il reprenne le lundi 30 octobre 2006. Contrairement à ce qu'il a écrit, je n'ai pas déposé les factures, ce 27 octobre 2006 (journée où j'aurais dû être en congé mais où j'ai commis l'erreur de venir au travail) sur le bureau de M. H..., sachant que personne ne l'occupait, mais bel et bien sur le bureau de M. B..., celui-ci revenant le jour ouvré suivant, avec un mot expliquant pourquoi je n'avais pas pu les traiter. Dans l'ensemble, il n'y avait toujours pas de réelle urgence, compte tenu des délais de paiement, mais à condition que M. B... fasse en sorte que les factures soient traitées, en mon absence pour congé annuel, par l'un des collègues qui étaient présents durant cette semaine-là. Si quelqu'un a déposé ces pièces dans un bureau inoccupé, je ne vois pas pourquoi quiconque devrait m'en tenir rigueur. Et si on prétend que c'est moi qui ai commis pareille ineptie, il faut le prouver.
Il y avait également d'autres éléments de courrier de M. H... qui m'étaient restés sur les bras lors de mon départ en congé annuel : des changements d'adresse, des renouvellements de compteurs, des changements de tarification en raison de remplissages de piscines, etc. Il m'avait en effet été signifié que, du 7 au 10 novembre 2006, Mme Sch…, remplaçante de M. H... depuis le 6 novembre 2006, et moi-même serions formées pour traiter ces différentes demandes. Pourquoi me serais-je précipitée pour accomplir incorrectement en octobre des tâches qui pouvaient être effectuées dans les règles de l'art en novembre ? Si, étant déjà surchargée de travail, j'avais demandé aux informaticiens un code d'accès au logiciel de gestion des abonnés et si j'avais pianoté et cliqué à l'instinct dans les menus d'un logiciel inconnu, aurais-je vraiment mieux agi ? J'aurais peut-être tout simplement planté le système. Et conserver les pièces sur mon bureau eût été illogique, vu je n'étais plus censée remplacer M. H... en novembre 2006.
Le 6 novembre 2006, je n'avais toujours pas accès au logiciel comptable. J'ai vérifié qu'il n'y avait aucune urgence dans le courrier qui avait été déposé sur mon bureau durant mes vacances, puis j'ai accompli le travail donné par Mme P....
Le 7 novembre 2006, M. B... fait irruption dans le bureau où se déroule la formation et m'apostrophe à propos des factures d'octobre 2006 de M. H.... Je lui donne calmement les explications demandées. Ce même jour, effectivement, M. I... nous a informés que le logiciel comptable était à nouveau disponible sur le poste de M. H.... J'ai alors demandé à M. B... s'il souhaitait que je traite les factures les plus anciennes ou que je suive la formation, et il m'a répondu, en présence de Mme Sch… et de M. A..., formateur envoyé par la société qui fournit le logiciel de gestion des abonnés, de traiter les factures le lundi suivant, soit le 13 novembre 2006. M. I... se souvient fort bien que ce n'est pas fin octobre 2006 qu'il m'a informée que le poste de M. H... était utilisable, mais bel et bien le 7 novembre 2006, également en présence de Mme Sch… et de M. A....
Au bout du compte, M. I... m'a rendu le logiciel comptable disponible sur mon propre poste peu après, et j'ai démarré le traitement informatique des factures dès l'après-midi du 10 novembre 2006. Je ne vois pas comment, le 15 novembre 2006, M. B... pouvait écrire que je n'avais pas effectué un travail que finalement il m'a demandé de ne commencer que le 13 novembre 2006. Je passe sur les nombreuses péripéties qui ont jalonné cet exercice auquel je ne suis pas rodée, puisque j'effectue dans le cadre de mes missions, je le rappelle, très peu de paiements. Heureusement, toute la partie longue et fastidieuse de la mission, qui consiste à rechercher les données comptables adéquates, les noter sur chaque facture en même temps que la somme en toutes lettres, et apposer les cachets, avait déjà été commencée par mes soins courant octobre 2006. En fait, les premiers engagements avaient été opérés le 20 octobre 2006.
J'ai été surprise de ne pas avoir été conviée à la suite de la formation au logiciel de gestion des abonnés, qui a eu lieu le 7 décembre 2006, ni aux formations récentes sur le logiciel comptable. Autrement dit, cette formation [au logiciel de gestion des abonnés] tronquée, tout comme la journée de stage où j'ai été envoyée le 17 octobre 2006, a eu pour seul effet de m'empêcher d'accomplir mes missions. Ce n'est donc pas moi qui ai négligé les intérêts de la Ville et des « organismes et entreprises ayant rempli une prestation pour la Ville de PETAUTSCHNOCK et attendant d'être rémunérés dans un délai normal ». Ce n'est pas davantage moi qui ai fait obstacle au paiement de ces prestataires pendant une période allant du 30 octobre 2006 au 13 novembre 2006. Il me semble que cette bien triste anecdote, la personne qui a fait preuve de conscience professionnelle, et de conscience tout court, c'est bel et bien moi-même.
J'aborde à présent l'affaire qui s'est déroulée simultanément à celle des factures, à savoir les réunions de PLU. Lors de la première réunion du 16 octobre 2006, à laquelle M. B... m'a demandé d'assister à la dernière minute alors que je n'y étais pas conviée, le groupe de travail avait procédé à l'examen des observations orales (n° 1 à 25) relevées par le Commissaire-Enquêteur ; à l'issue de celle-ci, le représentant du bureau d'étude a dit qu'il ferait son affaire du compte-rendu des projets de réponses aux observations émis par le groupe de travail. Et comme il était proposé qu'une réunion complémentaire ait lieu le 27 octobre 2006, soit pendant les vacances scolaires, M. B... a indiqué d'emblée qu'il ne serait pas là. Bien qu'ayant un enfant scolarisé qui n'a pas encore l'âge de rester seul, j'ai dit que je serais sur la région et qu'éventuellement je pourrais tenter de m'arranger pour venir s'il le fallait. Voilà donc une preuve de plus de mon manque de conscience. Il a été très compliqué pour moi de me libérer cette demi-journée, et pourtant j'étais là.
Lors de la réunion du 27 octobre 2006, où l'on examinait les observations écrites émises durant l'enquête publique relative au PLU, Mme P... m'a demandé de prendre des notes, que je retranscrirais durant la journée du 6 novembre 2006 dans l'optique de permettre la rédaction de projets de réponses. Il n'y avait donc là rien d'extraordinaire au niveau du volume de travail.
Le matin du 6 novembre 2006, j'ai commencé par lire le courrier qui avait été déposé sur mon bureau durant ma semaine de vacances pour vérifier l'absence d'une quelconque urgence prioritaire par rapport aux notes que je devais retranscrire, ce qui est normal après une absence d'une semaine quand on occupe un poste à responsabilités, ceci jusqu'à ce que ma hiérarchie insiste pour que j'interrompe ces vérifications et donne la priorité à la mise au net de mes notes. Je ne me suis donc pas « enfin mise au travail » comme il a été prétendu lors de notre entretien du 28 novembre dernier, j'y étais déjà depuis longtemps.
J'ai d fait ce m'a demandé Mme P..., et comme je l'ai indiqué plus haut, j'ai fini ce travail vers 16 heures 20, soit une petite heure avant de partir pour honorer un rendez-vous médical qui était fixé depuis fort longtemps. Je répète que la tâche consistant à retranscrire ce qui s'est dit au cours de cette réunion n'avait rien de titanesque et ne justifiait pas, à mon sens, de négliger de lire au préalable le courrier arrivé depuis une semaine ; je ne l'ai donc pas accomplie dans l'urgence. A 16 heures 22, j'ai transmis le document à Mme P... et M. Z..., assorti du commentaire suivant : « Voici le 1er jet du CR de la réunion du 27/10. Je vous invite à bien le relire. D'une part, on dit que ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, or je suis profane. D'autre part, je n'ai aucune note sur certaines observations, [il y a lieu de] vérifier donc si vraiment rien n'a été évoqué au cours de la réunion. Cordialement ».
J'apprends donc avec stupeur, à la lecture du rapport de Mme P... du 15 novembre 2006, qu'elle aurait voulu, en réalité, que je rédige d'ores et déjà les réponses aux 15 courriers, tous différents, reçus lors de l'enquête publique et aux 41 observations relevées par le Commissaire Enquêteur. Je peux vous assurer que si j'avais reçu l'ordre de rédiger 56 réponses élaborées (et non pas retranscrire des notes prises lors d'une réunion) en une seule journée, j'aurais eu la franchise de déclarer, poliment, que cet ordre était irréalisable. En tout état de cause, je n'ai reçu aucun ordre, écrit ou verbal, dans ce sens.
Je relève par ailleurs que Mme P... a elle-même lancé les invitations pour la réunion de travail du 5 décembre 2006, toujours à propos du PLU, et qu'elle ne m'y a pas invitée. Elle vous a pourtant écrit que j'avais été conviée à des réunions précédentes en ma qualité de responsable administrative ; or j'ai toujours ce titre, à ma connaissance du moins. Je donne cette précision parce que lorsque j'ai perdu mon statut d'adjointe au DGST, je l'ai appris en lisant les panonceaux aux portes des bureaux. Si j'ai assisté à la réunion du 5 décembre 2006, ce n'est que par pur hasard, pour suppléer quelque peu M. Z..., qui était malade ce jour-jà. J'ignore par contre pourquoi on m'a demandé d'assister à certaines réunions et non à d'autres dans la même affaire.
Voilà pour ce qui est de toutes les accusations contenues dans les quatre rapports qui vous étaient adressés. Toutefois, j'ai toutes les raisons de craindre qu'un cinquième rapport vous parvienne prochainement. En effet, le 5 décembre 2006, M. B... m'a demandé de donner suite à un e-mail qui était arrivé en mairie le… 22 octobre 2006. De même, le 8 décembre, il m'a demandé de répondre à une lettre adressée par M. XXX le 17 septembre 2006. Il m'a remis le dossier, non daté également, par l'intermédiaire de M. G.... Pour ces deux cas précis, j'ai certes des témoins, mais je n'en aurai pas toujours. C'est pourquoi il serait fort utile que vous me fassiez savoir que j'ai recouvré quelque crédibilité aux yeux de la Ville, parce que mon travail gagnera en efficacité lorsque je serai libérée du souci de me couvrir et de me justifier.
Ce qui me gêne dans les rapports émis contre moi, ce n'est pas leur contenu, qui ne résiste pas à une claire démonstration, mais le climat qui y transparaît. On voit que durant la période où ils ont été rédigés, cinq jours de formation inutiles ont été programmés au frais de la Ville, des dizaines de factures bloquées durant deux semaines et, agent payé par le contribuable, j'ai été occupée à des tâches inadéquates ou faisant double emploi.
Je vous précise que je suis à présent tout à fait en droit de porter plainte contre ma hiérarchie, pour dénonciations calomnieuses, selon l'article 226-10 du Code Pénal.
Jusqu'ici, je n'avais jamais voulu faire de vagues avec ce je croyais être des conflits de personnes sans grave impact. Mais maintenant que nous connaissons la gravité de la situation, je profite de la présente pour solliciter de votre bienveillance un relèvement de ma note à son niveau initial de 17, sachant qu'aucun motif sérieux ne justifie que M. B... me l'ait baissée d'un point. Par ailleurs, en raison de tout le temps perdu malgré moi à des tâches hors de mes fonctions, ou faisant double emploi, et à des jours de formation sans rapport avec mon poste, je sollicite également le non-écrêtement de mes heures supplémentaires au 31 décembre 2006.
Enfin, je rappelle qu'à la fin de la réunion du 28 novembre 2006, il m'a été demandé de faire « des progrès » qui seront évalués le 28 février 2007. A la lumière de tout ce qui précède, je me permets de vous demander ce que, concrètement, je dois faire d'ici cette date. En effet, je n'ai provoqué aucune des situations que je vous ai décrites, je les ai toutes subies. Je me sens complètement impuissante devant cet état de fait, j'ignore ce qui en moi le suscite. J'attends donc vos instructions à ce sujet.
J'ai donc trois requêtes à formuler, à savoir le relèvement de ma note, le non-écrêtement des mes heures supplémentaires et la redéfinition des objectifs à atteindre d'ici le 28 février 2007 dans le contexte que vous connaissez.
Hommage à nos postiers et facteurs, et la honte soit sur certains de leurs administrateurs ! En regardant l'émission "Droit de savoir" mardi 1er mai, j'ai eu la stupéfaction d'apprendre que La Poste fait contrôler ses agents malades dès le début de leur arrêt PAR UN CABINET MEDICAL PRIVE (légal, ça ? je ne sais pas ; en tout cas très fort en café venant d'une personne publique). Donc si vraiment La Poste accuse ses agents d'absentéisme frauduleux, c'est qu'elle a une piètre opinion de l'employeur qu'elle est. Si on accuse quelqu'un d'avoir un motif pour se protéger par la fuite, c'est déjà qu'on l'a agressé au départ. J'ai communiqué ma consternation à l'auteur du blog "Passion La Poste !" (voir dans mes blogs préférés), en commentaire à l'article "Vu dans la presse : blues du facteur". Je vous invite à lire sa réponse ci-dessous :
"Merci AB de nous avoir signalé ce reportage, que je n'ai pas eu l'occasion de voir moi-même. Cependant je suppose qu'on ne peut pas généraliser quand on parle des différents Centres de Distribution du Courrier. en effet, chacun est sous la responsabilité d'un Directeur différent, et il se peut très bien que cette façon de procéder ne soit pas généralisée. Ce serait bien que des visiteurs de ce blog qui travaillent eux-même à la Poste (ou leur famille) témoignent ici de la façon dont leur employeur agit dans la région ou la ville où ils travaillent. Nous aurions donc ainsi l'occasion de voir si l'information dont tu nous parles est une généralité ou s'il s'agissait seulement d'un cas particulier. D'avance merci à tous ceux qui apporteront leur témoignage."
A vos claviers donc, le blog "Passion La Poste !" attend vos commentaires.
La citation d'Esaïe est celle qui, je crois, a inspiré le pasteur Martin Luther King pour son célèbre sermon "I had a dream"... Moi aussi j'ose faire ce rêve que dans un avenir que j'espère proche les outils de guerre pourront être forgés en instruments destinés à la culture dans tous les sens du terme (des outils destinés à la culture agricole et horticole, mais aussi des instruments de musique, des outils de sculpteur, des ciseaux de couturier, etc). Que les luttes pour d'illusoires pouvoirs soient oubliées et laissent place à une saine émulation intellectuelle et artistique, dans un monde où l'argent et les possessions matérielles auraient cessé de régner, c'est aussi un rêve que je caresse. Je rêve d'une société où, partout dans le monde, pour le même travail il y aurait la même rémunération, une société où il n'y aurait plus de surenchères et où les fruits du travail auraient la même valeur "marchande" sans aucune concurrence malsaine. FMG
Le refrain de la chanson des Restos du Coeur dit :
"Je n'te promets pas le Grand Soir"
Dommage...
Cela dit, ce blog n'a pas pour objet de commenter la politique, l'économie et l'actualité : d'autres le font bien mieux que moi.
Disons simplement que lorsque tel évènement m'inspire une pensée autre que celles déjà énoncées par les médias, je prends mon clavier pour la partager. Idem pour les textes, les vidéos qui m'interpellent.
Ann'Ar ou plus simplement Annar
I L L U S T R A T I O N S
Fond : Pluie de Léonides de 1966
Coquillage : http://pititejo.blog.mongenie.com
M U S I Q U E
Maurane - "Enfant des Etoiles"